France Mar­ti­neau re­çoit le Prix d’ex­cel­lence de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Ben­ja­min Va­chet

La pro­fes­seure ti­tu­laire au Dé­par­te­ment de fran­çais de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, France Mar­ti­neau, re­ce­vra le Prix d’ex­cel­lence en re­cherche lors d’une cé­ré­mo­nie qui se tien­dra le 20 avril, à mi­di, au pa­villon Des­ma­rais.

Cette ré­com­pense sou­ligne le tra­vail d’un membre du corps pro­fes­so­ral qui s’est par­ti­cu­liè­re­ment dis­tin­gué par l’im­por­tance et les ca­rac­té­ris­tiques ex­cep­tion­nelles de ses travaux de re­cherche.

« Ce­la me fait très plai­sir de re­ce­voir ce prix. Il ré­com­pense l’en­semble de mon tra­vail sur plu­sieurs an­nées et me per­met­tra d’ho­no­rer l’en­semble de mon équipe », ex­plique Mme Mar­ti­neau.

Cher­cheuse de renommée in­ter­na­tio­nale, la pro­fes­seure de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa s’est spé­cia­li­sée dans l’étude du fran­çais en Amé­rique du Nord et en Eu­rope. Après avoir di­ri­gé une pre­mière re­cherche sur l’évo­lu­tion du fran­çais du Moyen-âge au 17e siècle, entre 2005 et 2010, elle pour­suit son étude jus­qu’à la pé­riode contem­po­raine.

« L’ori­gi­na­li­té de ces deux re­cherches ré­side dans le fait que nous nous in­té­res­sons à l’évo­lu­tion de la com­mu­nau­té fran­co­phone à tra­vers la langue. Ha­bi­tuel­le­ment, les études sont plu­tôt me­nées sur les grands évè­ne­ments his­to­riques ou sur les per­son­nages mar­quants. De notre cô­té, nous nous in­té­res­sons plu­tôt à voir comment la langue évo­lue chez les gens or­di­naires ».

Une équipe de 13 co-cher­cheurs, 88 col­la­bo­ra­teurs et par­te­naires et de 40 uni­ver­si­tés par­ti­cipent à cette nou­velle étude sur les com­mu­nau­tés fran­co­phones d’amé­rique du Nord, in­ti­tu­lée Le fran­çais à la me­sure d’un con­tinent.

« La pre­mière étude nous a per­mis de consta­ter que de tout temps, il n’y a ja­mais eu une seule forme de fran­çais, la langue a tou­jours évo­lué, même s’il y a eu de tout temps des ten­ta­tives de par­ler d’un fran­çais « stan­dard », qui se sont ren­for­cées au 17e siècle. Entre le Moyen-âge et le 17e siècle, la langue a évo­lué beau­coup plus vite que jus­qu’à au­jourd’hui. Il nous se­rait dif­fi­cile de lire un texte du Moyen-âge, par contre on peut com­prendre un texte du 17e siècle ».

Com­prendre la dis­pa­ri­tion d’une langue

Pour ses re­cherches ac­tuelles, l’équipe de Mme Mar­ti­neau pro­cède à des en­tre­vues de 14 com­mu­nau­tés fran­co­phones à tra­vers l’amé­rique du Nord, de l’aca­die à la Sas­kat­che­wan, de La Nou­velle-or­léans à Haw­kes­bu­ry.

« C’est un tra­vail fon­da­men­tal car il per­met aus­si de nu­mé­ri­ser des do­cu­ments qui risquent si­non de dis­pa­raître, comme des lettres, des car­nets per­son­nels… Dans cer­taines com­mu­nau­tés, le fran­çais a qua­si­ment dis­pa­ru, comme en Loui­siane. Avec l’ou­ra­gan Ka­tri­na, beau­coup des traces écrites du pas­sage de la com­mu­nau­té fran­co­phone ont été me­na­cées ».

Dans une telle étude, la ques­tion du main­tien du fran­çais en Amé­rique du Nord est for­cé­ment po­sée. Mme Mar­ti­neau re­fuse d’être alar­miste.

« Cer­tains com­mu­nau­tés se portent très bien alors que d’autres sont en train de dis­pa­raître. Notre étude vise aus­si à mieux com­prendre comment le fran­çais se perd et à trou­ver des so­lu­tions pour pré­ve­nir ce phé­no­mène. Il faut que les jeunes, comme les nou­veaux ar­ri­vants se sentent par­tie pre­nante de la fran­co­pho­nie pour qu’ils en soient fiers et en as­surent la dé­fense ».

Afin de mieux cer­ner la fa­çon dont les jeunes vivent leur fran­co­pho­nie, une école d’été in­ter­na­tio­nale au­ra lieu en Loui­siane et un ate­lier réuni­ra des jeunes fran­co­phones d’amé­rique du Nord dans le cadre du Fo­rum mon­dial de la langue française, à Qué­bec. Les conclu­sions de ces deux ac­ti­vi­tés ser­vi­ront à l’étude de Mme Mar­ti­neau qui sou­haite s’ins­crire dans la réa­li­té.

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