L’im­mi­gra­tion Les dé­fis de fran­co­phone persistent

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Sé­bas­tien Pier­roz se­bas­tien.pier­roz@tc.tc

Semaine na­tio­nale de l’im­mi­gra­tion fran­co­phone oblige, une foule d’ac­ti­vi­tés ont lieu pré­sen­te­ment et jus­qu’à ce di­manche dans tout le Ca­na­da pour va­lo­ri­ser l’ap­port fran­co­phone. Mais der­rière les dif­fé­rentes cé­lé­bra­tions, le constat des dif­fi­cul­tés des im­mi­grants af­fleure en­core.

Car se­lon Fran­çois Charbonneau, pro­fes­seur ad­joint à l’École d’études po­li­tiques de l’uni­ver­si­té d’Ottawa, les chiffres pré­sen­tés no­tam­ment mar­di par le mi­nistre de la Ci­toyen­ne­té et de l’Im­mi­gra­tion du Ca­na­da, Ch­ris Alexander, et la pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne (FCFA), cachent une autre réa­li­té.

Se­lon l’uni­ver­si­taire, les quelque 3 685 im­mi­grants fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire ac­cueillis en 2012, l’équi­valent d’une aug­men­ta­tion de 4 % com­pa­ra­ti­ve­ment à l’an­née 2011, oc­cultent beau­coup d’as­pects. «On place beau­coup d’es­poir sur l’ar­ri­vée des im­mi­grants. C’est ou­blié que lorsque la langue fran­çaise de­vient très mi­no­ri­taire, la trans­mis­sion lin­guis­tique est alors bien mince. Sans comp­ter que beau­coup de fran­co­phones sont dés­in­ves­tis dans le fait de trans­mettre leur propre langue.»

L’im­mi­gra­tion des fran­co­phones reste «la so­lu­tion» pour M. Charbonneau, mais elle ar­rive beau­coup trop tard dans l’his­toire des pro­vinces mi­no­ri­taires à l’ins­tar de l’On­ta­rio, la­quelle comp­tait 8% de fran­co­phones en 1900 contre seule­ment 4% de nos jours.

«Le nombre d’im­mi­grants fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire aug­mente chaque an­née de­puis 2006», dé­cla­rait pour­tant mar­di le mi­nistre Alexander.

Ce por­trait plu­tôt sombre de M. Charbonneau n’est pas tout à fait par­ta­gé par Ma­rie-Élise Lebon du Réseau de sou­tien à l’im­mi­gra­tion fran­co­phone pour l’Est de l’On­ta­rio. «Nous avons une fran­co­pho­nie de plus en plus di­ver­si­fiée avec des im­mi­grants ve­nus des Ca­raïbes, d’Eu­rope et d’Afrique. C’est un atout es­sen­tiel sur le mar­ché du tra­vail, mais aus­si l’as­pect cultu­rel.»

Ac­ti­vi­tés à Ottawa

Faire des im­mi­grants fran­co­phones des élé­ments per­for­mants sur le mar­ché du tra­vail, c’était jus­te­ment l’ob­jec­tif d’une des ac­ti­vi­tés mer­cre­di ma­tin, un ate­lier sur les com­pé­tences de recherche d’em­ploi au YMCA d’Ottawa au­quel une quin­zaine de nou­veaux ar­ri­vants par­ti­ci­pants avaient ré­pon­du pré­sents.

«Je veux m’in­té­grer au plus vite à Ottawa, si pos­sible par le fait fran­co­phone», sou­ligne Pa­trick, comp­table ve­nu d’Haï­ti il y a trois mois. À quelques mètres de là, une autre im­mi­grante Ma­rieT­hè­rèse, an­cienne as­sis­tante par­le­men­taire au Ca­me­roun et à Ottawa de­puis neuf mois, évoque son be­soin de «faire va­loir son ex­pé­rience».

Pour Saint-Phard Dé­sir, di­rec­teur gé­né­ral du Conseil éco­no­mique et so­cial d’Ottawa Car­le­ton (CESOC), «les fran­co­phones ar­rivent sou­vent à Ottawa, mais ne savent pas for­cé­ment que l’an­glais est pri­mor­dial ici pour réus­sir».

À no­ter que les pro­fils de quelques im­mi­grants fran­co­phones se­ront af­fi­chés sur le site internet de l’ACFO d’Ottawa du­rant toute la semaine, afin de mon­trer les écueils et les réus­sites des im­mi­grants fran­co­phones en On­ta­rio.

(Photo: Sé­bas­tien Pier­roz)

Un ate­lier sur les com­pé­tences du mar­ché de l’em­ploi était or­ga­ni­sé mer­cre­di ma­tin.

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