La pa­roisse S-hugues a pan­sé ses plaies

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Ben­ja­min Va­chet

Moins d’un an après le violent coup de vent qui a en­dom­ma­gé le clo­cher de la pa­roisse Saint-hugues, la com­mu­nau­té fran­co­phone de Sars­field re­trouve la splendeur de son lieu de culte.

Le 8 juin der­nier, le vent ba­la­frait l’im­po­sant lieu de culte du pe­tit vil­lage ru­ral de Sars­field. Le clo­cher gi­sait sur le sta­tion­ne­ment, sans faire de vic­times et la croix était sé­rieu­se­ment en­dom­ma­gée.

Il au­ra fal­lu près de 240 000 $, ma­jo­ri­tai­re­ment cou­verts par les as­su­rances de la pa­roisse, pour per­mettre de ré­pa­rer les dé­gâts et de re­don­ner à l’église Saint-hugues son lustre d’an­tan. La com­pa­gnie Clé­roux Ré­no­va­tion Ltée, spé­cia­li­sée dans la res­tau­ra­tion d’église, s’est char­gée de re­bâ­tir le clo­cher ori­gi­nal, qui da­tait de la fin du 19e siècle.

« C’était la pre­mière fois qu’ils fai­saient un tel chan­tier car le clo­cher était com­plè­te­ment dé­truit », note l’ab­bé Mi­chel Pom­main­ville,

Patrimoine fran­co-on­ta­rien

qui of­fi­cie à la pa­roisse Saint-hugues, mais aus­si à la pa­roisse Sainte-marie d’or­léans.

Le chan­tier était d’au­tant plus dif­fi­cile que le clo­cher culmine à 55 pieds de hau­teur et que la pièce à ré­ins­tal­ler pe­sait plu­sieurs tonnes. La se­maine der­nière, la com­pa­gnie en était au stade des der­nières fi­ni­tions per­met­tant ain­si de tour­ner dé­fi­ni­ti­ve­ment la page de cet épi­sode et de fê­ter la res­tau­ra­tion de ce lieu pa­tri­mo­nial im­por­tant de l’his­toire de la fran­co­pho­nie on­ta­rienne.

« Dans notre mal­chance, nous avons été chan­ceux car il n’y a pas eu de bles­sés lorsque le clo­cher est tom­bé. De plus, l’église est res­tée ac­ces­sible pen­dant toute la du­rée des travaux et nous pou­vions en­core son­ner les cloches. En­fin, nous avons eu la chance de pou­voir comp­ter sur un de nos pa­rois­siens pour ré­pa­rer la croix ». L’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost se ré­jouit de la fin de ses travaux, sou­li­gnant l’im­por­tance pa­tri­mo­niale de ce lieu de culte.

« La pa­roisse Saint-hugues vient de fê­ter son 125e an­ni­ver­saire. Sa su­perbe église a été bâ­tie en 1894 par l’en­tre­pre­neur Jo­seph Bourque, de Hull, qui a éga­le­ment réa­li­sé celles de Rockland, d’embrun et de Cas­sel­man. Les plans ont été réa­li­sés par le cha­noine Georges Bouillon ».

La plus grande ri­chesse de la pa­roisse SaintHugues se trouve à l’in­té­rieur de l’édi­fice, re­marque M. Pré­vost.

Faute de moyens, la com­mu­nau­té ru­rale de Sars­field a dû at­tendre un quart de siècle avant de pou­voir en dé­co­rer l’in­té­rieur. Au dé­but des an­nées 30, le chan­tier est confié à Tous­saint-xé­no­phon Re­naud, le plus grand peintre d’églises de l’époque, qui réa­lise un tra­vail ma­gni­fique.

« À quelques ex­cep­tions près, son oeuvre a été très bien conser­vée à l’in­té­rieur de l’église. À la dif­fé­rence de nom­breux lieux de culte qui les ont re­cou­vertes, comme à SaintF­ran­çois-de-sales, à Ga­ti­neau, et par­tout aux États-unis, les fresques de T.-X. Re­naud peuvent en­core être ad­mi­rées à Sars­field ce qui fait de ce lieu de culte, l’un des plus beaux de l’est on­ta­rien ».

Un patrimoine qu’il convient donc de pré­ser­ver et qu’il est tou­jours temps de dé­cou­vrir.

Pho­to : Ben­ja­min Va­chet

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