53 dé­cès at­tri­buables à la ca­ni­cule sur l’île de Mon­tréal

L'Informateur - - ACTUALITÉS - DO­MI­NIQUE CAMBRON-GOULET

Ce sont 53 morts que la cha­leur du dé­but juillet au­rait cau­sés, a in­di­qué la Di­rec­tion ré­gio­nale de san­té pu­blique (DRSP) de Mon­tréal dans un rap­port pré­li­mi­naire.

À la fin de l’épi­sode de cha­leur ex­trême, le 8 juillet, la DRSP avait at­tri­bué 34 dé­cès aux condi­tions cli­ma­tiques. « Pen­dant la se­maine de ca­ni­cule, on avait de­man­dé aux mé­de­cins d’Ur­gences-San­té et dans les hô­pi­taux de nous si­gna­ler des cas. La se­maine der­nière, on a éplu­ché tous les dos­siers des per­sonnes dé­cé­dées dans cette pé­riode et on a pu iden­ti­fier 19 dé­cès de plus qu’on pense liés à la cha­leur », a ex­pli­qué le Dr David Kai­ser de la DRSP.

Ceux-ci ne sont que les dé­cès sur­ve­nus en com­mu­nau­té et le bi­lan pour­rait s’alour­dir une fois que les dé­cès sur­ve­nus en hô­pi­tal – y com­pris les CHSLD – se­ront étu­diés.

« En 2010, 85 % des dé­cès étaient dans la com­mu­nau­té, alors on ne s’at­tend pas à un bi­lan beau­coup plus éle­vé, mais il y a en­core du tra­vail à faire pour ana­ly­ser tous ces dos­siers », a pré­ci­sé Dr Kai­ser.

La DRSP note que la ma­jo­ri­té des vic­times ha­bi­taient dans des îlots de cha­leur et sont des hommes. « Nous consta­tons que la ca­ni­cule a tou­ché plus du­re­ment les per­sonnes les plus vul­né­rables, dont celles aux prises avec des pro­blèmes de san­té men­tale ou phy­sique, ain­si que les per­sonnes âgées vi­vant seules », pré­cise le bi­lan pré­li­mi­naire.

Se­lon le Dr Kai­ser, trois fac­teurs ex­pliquent la pré­do­mi­nance de ces per­sonnes dans le bi­lan de la ca­ni­cule, soit le fait d’avoir un ré­seau social dé­ve­lop­pé, ce­lui d’être ex­po­sé à da­van­tage de cha­leur ou des rai­sons de san­té. «Cer­taines condi­tions mé­di­cales ou cer­tains mé­di­ca­ments font en sorte que les gens re­con­naissent moins les symp­tômes de déshy­dra­ta­tion ou ont plus de dif­fi­cul­té à éva­cuer la cha­leur, a illus­tré le mé­de­cin. C’est pour ça que le risque aug­mente avec la du­rée de la ca­ni­cule pour une per­sonne plus âgée ou qui a le dia­bète. »

La jour­née du 3 juillet a été celle où le plus de dé­cès pro­ba­ble­ment liés à la cha­leur ont été consta­tés, soit 12. Onze sont sur­ve­nus le jeu­di et 10 le ven­dre­di.

Ain­si, la DRSP re­com­mande de col­la­bo­rer da­van­tage avec les or­ga­nismes com­mu­nau­taires pour re­joindre les per­sonnes vul­né­rables et de faire des opé­ra­tions de porte-à-porte plus ci­blées. « Les ser­vices de po­lice et d’in­cen­die prio­risent des sec­teurs se­lon cer­tains as­pects so­ciaux, mais il y a d’autres in­for­ma­tions dont on pour­rait se ser­vir pour mieux ci­bler. Par exemple, les îlots de cha­leur, là où il y a moins de cli­ma­ti­sa­tion et les mai­sons de chambre », a spé­ci­fié David Kai­ser.

Sur les 53 vic­times, huit ha­bi­taient dans une ré­si­dence pri­vée pour aî­nés et quatre en mai­son de chambre.

La DRSP rap­pelle que de nom­breuses in­ter­ven­tions ont été faites pour mi­ni­mi­ser les im­pacts de la cha­leur ex­trême sur la po­pu­la­tion, soit l’ou­ver­ture de haltes cli­ma­ti­sées, des heures pro­lon­gées d’ou­ver­ture des pis­cines et lieux pu­blics cli­ma­ti­sés de la Ville de Mon­tréal, ain­si qu’une tour­née de 42 000 lo­ge­ments vi­si­tés par les po­li­ciers et les pom­piers.

Une en­quête plus ap­pro­fon­die doit être me­née et un rap­port com­plet se­ra pu­blié en dé­cembre.

M. Kai­ser sou­ligne qu’il s’agit de la «pre­mière ca­ni­cule im­por­tante de­puis 2010 » où le bi­lan avait été plus lourd. «C’est la pre­mière fois qu’on a pu mettre à l’épreuve dif­fé­rentes in­ter­ven­tions qui ont été dé­ve­lop­pées après 2010. Cer­taines choses ont bien fonc­tion­né, mais on va pou­voir bo­ni­fier ce qu’on a tra­vaillé entre 2010 et 2018 et iden­ti­fier de nou­velles pistes de so­lu­tion », a ré­su­mé le mé­de­cin.

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