Le cas par­ti­cu­lier sy­rien

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE - Se­phi­ra Bu­ka­sa Omer-Des­lau­riers

Ce­la fait dé­jà un an et la Sy­rie conti­nue à som­brer dans le chaos et la dé­so­la­tion. Une fois en­core, les membres de l’ONU se sont réunis afin de re­mé­dier à cette crise. Le vent d’une in­ter­ven­tion éven­tuelle et un sou­tien aux re­belles par les grandes puis­sances semblent s’es­souf­fler. Tou­te­fois, il faut bien trou­ver des ré­ponses à des ques­tions pré­cises pour dé­nouer l’im­passe. Qui a réel­le­ment le droit de s’im­pli­quer dans une in­ter­ven­tion en Sy­rie? De­vrait-on ac­cor­der un sou­tien aux re­belles?

Les États-Unis (É-U) sont à l’avant-garde d’une pos­sible in­ter­ven­tion en Sy­rie. Mais les Amé­ri­cains son­tils des can­di­dats ac­cep­tables pour cette in­ter­ven­tion? L’his­toire ré­cente ne plaide pas en leur fa­veur. Les nom­breuses guerres qu’ont me­nées les ÉtatsU­nis au Moyen-Orient étaient sup­po­sées ai­der les po­pu­la­tions des pays en guerre ou en conflit. Par exemple, les guerres dans les pays arabes qui ont connu l’im­pli­ca­tion des États-Unis se sont presque toutes sol­dées par un désordre d’après-guerre et des guerres ci­viles. L’Afghanistan, la Li­bye, l’Irak sont des exemples concrets par­mi tant d’autres. Qu’ont-ils en com­mun ces pays? La si­tua­tion est pire qu’avant. De plus, les Amé­ri­cains avec la France ac­cusent la Sy­rie de ga­zer des in­no­cents au lieu de faire une guerre juste. Ce­la montre tout sim­ple­ment qu’ils veulent faire la mo­rale aux Sy­riens.

D’une part, les Na­tions-Unies veulent ai­der la Sy­rie, d’autre part les al­liés de cette der­nière veulent ai­der le pou­voir de Da­mas à ma­ter la ré­bel­lion. La Rus­sie, l’Iran et la Chine, tous des al­liés de la Sy­rie, s’op­posent vi­gou­reu­se­ment à une in­ter­ven­tion. Ils se pré­sentent comme sup­por­ters de Ba­char El-As­sad et ne sont donc pas des can­di­dats idéals à une in­ter­ven­tion en Sy­rie. Mais alors, s’il n’y a pas d’in­ter­ven­tion di­recte, ne vau­drait-il pas mieux sup­por­ter les re­belles? En­core là, non. La si­tua­tion de la Sy­rie de­vient ain­si d’une com­plexi­té dé­con­cer­tante. En ef­fet, par­mi les re­belles, nous trou­vons des ex­tré­mistes, des membres d’AlQae­da et di­vers autres firmes ex­tré­mistes qui pla­ni­fient prendre le pou­voir au ré­gime sy­rien sous pré­texte d’une ré­bel­lion.

Le dos­sier sy­rien est dé­fi­ni­ti­ve­ment un cas par­ti­cu­lier qui doit être gé­ré avec soin. Une in­ter­ven­tion ne se­rait pas du tout en­vi­sa­geable. Il semble que la di­plo­ma­tie ait un grand rôle à jouer afin d’ai­der le peuple sy­rien à se di­ri­ger vers un fu­tur se­rein, car dans toute cette confu­sion, on ne peut savoir qui dit vrai et qui dit faux.

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