In­quié­tudes pour la sé­cu­ri­té du per­son­nel après une at­taque à l’Ins­ti­tut Pi­nel

L'Informateur - - ACTUALITÉS - NI­CO­LAS LEDAIN ni­co­las.ledain@tc.tc

Sept pa­tients du ser­vice des ado­les­cents de l’Ins­ti­tut Phi­lippe Pi­nel de Mon­tréal (IPPM) ont ten­du un piège à des agents d’in­ter­ven­tion ven­dre­di 20 juillet. Quatre em­ployés ont été bles­sés et une en­quête pa­ri­taire est ou­verte.

Les faits sont sur­ve­nus vers 18 h 30 dans cet hôpital psy­chia­trique à sé­cu­ri­té maxi­male de Rivière-des-Prai­ries qui ac­cueille des pa­tients avec un po­ten­tiel éle­vé de dan­ge­ro­si­té et vio­lence. Deux d’entre eux ont si­mu­lé une ba­garre pour at­ti­rer des agents d’in­ter­ven­tion dans l’uni­té des ado­les­cents qui ras­semble des jeunes âgés de 12 à 18 ans. Sept pa­tients qua­li­fiés de « grands gaillards » par les re­pré­sen­tants syn­di­caux s’en sont alors pris à ces em­ployés char­gés de main­te­nir la sé­cu­ri­té sur le site de l’IPPM. Après de longues mi­nutes et avec l’aide de ren­forts, la si­tua­tion a fi­na­le­ment été maî­tri­sée.

« [Cet] évé­ne­ment est une si­tua­tion ex­cep­tion­nelle. Lors­qu’un pa­tient se désor­ga­nise, il est pos­sible qu’il blesse quel­qu’un. […] Tou­te­fois, un groupe de pa­tients qui s’or­ga­nise, tel que vé­cu la se­maine der­nière, c’est ex­cep­tion­nel. Ce cas re­quiert pré­sen­te­ment toute notre at­ten­tion » , ex­plique Julie Ben­ja­min, responsable du ser­vice des com­mu­ni­ca­tions de l’IPPM. Quatre em­ployés ont été lé­gè­re­ment bles­sés lors de cet évé­ne­ment. Trois agents d’in­ter­ven­tion et un so­cio­thé­ra­peute souffrent de côtes fê­lées ou d’ec­chy­moses. Par ailleurs, des armes ar­ti­sa­nales ont aus­si été re­trou­vées dans l’uni­té où a eu lieu cette at­taque, même si elles n’ont pas été uti­li­sées par les pa­tients.

Une en­quête pa­ri­taire a été ou­verte au sein de l’éta­blis­se­ment en col­la­bo­ra­tion avec l’as­so­cia­tion pa­ri­taire pour la san­té et la sé­cu­ri­té du tra­vail du sec­teur des af­faires so­ciales (ASTASS) afin de faire la lu­mière sur ces évé­ne­ments et de com­prendre les éven­tuelles failles dans la sé­cu­ri­té de l’ins­ti­tut.

« Les pro­cé­dures semblent avoir été sui­vies et [ les em­ployés] se sont mo­bi­li­sés pour ré­pondre à la si­tua­tion. L’en­quête en cours de­vrait per­mettre d’iden­ti­fier les me­sures à prendre. Tout ce qu’il est pos­sible de faire se­ra fait », pro­met Mme Ben­ja­min.

IN­QUIÉ­TUDES

Cet in­ci­dent sème tou­te­fois l’in­quié­tude au sein du per­son­nel de l’ins­ti­tut. En rai­son de la dan­ge­ro­si­té des pa­tients, les risques sont quo­ti­diens – deux autres em­ployés ont d’ailleurs été vic­times d’at­taques in­di­vi­duelles dans d’autres uni­tés du­rant la fin de se­maine der­nière – mais le ca­rac­tère or­ga­ni­sé de cet évé­ne­ment re­met en ques­tion les dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­té.

« On a eu af­faire à une agres­sion qui a tou­ché les agents d’in­ter­ven­tion qui sont le der­nier rem­part au sein de l’ins­ti­tut. Ce­la a un im­pact dans tout le reste de Pi­nel. Qu’eux se fassent bles­ser, ça frappe l’ima­gi­naire », af­firme Gys­lain Gau­det, vice-pré­sident de la sec­tion du Syn­di­cat ca­na­dien de la fonc­tion pu­blique à l’IPPM. Ce der­nier es­père que l’en­quête per­met­tra d’amé­lio­rer la sé­cu­ri­té qu’il juge in­com­plète. Il évoque no­tam­ment des manques d’équi­pe­ments et no­tam­ment de gants en kev­lar pour les uni­tés d’in­ter­ven­tion.

« On ne peut pas trai­ter Pi­nel comme un simple hôpital, la clien­tèle est dan­ge­reuse et im­pré­vi­sible. Il y a des élé­ments ré­pé­tés qui re­montent de nos agents d’in­ter­ven­tion, donc il faut amé­lio­rer cette si­tua­tion », lance-t-il.

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