12e MARCHE DU REIN

L'Hebdo Journal - Cités Nouvelles - - LA UNE - FRAN­ÇOIS LE­MIEUX fran­cois.le­mieux@tc.tc

La marche or­ga­ni­sée à Dol­lard-des-Or­meaux par la Fon­da­tion ca­na­dienne du rein prend chaque an­née une si­gni­fi­ca­tion toute spé­ciale pour Claire Tar­dif et son ma­ri, Jean-Guy Des­ro­chers. En 2011, Mme Tar­dif a fait don d’un de ses reins à son ma­ri qui souf­frait d’in­suf­fi­sance ré­nale.

Alors que les ma­la­dies ré­nales sont en pro­gres­sion par­mi la po­pu­la­tion qué­bé­coise, on at­tend une cen­taine de per­sonnes à la marche du rein de Dol­lard-des-Or­meaux, le 27 mai, au parc cen­te­naire William-Cos­grove. Par­mi les mar­cheurs, on re­trou­ve­ra Claire Tar­dif et son ma­ri Jean-Guy Des­ro­chers, à qui elle a don­né un rein, en 2011.

M. Des­ro­chers souf­frait d’in­suf­fi­sance ré­nale de­puis au moins six ans avant qu’il ne soit ju­gé ad­mis­sible à une greffe. Peu avant l’opé­ra­tion, ses reins ne fonc­tion­naient plus qu’à 15 % de leur ca­pa­ci­té. Il s’at­ten­dait à être bien­tôt pla­cé en dia­lyse, une pers­pec­tive qui ne l’en­chan­tait guère.

« Je me sen­tais tou­jours fa­ti­gué, j’avais de la mi­sère à faire mes jour­nées. J’ai même ar­rê­té l’im­mo­bi­lier après 25 ans de car­rière parce que je n’étais plus ca­pable. Je ne fai­sais plus d’exer­cice, j’avais de la mi­sère à mar­cher », in­dique-t-il.

Aus­si­tôt que les tests ont ré­vé­lé qu’il était ad­mis­sible pour une greffe, Mme Tar­dif n’a pas hé­si­té une se­conde à se pro­po­ser de don­ner un rein à son ma­ri.

« Pour moi, c’était comme une mis­sion de lui re­don­ner la san­té. On était à la veille de prendre notre re­traite. C’était un geste très égoïste, ri­gole-t-elle. Je vou­lais avoir un ma­ri en san­té pour prendre notre re­traite et voya­ger. C’est ce que je vou­lais pour qu’on puisse conti­nuer à avoir de longues an­nées de­vant nous ».

À la suite de la greffe, M. Des­ro­chers a pris du mieux. Il a pu re­com­men­cer de faire de l’exer­cice ré­gu­liè­re­ment et le couple part en croi­sière deux à trois fois par an­née, quelque chose qui au­rait été im­pen­sable sans l’opé­ra­tion.

« Pour moi, la greffe a été le bon­heur to­tal. Mon épouse m’a re­don­né la vie. C’est le jour et la nuit pour moi. Ça m’a fait re­tour­ner de 30 ans en ar­rière », ra­conte-t-il.

Le couple, qui s’im­pli­quait dé­jà au­près de la Fon­da­tion ca­na­dienne du rein avant la greffe, a dé­ci­dé de four­nir da­van­tage d’aide de­puis l’opé­ra­tion, of­frant no­tam­ment des té­moi­gnages à la de­mande de Trans­plant Qué­bec dans les hô­pi­taux et les mé­dias.

« Quand on a vu un peu les mi­racles que l’on peut faire, on s’était dit qu’il fal­lait qu’on en parle. On est tou­jours dis­po­nibles si on a be­soin de nous », ex­plique Mme Tar­dif.

La marche du rein de Dol­lard-des-Or­meaux prend chaque an­née une si­gni­fi­ca­tion spé­ciale pour eux éga­le­ment.

« Pour nous, c’est l’oc­ca­sion de se re­mé­mo­rer tout le par­cours qu’on a fait et qu’on a tou­jours à faire. On veut que les gens viennent s’im­pli­quer pour ai­der la re­cherche. On en­cou­rage tout le monde de ve­nir mar­cher, pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir eu une greffe, qui sont en at­tente ou qui souffrent de ma­la­die ré­nale et ne se­ront ja­mais ad­mis­sibles à une greffe », sou­ligne-t-elle.

EN AUG­MEN­TA­TION

Le nombre de per­sonnes de­vant su­bir des trai­te­ments de dia­lyse ne cesse d’aug­men­ter se­lon la Fon­da­tion ca­na­dienne du rein. À l’échelle mon­diale, une per­sonne sur dix souffre d’in­suf­fi­sance ré­nale. Au Qué­bec, une per­sonne sur qua­torze est at­teinte.

Au cours des deux der­nières dé­cen­nies, le nombre de per­sonnes trai­tées pour l’in­suf­fi­sance ré­nale ter­mi­nale a consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té. Cer­tains fac­teurs comme le vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion ain­si que l’aug­men­ta­tion du nombre de cas de dia­bète et d’hy­per­ten­sion font que l’in­suf­fi­sance ré­nale conti­nue de ga­gner du ter­rain.

Dans l’Ouest-de-l’Île de Mon­tréal, on es­time que plus de 350 per­sonnes sont af­fec­tées par l’in­suf­fi­sance ré­nale

Les der­nières sta­tis­tiques par rap­port au don d’or­ganes sont tou­te­fois en­cou­ra­geantes. La liste d’at­tente pour un rein de pro­ve­nance ca­da­vé­rique a gran­de­ment di­mi­nué.

Elle a chu­té jus­qu’à 493 jours l’an der­nier alors qu’elle se si­tuait à 1220 jours en 2012. Mal­gré cette amé­lio­ra­tion, 534 per­sonnes étaient tou­jours en at­tente pour re­ce­voir un rein, au 31 dé­cembre.

(Pho­to: Gra­cieu­se­té)

Du 20 mai au 16 juin, la Fon­da­tion ca­na­dienne du rein or­ga­ni­se­ra 22 marches à tra­vers le Qué­bec pour sen­si­bi­li­ser la po­pu­la­tion et amas­ser des fonds pour la re­cherche.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.