LES DÉ­FIS D’UNE ÉPI­CE­RIE DE QUAR­TIER

L'Informateur - - LA UNE - NI­CO­LAS LE­DAIN ni­co­las.le­dain@tc.tc

Créée pour lut­ter contre les dé­serts ali­men­taires dans Ri­vière-des-Prai­ries, l’échoppe de Gaïa va fê­ter sa pre­mière an­née d’ou­ver­ture. Mal­gré quelques dif­fi­cul­tés, cette épi­ce­rie bis­tro at­tire de plus en plus de clients et es­père pour­suivre son dé­ve­lop­pe­ment.

COM­MERCE. Créée pour lut­ter contre les dé­serts ali­men­taires dans Ri­viè­redes-Prai­ries, l’échoppe de Gaïa va fê­ter sa pre­mière an­née d’ou­ver­ture. Mal­gré quelques dif­fi­cul­tés, cette épi­ce­rie bis­tro at­tire de plus en plus de clients et es­père pour­suivre son dé­ve­lop­pe­ment.

Les jour­nées sont ani­mées dans le lo­cal de l’échoppe de Gaïa sur l’ave­nue Fer­nand-Gau­thier. Ac­tuel­le­ment, cet or­ga­nisme d’éco­no­mie so­ciale ne compte qu’une seule employée, la gé­rante An­na Bar­the­le­my, qui as­sume aus­si les tâches de com­mis, li­vreur, cais­sière et par­fois même cui­si­nière. Le reste du tra­vail est as­su­ré par une qua­ran­taine de bé­né­voles, dont quinze ré­gu­liers sans qui l’échoppe ne se­rait rien. «S’ils ne sont pas là, je cours par­tout. Sans eux, je suis comme un arbre qui n’a pas de feuilles », com­pare Mme Bar­the­le­my. Le re­cru­te­ment d’un em­ployé est donc la prio­ri­té pour amé­lio­rer le ser­vice, car après bien­tôt un an d’exis­tence, l’échoppe a en­fin réus­si à s’im­plan­ter dans son quar­tier. Des pro­blèmes de fi­nan­ce­ment et d’ap­pro­vi­sion­ne­ment avaient en ef­fet re­tar­dé son ou­ver­ture et les pre­miers mois d’exis­tence n’ont pas été de tout re­pos, puisque l’or­ga­nisme a été contraint de fer­mer à quelques re­prises suite à des bris d’équi­pe­ment. L’évo­lu­tion est néan­moins po­si­tive se­lon sa res­pon­sable. « On a été fer­més en dé­but d’an­née, mais à la ré­ou­ver­ture en fé­vrier, la clien­tèle a tri­plé en un mois. Le be­soin est vrai­ment là et les gens suivent », as­sure An­na Bar­the­le­my. En ef­fet, dans RDP, la ma­jo­ri­té des épi­ce­ries et centres d’achats se concentrent au­tour des bou­le­vards Mau­rice-Du­ples­sis et Ro­dolphe-For­get. Entre Per­ras et Gouin, les ré­si­dents sont souvent dé­pour­vus de com­merces de proxi­mi­té. «Je suis mère mo­no­pa­ren­tale de quatre en­fants et c’est une chance de pou­voir faire mes achats ici. Ce­la per­met aus­si de mettre de la vie et de ren­con­trer du monde », té­moigne Jac­que­line Charles, membre et bé­né­vole de l’échoppe. Cet en­jeu des dé­serts ali­men­taires a d’ailleurs été ci­blé comme une des prio­ri­tés du fu­tur plan de quar­tier sur le­quel tra­vaille la Cor­po­ra­tion de dé­ve­lop­pe­ment com­mu­nau­taire avec le sou­tien de l’ar­ron­dis­se­ment.

PLUS ET MIEUX

Ac­tuel­le­ment l’échoppe de Gaïa pro­pose es­sen­tiel­le­ment des fruits et lé­gumes dans ses étals. De plus, par manque de per­son­nel, l’or­ga­nisme n’ouvre ses portes que du jeu­di au di­manche. Les grands ob­jec­tifs des pro­chains mois se­ront donc d’amé­lio­rer l’offre et de pro­po­ser de nou­veaux ho­raires en re­cru­tant un com­mis. An­na Bar­the­le­my tente d’ailleurs de nouer un par­te­na­riat avec un agri­cul­teur pour di­ver­si­fier les pro­duits. Afin de s’in­té­grer dans son quar­tier, la gé­rante sou­haite aus­si mettre en avant la par­tie bis­tro qui compte quelques tables et chaises pour ac­cueillir des ci­toyens pour un ca­fé ou un plat pré­pa­ré sur place. Des livres, un or­di­na­teur, une im­pri­mante et des jeux pour en­fants sont aus­si à dis­po­si­tion des vi­si­teurs afin de faire de l’échoppe de Gaïa un point de ras­sem­ble­ment de la com­mu­nau­té. « C’est leur en­droit, je veux qu’ils viennent ici et se sentent chez eux», confie Mme Bar­the­le­my.

(Photo In­for­ma­teur de RDP — Ni­co­las Le­dain)

An­na Bar­the­le­my (au centre) gère l’échoppe de Gaïa avec l’aide de bé­né­voles comme Eli­za­beth San­do­val et Jac­que­line Charles.

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