De père en fils

Mai­son Alphonse-ro­chon

L'Express Ottawa - - CHRONIQUE - Ben­ja­min Va­chet

L’Express pré­sente des chro­niques his­to­riques écrites en col­la­bo­ra­tion avec l’ar­chi­viste en chef de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost, dans l’es­prit des États gé­né­raux de la fran­co­pho­nie, afin de tra­cer un por­trait de la fran­co­pho­nie de la ca­pi­tale à tra­vers le temps et les em­preintes qu’elle a lais­sées et laisse en­core dans le pay­sage ot­ta­vien. Dans le do­maine du pa­tri­moine on­ta­rien, il s’avère très rare que la mai­son du père et celle du fils soient toutes deux dé­si­gnées en ver­tu de la Loi sur le pa­tri­moine de l’On­ta­rio. « C’est pour­tant le cas avec la pe­tite mai­son blanche de Fla­vien Ro­chon au 138, rue St-Pa­trick (voir la chro­nique de Mi­chel Pré­vost du 19 jan­vier 2012 « Une mai­son ty­pi­que­ment ca­na­dienne-fran­çaise ») et celle de son fils, Alphonse Ro­chon, si­tuée au 150, rue St-Pa­trick », ré­vèle l’ar­chi­viste en chef de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost. Tou­te­fois, la date de construction des deux struc­tures dif­fère to­ta­le­ment puisque l’une date des alen­tours de 1832 et s’avère l’une des plus an­ciennes d’Ot­ta­wa, alors que sa voi­sine est éri­gée vers 1886, quoi que d’autres sources in­diquent 1898. Il en va de même pour leur style ar­chi­tec­tu­ral qui se ré­vèle tout à fait à l’op­po­sé. « La ré­si­dence de Fla­vien Ro­chon est un par­fait exemple des mai­sons ou­vrières canadiennes-fran­çaises des tous dé­buts de By­town, alors que celle de son fils re­flète da­van­tage l’ar­chi­tec­ture de la bour­geoi­sie fran­co­phone de la ca­pi­tale à la fin du 19e siècle », pré­cise l’ar­chi­viste en chef de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa.

Chan­ge­ment de pro­prié­taires

Cette ma­gni­fique mai­son de briques rouges est construite par Alphonse Ro­chon qui oc­cupe, tout comme son pa­ter­nel, un poste d’ébé­niste pour la dé­co­ra­tion de la ba­si­lique-ca­thé­drale Notre-Dame.

En 1924, la mai­son passe dans les mains de Charles-Ed­mond Le­mieux qui y élève, avec sa femme, ses en­fants, dont Char­lotte qui de­vien­dra la pre­mière di­rec­trice de l’édu­ca­tion du Conseil sco­laire d’Ot­ta­wa.

« Une école élé­men­taire pu­blique fran­co­phone de la ca­pi­tale porte au­jourd’hui fiè­re­ment son nom », re­marque d’ailleurs M. Pré­vost.

En 1984, Jean-Claude Ber­ge­ron, un ami des arts et du pa­tri­moine ac­quiert l’édi­fice.

Une ga­le­rie d’art

Ce der­nier y ouvre, en 1992, une ga­le­rie d’art contem­po­rain et se lance dans une longue restauration de l’édi­fice.

Ain­si, M. Ber­ge­ron fait re­faire, à l’ex­té­rieur, la ma­gni­fique vé­ran­da de deux étages sculp­tée en bois et les riches cor­niches qui re­donnent à la struc­ture son lustre d’an­tan.

« La mai­son se dis­tingue éga­le­ment par son in­té­rieur mer­veilleu­se­ment bien pré­ser­vé qui se com­pose de boi­se­ries uniques et de beaux vi­traux. Les dé­tails de la porte d’en­trée at­tirent tout de suite le re­gard », s’en­thou­siasme, en connais­seur, l’ar­chi­viste en chef de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa.

« Nous te­nons à sou­li­gner le pro­fond at­ta­che­ment de M. Ber­ge­ron pour ce té­moin du pa­tri­moine fran­co-on­ta­rien d’Ot­ta­wa puis­qu’il a non seule­ment in­ves­ti au cours de ces der­nières an­nées, temps et ar­gent, mais il a éga­le­ment lui-même ap­pro­ché la Ville d’Ot­ta­wa, en 2005, pour que sa ré­si­dence soit dé­si­gnée et pro­té­gée pour les gé­né­ra­tions à ve­nir. Voi­là un ex­cellent exemple à suivre puisque les pro­prié­taires sont des par­te­naires pour la sau­ve­garde et la mise en va­leur de notre pa­tri­moine », re­marque M. Pré­vost.

La Ville d’Ot­ta­wa a d’ailleurs re­mis à M. Ber­ge­ron un « Cer­ti­fi­cat de mé­rite » émis par Prix de la conser­va­tion de l’ar­chi­tec­ture d’Ot­ta­wa, le 17 fé­vrier 2003, pour sou­li­gner la qua­li­té ex­cep­tion­nelle de ses tra­vaux de restauration. Consi­dé­rons que, compte te­nu de son en­ga­ge­ment sans faille, cet hon­neur est tout à fait mé­ri­té.

M. Pré­vost, rap­pelle qu’il offre des vi­sites gui­dées de la Basse-Ville d’Ot­ta­wa du­rant les beaux jours pour les groupes de 10 per­sonnes et plus. Pour ré­ser­ver une vi­site, com­po­sez le 613-562-5825 ou en­voyez un cour­riel à mi­chel.pre­vost@ uot­ta­wa.ca.

Pho­to : Ben­ja­min Va­chet

La Mai­son Alphonse-Ro­chon, sur la rue St-Pa­trick.

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