Le vi­sage de S.O.S Mont­fort

Gi­sèle La­londe

L'Express Ottawa - - SPORTS -

La cause de l’hô­pi­tal Mont­fort a ras­sem­blé de nom­breuses per­sonnes. Mais si on doit lui trou­ver un vi­sage, il pren­dra cer­tai­ne­ment les traits de Gi­sèle La­londe, per­son­nage in­con­tour­nable de cette lutte et hé­roïne de la fran­co­pho­nie ca­na­dienne.

Der­rière sa voix frêle et son air dé­bon­naire se cache une achar­née de tra­vail, une com­bat­tante in­sa­tiable, ja­mais prête à lâ­cher. Ses ad­ver­saires l’ont ap­pris à leurs dé­pens et si la cause Mont­fort a connu une is­sue aus­si po­si­tive, l’hô­pi­tal le doit en grande par­tie à cette grande dame qu’est Gi­sèle La­londe.

« Elle avait la fa­cul­té de rendre les choses com­pli­quées très simples. Elle sa­vait vul­ga­ri­ser les dos­siers et les rendre ac­ces­sibles à tous », se sou­vient Gé­rald Sa­voie, l’an­cien pré­si­dent­di­rec­teur gé­né­ral de l’hô­pi­tal Mont­fort.

L’an­cienne maire de Va­nier se sou­vient avec émo­tion du ras­sem­ble­ment du 22 mars 1997.

« Nous avions réus­si à at­ti­rer en­core plus de monde que pour un match de hockey à l’époque. J’étais sur un nuage, je n’en croyais pas mes yeux ! »

De concerts en dis­cours, la com­mu­nion est to­tale et l’image dé­ci­sive envoyée au reste de la po­pu­la­tion.

« Cer­tains pen­saient qu’il y au­rait de la chi­cane, mais c’était tout le contraire. Nous avons com­men­cé par chan­ter le « Ô Ca­na­da » pour mon­trer notre at­ta­che­ment à notre pays. Les gens étaient joyeux, ils chan­taient. Il y avait des fa­milles, des jeunes, des aî­nés, des bé­bés avec des gi­lets sur les­quels il était ins­crit « Je suis né à Mont­fort ». C’était très tou­chant et j’au­rais ai­mé que mes pa­rents soient là pour voir ça ! Beau­coup de gens pleu­raient d’émo­tion. Pour ma part, je vou­lais gar­der mes moyens, me te­nir de­bout pour lire mon dis­cours. Il fal­lait que je par­vienne à res­ter maî­tresse de mes nerfs ».

De ce jour, Mme La­londe conserve le sou­ve­nir d’un bruit, in­des­crip­tible, le coeur pal­pi­tant de la fran­co­pho­nie.

« C’était un vrai coeur hu­main ! La vic­toire de Mont­fort, c’est une vic­toire com­mu­nau­taire. Je me sou­viens qu’avant d’al­ler au ras­sem­ble­ment, j’avais ren­con­tré un chauf­feur de taxi qui m’avait dit qu’il ne pour­rait ve­nir, car il de­vait tra­vailler, mais que toute sa fa­mille se­rait là. Je pense que ce­la re­pré­sente bien l’es­prit de ce ras­sem­ble­ment. Ce sont ces gens de la com­mu­nau­té qui étaient au centre mu­ni­ci­pal ».

Au­jourd’hui en­core, Mme La­londe n’en re­vient pas du suc­cès du 22 mars 1997.

« Je me ré­pète que ça ne se peut pas que ça soit arrivé. Tous les jours, j’en ob­serve l’im­pact. Dans un ma­ga­sin, une dame de­vant moi a de­man­dé à être ser­vie en fran­çais. Je l’ai fé­li­ci­tée et elle m’a ex­pli­qué qu’elle fai­sait tou­jours ça. Le 22 mars 1997 a fait une dif­fé­rence dans la vie des gens, ça a créé un sen­ti­ment d’en­traide et de fier­té chez les Fran­co-on­ta­riens ».

Si elle de­vait conser­ver une image de ce grand ras­sem­ble­ment, Mme La­londe n’hé­si­te­rait pas une se­conde.

« Je me sou­viens de Jean-robert Gau­thier, ve­nu en fau­teuil rou­lant. J’ai lu son dis­cours car il ne pou­vait pas le faire, mais quand il a réus­si à en­voyer un signe de la main, les gens étaient de­bout pour l’ap­plau­dir ».

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