La pe­tite his­toire…..du bou­le­vard Bel­court

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE SI MA RUE M’ÉTAIT CONTÉE -

L’Ex­press pré­sente men­suel­le­ment des chro­niques his­to­riques édu­ca­tives par rap­port aux noms fran­co­phones des voies pu­bliques, parcs et ins­tal­la­tions d’Or­léans. Ces chro­niques sont écrites par la SFOPHO (So­cié­té fran­co-on­ta­rienne du pa­tri­moine et de l’his­toire d’Or­léans) www.SFOPHO.com en col­la­bo­ra­tion avec L’Ex­press afin d’ai­der la com­mu­nau­té fran­co­phone et fran­co­phile à mieux connaître l’en­vi­ron­ne­ment, le pa­tri­moine, l’évo­lu­tion et l’his­toire d’Or­léans.

En 1957, le bou­le­vard Bel­court est nom­mé à la mé­moire de l’ho­no­rable sé­na­teur Na­po­léon-An­toine Bel­court. Au­tre­fois ap­pe­lée Mont­pe­tit et au­pa­ra­vant « la mon­tée », cette voie pu­blique a tou­jours re­pré­sen­té un axe de dé­ve­lop­pe­ment nordsud d’Or­léans. Par contre, en 1989 le bou­le­vard est sec­tion­né par le bou­le­vard Jeanne d’Arc cau­sant une grande contro­verse.

Fran­co-on­ta­rien, né en 1860 à To­ron­to et éle­vé à Trois-Ri­vières, Na­po­léon-An­toine Bel­court étu­die le droit à l’Uni­ver­si­té La­val puis est ad­mis au bar­reau du Qué­bec en 1882 et au bar­reau de l’On­ta­rio en 1884. Il pratique le droit à Mon­tréal et à Ottawa où il se joint à la fa­cul­té de droit de l’Uni­ver­si­té d’Ottawa. Plus tard, il de­vient fon­da­teur et pro­prié­taire du jour­nal “Le Temps” qui ap­puie le Par­ti li­bé­ral de Sir Wil­frid Lau­rier. Il est élu dé­pu­té li­bé­ral de la cir­cons­crip­tion d’Ottawa à la Chambre des com­munes en 1896, 1900 et 1904 où il lutte pour la cause fran­co-on­ta­rienne. En 1907, le pre­mier mi­nistre Sir Wil­frid Lau­rier le nomme au Sé­nat.

Il pré­side au pre­mier congrès des Fran­coOn­ta­riens en 1910 et de­vient le pré­sident de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne- fran­çaise d’édu­ca­tion de l’On­ta­rio (ACFÉO) de 1910 à 1912 et de 1919 à 1932. Cette as­so­cia­tion de­vient l’As­sem­blée de la fran­co­pho­nie de l’On­ta­rio (AFO) en 2006.

En 1912, Na­po­léon-An­toine Bel­court s’en­gage dans la lutte contre le Rè­gle­ment 17 qui vise à faire de l’an­glais la seule langue d’en­sei­gne­ment et d’usage à l’école pri­maire et à li­mi­ter l’en­sei­gne­ment du fran­çais. En 1914, il conteste le Rè­gle­ment en Cour su­pé­rieure de l’On­ta­rio et de­vant le Conseil pri­vé de Londres sans réus­sir à le faire abo­lir; ce­pen­dant son in­ter­ven­tion em­pêche la mise en oeuvre com­plète du Rè­gle­ment. En 1921, il fonde avec des An­glo-On­ta­riens non ca­tho­liques le “Uni­ty League of On­ta­rio” pour ral­lier l’opi­nion an­glaise au­tour de la cause fran­co-on­ta­rienne. Le Rè­gle­ment se­ra mo­di­fié en 1927 et fi­na­le­ment abo­li of­fi­ciel­le­ment en 1944.

La France le dé­core de la Croix d’Of­fi­cier de la Lé­gion d’hon­neur en 1924.

Il dé­cède en 1932 à l’âge de 71 ans et est in­hu­mé au ci­me­tière Notre-Dame d’Ottawa.

Na­po­léon-An­toine Bel­court

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.