Une mai­son ty­pi­que­ment ca­na­dienne-fran­çaise

La mai­son Fla­vien-ro­chon

L'Express Ottawa - - CHRONIQUE - Ben­ja­min Va­chet

L’ex­press pré­sente des chro­niques his­to­riques écrites en col­la­bo­ra­tion avec l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost, dans l’es­prit de la pré­pa­ra­tion des États gé­né­raux de la fran­co­pho­nie, afin de tra­cer un por­trait de la fran­co­pho­nie de la ca­pi­tale à tra­vers le temps et les em­preintes qu’elle a lais­sées et laisse en­core dans le pay­sage ot­ta­vien.

« Trop sou­vent, on iden­ti­fie le pa­tri­moine bâ­ti comme étant les belles églises his­to­riques ou en­core, les grandes mai­sons bour­geoises en pierres et en briques. Jus­qu’à tout ré­cem­ment en­core, les ef­forts se concen­traient sur la pré­ser­va­tion du pa­tri­moine de l’élite ; le pa­tri­moine ar­chi­tec­tu­ral de la classe ou­vrière et des gens plus mo­destes était dé­lais­sé », re­marque l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost.

Entre les pics des dé­mo­lis­seurs

Heu­reu­se­ment, il en reste une trace et, non des moindres, au 138, rue Saint-pa­trick, à deux pas de la ba­si­lique-ca­thé­drale Notre-dame.

Au coeur de la Basse-ville d’ot­ta­wa, la mai­son Fla­vien-ro­chon est une de­meure ty­pi­que­ment ca­na­dienne-fran­çaise, telle qu’il s’en construi­sait au XIXE siècle. Par mi­racle, elle a échap­pé aux pics des dé­mo­lis­seurs.

Construite en 1832, elle s’avère être l’une des plus vieilles mai­sons d’ot­ta­wa et re­flète par­fai­te­ment les ha­bi­ta­tions des pre­miers Fran­co­phones de By­town.

Bâ­tie à ras le sol, se­lon la tech­nique simple

Fla­vien-ro­chon

de l’époque, soit pièce sur pièce, la par­tie prin­ci­pale du bâ­ti­ment est en­core sou­te­nue au­jourd’hui par les poutres de bois de cèdre non dé­pouillés de leurs écorces, ca­rac­té­ris­tiques de l’époque.

« C’est as­sez ex­cep­tion­nel pour une mai­son vieille de 180 ans ! », constate l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa. De 1855 à 1897, cette pe­tite mai­son ap­par­tient à Fla­vien Ro­chon.

Ce der­nier s’iden­ti­fie comme étant me­nui­sier, mais l’his­to­rien de la ba­si­li­que­ca­thé­drale Notre-dame, Nor­man Pa­gé, in­dique qu’il mé­ri­te­rait da­van­tage le titre d’ébé­niste ou d’or­ne­men­ta­liste, voir même de sculp­teur.

« Le prêtre Georges Bouillon qui a réa­li­sé les plans in­té­rieurs de Notre-dame ai­mait par­ti­cu­liè­re­ment le tra­vail de Ro­chon. Il lui avait com­man­dé plu­sieurs tra­vaux entre 1878 et 1885. On doit à Fla­vien Ro­chon la console de l’orgue, no­tam­ment, ain­si que les beaux bancs du sanc­tuaire et quelques sta­tues dans la ca­thé­drale » , pré­cise M. Pré­vost.

Le fils de Fla­vien Ro­chon, Al­phonse, sui­vra les traces de son père, tra­vaillant lui aus­si comme ébé­niste dans la plus vieille église d’ot­ta­wa.

La mai­son Fla­vien-ro­chon de nos jours

Si la mai­son Fla­vien-ro­chon échappe aux dé­mo­lis­seurs, la Com­mis­sion de la ca­pi­tale na­tio­nale ( CCN) n’y est peut-être pas étran­gère.

La CCN ac­quiert l’édi­fice en 1965 et le res­taure avec soin. La mai­son Fla­vien-ro­chon sert en­core de ré­si­dence, au­jourd’hui. Tou­te­fois, con­trai­re­ment à ce qui a pu être écrit sur le su­jet, elle n’a ja­mais abri­té les Soeurs de la Cha­ri­té.

Pro­té­gée pour les gé­né­ra­tions à ve­nir en ver­tu de la Loi sur le pa­tri­moine de l’on­ta­rio, la pe­tite mai­son blanche conti­nue de dé­fier le temps en plein coeur de la Basse-ville d’ot­ta­wa.

M. Pré­vost rap­pelle qu’il offre des vi­sites gui­dées sur le pa­tri­moine fran­co­phone de la Basse-ville pen­dant toute la belle sai­son pour les groupes de 10 per­sonnes et plus.

Pour ré­ser­ver, com­po­sez le 613-562-5825 ou en­voyez un cour­riel à mi­chel.pre­vost@uot­ta­wa.ca.

Pho­to : Ben­ja­min Va­chet

La Mai­son Fla­vien-ro­chon de nos jours.

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