Ap­pel à pré­ser­ver la ver­dure de Sainte-Anne-de-Bel­le­vue

L'Hebdo Journal - Cités Nouvelles - - ACTUALITÉS - FRAN­ÇOIS CARABIN fran­cois.carabin@jour­nal­me­tro.com

À la lu­mière des ré­sul­tats de deux rap­ports scien­ti­fiques pu­bliés hier, une coa­li­tion de­mande que le sec­teur nord de Sainte-Anne-de-Bel­le­vue soit com­plè­te­ment pré­ser­vé et in­clus dans le cor­ri­dor de l’Anse-à-l’Orme.

« Pen­dant nos in­ven­taires, nous avons trou­vé 13 es­pèces à sta­tut pré­caire : 6 es­pèces fau­niques, 2 d’in­sectes et 5 flo­ris­tiques, a lan­cé en confé­rence de presse la cher­cheuse Ma­rie-Eve Roy, qui a éla­bo­ré l’étude Éva­lua­tion éco­lo­gique du Sec­teur Nord de Sainte-Anne-de-Bel­le­vue. En­semble, ça fait beau­coup d’es­pèces me­na­cées [dans la ré­gion]. »

Le groupe en­vi­ron­ne­men­ta­liste Sau­vons l’Anse-à-l’Orme et ses par­te­naires de­mandent à la mai­resse de Sainte-Anne-de-Bel­le­vue, Pao­la Ha­wa, ain­si qu’à l’ag­glo­mé­ra­tion de Mon­tréal de pour­suivre leurs ef­forts en vue de pro­té­ger les es­paces verts de la lo­ca­li­té.

Le sec­teur nord de l’Ouest-de-l’Île, qui est dé­jà connu comme fai­sant par­tie de l’Anse-à-l’Orme, abrite une ma­jo­ri­té de friches et de ter­ri­toires agri­coles aban­don­nés. «Comme Mon­tréal s’est beau­coup dé­ve­lop­pée, il n’y a plus beau­coup de friches na­tu­relles, a ob­ser­vé Mme Roy. Pour les es­pèces [iden­ti­fiées dans l’étude], c’est leur der­nier bas­tion, et il y en a beau­coup qui vivent là. »

En plus d’iden­ti­fier les es­pèces en dan­ger, les cher­cheurs de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais et leur équipe ont ef­fec­tué des tests d’ADN dans la ré­gion.

UN TER­RI­TOIRE À PRO­TÉ­GER

La coa­li­tion Sau­vons l’Anse-à-l’Orme, qui a com­man­dé les études, exige de­puis des an­nées la pro­tec­tion du large ter­ri­toire cou­vert par la rivière à l’Orme. Ce­lui-ci s’étend de Pier­re­fonds-Ouest à Sainte-Anne-de-Bel­le­vue.

L’achat à la fin du mois de mai d’un ter­rain de 14 hec­tares pour agran­dir le parc-na­ture de l’Anse-à-l’Orme est un « pas dans la bonne di­rec­tion », a af­fir­mé la pré­si­dente de Sau­vons l’An­seà-l’Orme, Sue Sta­cho. « Mais ce n’est qu’un geste et nous vou­lons en voir plu­sieurs du genre, a-t-elle de­man­dé. On parle de presque 400 hec­tares [4 km2]. »

Adop­té en juillet 2017, un pro­gramme par­ti­cu­lier d’ur­ba­nisme (PPU) pour le sec­teur nord de Sainte-Anne-de-Bel­le­vue a pour but de conser­ver 70 % des es­paces verts de la ré­gion, a rap­pe­lé la mai­resse, Pao­la Ha­wa.

In­ter­ro­gée par Mé­tro sur la pos­si­bi­li­té d’une pro­tec­tion to­tale de l’Anse-à-l’Orme, Mme Ha­wa s’est mon­trée pru­dente. «Il faut tout de même res­ter réa­liste, a-t-elle ad­mis. Nous sommes quand même sur l’île de Mon­tréal et il y a une li­mite à ce qu’une pe­tite ville comme la nôtre peut faire. »

Ma­rie-Eve Roy fait ap­pel à la re­te­nue en ce qui a trait au dé­ve­lop­pe­ment im­mo­bi­lier. « On ne sait pas quand le ter­ri­toire va être ren­du trop pe­tit pour être en­core in­té­res­sant pour les es­pèces, a-t-elle pré­ci­sé. En cas de doute, il se­rait mieux de lais­ser ce qui reste pro­té­gé. »

La balle est main­te­nant dans le camp de Pier­re­fonds, se­lon Mme Ha­wa. «J’es­père que Pier­re­fonds va com­men­cer à pro­té­ger un peu [de ter­ri­toires verts], a-t-elle in­sis­té. Pour Sainte-Anne-de-Bel­le­vue, nous sommes ren­dus à la li­mite en termes réa­listes. »

Un autre pro­jet im­mo­bi­lier, Cap Na­ture, compte de­puis des an­nées s’ins­tal­ler dans la por­tion pé­tri­fon­taine de l’Anse-à-l’Orme. La réa­li­sa­tion du plan d’ur­ba­nisme se fait tou­te­fois at­tendre. Pro­jet Mon­tréal avait pro­po­sé la créa­tion d’un parc na­tio­nal ur­bain dans Pier­re­fonds-Ouest avant l’élec­tion de Va­lé­rie Plante à la mai­rie de Mon­tréal.

(Pho­to : Mé­tro Mé­dia – Ar­chives)

Le sec­teur nord de Sainte-Anne-deBel­le­vue abrite des es­pèces au sta­tut pré­caire.

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