L’EN­TRE­TIEN DES TER­RAINS LAISSE À DÉ­SI­RER,

CROIT BASEBALL QUÉ­BEC

L'Informateur - - LA UNE - FRAN­ÇOIS CARABIN / MÉ­TRO MÉ­DIA

Quelques mois après que la nou­velle ad­mi­nis­tra­tion mu­ni­ci­pale eut dé­ci­dé de mo­di­fier le pro­gramme de ré­fec­tion des ter­rains de balle, l’or­ga­nisme Baseball Qué­bec s’in­quiète de l’al­lure des pla­teaux de balle ac­tifs de la mé­tro­pole.

Quelques mois après que la nou­velle ad­mi­nis­tra­tion mu­ni­ci­pale eut dé­ci­dé de mo­di­fier le pro­gramme de ré­fec­tion des ter­rains de balle adop­té par l’ex-maire De­nis Co­derre, l’or­ga­nisme Baseball Qué­bec s’in­quiète de l’al­lure des 160 pla­teaux de balle ac­tifs de la mé­tro­pole.

« Il y a as­sez de ter­rains pour faire croître le sport, concède le di­rec­teur gé­né­ral de Baseball Qué­bec, Maxime La­marche. Mais est-ce que les ter­rains qu’on a ac­tuel­le­ment nous le per­mettent ? Non. »

Sui­vant son plan Di­rec­teur du sport et du plein air ur­bains, pu­blié au mois de mars der­nier, la Ville a consul­té 11 ar­ron­dis­se­ments dans le but d’éva­luer l’état des ter­rains de la ré­gion.

Ré­sul­tats: «des sys­tèmes d’éclai­rage très vé­tustes, un en­tre­tien dé­fi­cient, des sys­tèmes de drai­nage peu fiables et des équi­pe­ments connexes désuets ou dé­té­rio­rés » sur l’en­semble des ter­rains de la mé­tro­pole, tous sports confon­dus.

M. La­marche pense que ce sont les lo­sanges de la Ville qui sont le plus lé­sés.

« La moi­tié des [ter­rains] n’ont pas de lu­mières, pour­suit-il. La qua­li­té des sur­faces de jeu fait que les sys­tèmes de drai­nage sont désuets. Il y a as­sez de ter­rains pour suf­fire à la de­mande, mais pas as­sez qui sont en bon état et qu’on peut uti­li­ser de fa­çon op­ti­male. »

À L’ÉCOUTE DES AR­RON­DIS­SE­MENTS

La res­pon­sable des sports et loi­sirs au co­mi­té exé­cu­tif de la Ville, Ro­san­nie Fi­la­to, tient à ras­su­rer les ac­teurs du baseball.

« La po­li­tique du baseball tient tou­jours, sou­tient-elle. On sait qu’il y a beau­coup de désué­tude, au­tant sur le plan des ter­rains de balle que sur ce­lui de nos autres ter­rains. Et on sait qu’il y a quand même une cer­taine de­mande pour le baseball. »

Elle ad­met tou­te­fois que l’émer­gence d’autres sports à Mon­tréal et les re­ven­di­ca­tions des ar­ron­dis­se­ments in­fluencent les dé­ci­sions de la Ville. C’est d’ailleurs pour cette rai­son que le pro­gramme de ré­fec­tion des ter­rains de balle pré­sen­té dans le der­nier Pro­gramme trien­nal d’im­mo­bi­li­sa­tion (PTI) de l’ad­mi­nis­tra­tion de De­nis Co­derre (2017-2019) n’a pas été re­nou­ve­lé pour 2019 et 2020.

Mme Fi­la­to note que cet ar­gent a sim­ple­ment été ré­in­ves­ti dans le pro­gramme des pla­teaux spor­tifs ex­té­rieurs, fai­sant pas­ser le bud­get au­to­ri­sé de ce pro­gramme de 9 M$ à 15,5 M$.

« Ça donne la li­ber­té aux ar­ron­dis­se­ments de faire des de­mandes pour d’autres types de ter­rain », re­marque Mme Fi­la­to.

L’op­po­si­tion of­fi­cielle à l’hô­tel de ville dé­plore que le pro­gramme de ré­fec­tion ait été mo­di­fié. « Avec la coupe de bud­get, ça va cau­ser un pro­blème, parce que les ar­ron­dis­se­ments vont peut-être choi­sir autre chose, s’in­surge le res­pon­sable des sports à En­semble Mon­tréal, Di­mi­trios (Jim) Beis. Et en­core, le baseball va tom­ber [dans l’ou­bli] et les ter­rains vont être mal en­tre­te­nus. » M. Beis es­time que la der­nière ad­mi­nis­tra­tion a « don­né beau­coup d’amour » au baseball. La nou­velle ad­mi­nis­tra­tion « a [de­puis] bais­sé les bras », se­lon lui.

EN CHIFFRES

Le baseball n’est pas le seul sport à su­bir les contre­coups d’un en­tre­tien in­égal, se­lon le Plan di­rec­teur du sport et du plein air ur­bain. Plus de 60 % des sur­faces des ter­rains de balle de la ville se­raient qua­li­fiées de « bonnes », contre en­vi­ron 40 % pour les ter­rains de soc­cer. Il est tou­te­fois im­por­tant de men­tion­ner qu’il y a, à Mon­tréal, plus de 350 pla­teaux de bal­lon rond, contre seule­ment 160 pour son cou­sin à la balle de cuir.

La ca­té­go­rie où le baseball re­çoit le moins de sou­tien ? Le drai­nage. La Ville cal­cule que seule­ment 27 % des lo­sanges mont­réa­lais bé­né­fi­cient de bons sys­tèmes de drains, contre 53 % pour les ter­rains de soc­cer. « Il y a des parcs où, quand il y a un orage, c’est 36 heures d’in­ter­rup­tion », dit M. La­marche.

SO­LU­TION SYN­THÉ­TIQUE

Pour li­mi­ter l’en­tre­tien ré­gu­lier sur les ter­rains mont­réa­lais, Baseball Qué­bec pro­pose à l’ad­mi­nis­tra­tion Plante d’in­ves­tir da­van­tage dans des sur­faces syn­thé­tiques, plus fa­ciles à en­tre­te­nir une fois construites. Le pre­mier ter­rain de baseball syn­thé­tique de Mon­tréal a été inau­gu­ré en juillet au parc Giu­seppe-Ga­ri­bal­di, à Saint-Léo­nard.

« Il y a une tonne de ter­rains qui sont tou­jours beaux pour le soc­cer et qui de­mandent plus ou moins d’en­tre­tien, fait va­loir M. La­marche. Nous autres, on est coin­cés. »

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