Pé­da­ler pour mieux ap­prendre

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - MA­RIE-EVE VEILLETTE ma­rie-eve.veillette@tc.tc

ÉDU­CA­TION. Un es­prit sain dans un corps sain : l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Trois-Ri­vières y croit. Par­tant de cette pré­misse que l’ac­ti­vi­té phy­sique pré­dis­pose à un meilleur ap­pren­tis­sage, l’ins­ti­tu­tion dé­marre, cet au­tomne, un pro­jet vi­sant à ac­com­pa­gner une ving­taine d’étu­diants dé­si­reux de com­bi­ner édu­ca­tion phy­sique et tra­vail in­tel­lec­tuel.

D’une du­rée de neuf se­maines, ce­lui-ci est pi­lo­té par le Ser­vice aux étu­diants, en col­la­bo­ra­tion avec le dé­par­te­ment de ki­né­sio­lo­gie. Deux groupes d’une di­zaine d’étu­diants se ren­dront une fois par se­maine à la cli­nique de ki­né­sio­lo­gie pour une pé­riode d’exer­cice et d’étude se­mi-en­ca­drée, d’une du­rée de deux heures.

À tra­vers ce pro­jet, une re­cherche se­ra éga­le­ment me­née afin d’éva­luer si cer­taines ac­ti­vi­tés phy­siques semblent plus ef­fi­caces pour fa­vo­ri­ser la concen­tra­tion de l’étu­diant, et quel ni­veau d’in­ten­si­té ou du­rée pri­vi­lé­gier pour ob­te­nir un ren­de­ment op­ti­mal.

De plus en plus, nos étu­diants ont be­soin d’être en mou­ve­ment. Être as­sis long­temps pour étu­dier, c’est dif­fi­cile, tout comme trou­ver l’en­vi­ron­ne­ment idéal pour se concen­trer. »

-Ma­rie-France Larochelle

«Dans la lit­té­ra­ture, il est ques­tion d’une séance d’ac­ti­vi­té phy­sique de 20 à 30 mi­nutes. Sous ce seuil, les ef­fets se­raient moindres et au-de­là, la fa­tigue s’ins­talle. C’est pour­quoi nous vou­lons mi­ser sur une in­ter­ven­tion mo­du­lable », in­dique Charles Té­treau, di­rec­teur de la cli­nique de ki­né­sio­lo­gie.

Éliane Na­deau, sta­giaire en ki­né­sio­lo­gie, ac­com­pa­gne­ra les par­ti­ci­pants et col­la­bo­re­ra à l’éla­bo­ra­tion du plan d’en­traî­ne­ment.

« On pro­po­se­ra pro­ba­ble­ment une de­mi-heure fixe d’ac­ti­vi­té phy­sique en­ca­drée, sui­vie d’une pé­riode d’étude équi­va­lente. Le res­tant de la séance pour­ra être très flexible. Chaque par­ti­ci­pant se­ra libre de re­tour­ner en salle d’en­traî­ne­ment ou de pour­suive ses études dans le lo­cal ré­ser­vé à cette fin. »

BON POUR TOUS

Le concept est né des be­soins ma­ni­fes­tés par les étu­diants en si­tua­tion de han­di­cap fai­sant af­faires avec le Ser­vice aux étu­diants de l’UQTR. Du lot, plu­sieurs sont at­teints d’un trouble du dé­fi­cit de l’at­ten­tion (TDA et TDAH) et ré­cla­maient une place pour étu­dier et bou­ger.

« De plus en plus, nos étu­diants ont be­soin d’être en mou­ve­ment, ex­plique Ma­rie-France Larochelle, or­tho­pé­da­gogue et conseillère au­près des étu­diants en si­tua­tion de han­di­cap. Être as­sis long­temps pour étu­dier, c’est dif­fi­cile, tout comme trou­ver l’en­vi­ron­ne­ment idéal pour se concen­trer. Ils sou­hai­taient donc avoir ac­cès à un lieu où il leur se­rait dif­fi­cile de faire autre chose que bou­ger et étu­dier. »

C’est au cours des deux der­nières ses­sions qu’ont été je­tées les bases du pro­jet ac­tuel. Au dé­part, seuls les étu­diants en si­tua­tion de han­di­cap étaient ci­blés, con­trai­re­ment à cet au­tomne. Ils avaient ac­cès à une grande salle au centre d’ac­ti­vi­té phy­sique et spor­tive, où ils pou­vaient no­tam­ment uti­li­ser des vé­los sta­tion­naires conver­tis par le dé­par­te­ment de gé­nie mé­ca­nique en vé­los-pu­pitres. « Ça leur per­met­tait de dé­pen­ser de l’éner­gie tout en étu­diant, mais l’en­droit n’était pas op­ti­mal car les dis­trac­tions y étaient trop nom­breuses », ad­met Ma­rie-France Larochelle.

En le dé­mé­na­geant dans la cli­nique de ki­né­sio­lo­gie, ces sources de dis­trac­tion se­ront pas­sa­ble­ment at­té­nuées, car les lieux sont plus pe­tits et un lo­cal ad­ja­cent à ce­lui de l’en­traî­ne­ment se­ra ré­ser­vé à l’étude. L’en­vi­ron­ne­ment se­ra donc vrai­ment pro­pice à l’ex­pé­ri­men­ta­tion, tant du cô­té des par­ti­ci­pants que des ki­né­sio­logues im­pli­qués.

« On leur sug­gé­re­ra des ac­ti­vi­tés et on se­ra là pour les conseiller. L’idée est d’ame­ner cha­cun des par­ti­ci­pants à trou­ver la bonne stra­té­gie pour maxi­mi­ser son ni­veau de concen­tra­tion », in­dique Éliane Na­deau.

« On veut ou­tiller nos étu­diants de sorte que l’ap­pren­tis­sage ac­tif de­vienne une fa­çon na­tu­relle d’étu­dier, in­té­grée dans leur mode de vie », conclut Mme Larochelle, qui en­vi­sage la pos­si­bi­li­té, à plus long terme, d’in­cor­po­rer au pro­jet l’ex­per­tise d’autres dé­par­te­ments.

Pour in­for­ma­tion : eliane.na­deau@

(Pho­to TC Me­dia – Ma­rie-Eve Veillette)

Ma­rie-France Larochelle, spé­cia­liste en sciences de l’édu­ca­tion aux Ser­vices aux étu­diants, Charles Té­treau, di­rec­teur de la Cli­nique de ki­né­sio­lo­gie de l’UQTR, et, à l'ar­rière, les sta­giaires en ki­né­sio­lo­gie Éliane Na­deau et Au­drey Billau­deau.

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