En­cou­ra­geant des deux cô­tés de la pa­ti­noire

Métro Montréal - - LA UNE -

Notre dos­sier spé­cial à la veille du pre­mier match du CH à la mai­son, contre les Kings.

Avec une sai­son des plus dif­fi­ciles dans le ré­tro­vi­seur, Ca­rey Price se de­vait de bien amor­cer celle-ci pour faire taire les dé­trac­teurs. Deux matchs et plu­sieurs ar­rêts spec­ta­cu­laires plus tard, la ques­tion se pose. Le gar­dien du Ca­na­dien par­vien­dra-t-il à ex­tra­po­ler ces per­for­mances sur l’en­semble de la cam­pagne et à jus­ti­fier son contrat de 84 M$? FRAN­ÇOIS CA­RA­BIN in­fo@jour­nal­me­tro.com

Par­mi les gar­diens ayant ac­cu­mu­lé plus de 30 matchs de­vant le fi­let la sai­son der­nière, Price a ter­mi­né avec le qua­trième pire pour­cen­tage d’ar­rêts du cir­cuit

(.900). C’est 12 points de moins que la moyenne de la ligue.

Le gar­dien de 31 ans s’est à peine mieux dé­brouillé sur le plan de la moyenne de buts al­loués. Son score de 3,11 s’est clas­sé au 37e rang sur 42 gar­diens éli­gibles. Au fi­nal, comme bien des par­ti­sans du CH le savent, Price n’a rem­por­té que

16 matchs sur 49.

Si Price ga­gnait le même nombre de par­ties cette sai­son, il rem­por­te­rait très exac­te­ment 937 500 $ par vic­toire, sur la base de son nou­veau contrat.

La pres­sion de bien faire après la si­gna­ture d’une nou­velle en­tente est ve­nue pe­ser sur le jeu de Ca­rey Price, la sai­son der­nière, se­lon l’ana­lyste au Ré­seau des sports (RDS) et an­cien gar­dien de but Marc De­nis.

«Quand l’échec col­lec­tif se joint à l’échec per­son­nel, le ni­veau de confiance est aléa­toire, ana­lyse-t-il. Pour un gar­dien de but, es­sayer d’en faire plus, c’est sou­vent sy­no­nyme de s’em­pê­trer.»

Re­bon­dir

Price réus­si­ra-t-il à re­ve­nir à ses gloires d’an­tan? Les exemples de gar­diens qui ont sur­mon­té des an­nées dif­fi­ciles pour re­prendre du poil de la bête ne manquent pas, en tout cas.

En 2016-2017, Marc-An­dré Fleu­ry a amas­sé des chiffres très si­mi­laires à ceux de Price l’an der­nier : une moyenne de

buts al­loués de 3.02 et un pour­cen­tage d’ar­rêts de .909. Un an plus tard, il me­nait son équipe en fi­nale de la Coupe Stan­ley, sur­fant sur une sai­son ré­gu­lière ex­cep­tion­nelle.

Dans la même di­vi­sion, Ser­gueï Bo­brovs­ki a ré­pé­té l’ex­pé­rience deux fois plu­tôt qu’une. Après avoir lais­sé pas­ser 10 % des tirs aux­quels il a fait face en 2011-2012, à sa der­nière an­née avec les Flyers de Phi­la­del­phie, il a rem­por­té le tro­phée Vézina avec les Blue Ja­ckets de Co­lum­bus en

2012-2013. Son deuxième tro­phée du meilleur gar­dien, en

2017-2018, a été ob­te­nu un an après qu’il eut ter­mi­né sa cam­pagne avec une moyenne de buts al­loués de 2.75.

Dé­jà-vu

Price lui-même a dé­mon­tré qu’il peut chan­ger de vi­sage de sai­son en sai­son. En 2012-2013, lors de la sai­son écour­tée, il a lais­sé 2,6 ron­delles par match fran­chir la ligne des buts. Lors des quatre sai­sons sui­vantes, il a al­loué en moyenne 2,2 buts par 60 mi­nutes.

Et en 2014-15, la sai­son qui lui a va­lu le tro­phée Vézina et le tro­phée Hart du joueur le plus utile, le gar­dien ca­na­dien a com­men­cé la sai­son avec un pour­cen­tage d’ar­rêts de seule­ment .909.

La for­mule est simple pour ré­pé­ter des per­for­mances du genre, sou­tient M. De­nis. «Je ne veux pas faire de la psy­cho­lo­gie à cinq sous, mais il doit être en paix avec sa si­tua­tion. Un des grands dé­fauts de ce gar­dien de but, c’est son ca­rac­tère bouillant qui le fait sor­tir de ses gonds. S’il est en me­sure de se maî­tri­ser, ce se­ra un fac­teur pré­do­mi­nant pour qu’il connaisse une bonne sai­son.»

Le fac­teur dé­fen­sif

Si le di­rec­teur gé­né­ral du Ca­na­dien, Marc Ber­ge­vin, se fé­li­ci­tait de ses ac­qui­si­tions dé­fen­sives au dé­but de la sai­son der­nière, il est res­té plus calme cet été. Ré­sul­tat : avec son ca­pi­taine et pi­lier dé­fen­sif, Shea We­ber, sur la touche pour une bonne por­tion de la sai­son, le Ca­na­dien de­vra se fier à une bri­gade très vo­la­tile.

Marc De­nis s’at­tend à ce que Price soit lais­sé à lui­même à quelques re­prises, mais rap­pelle que c’est le tra­vail du gar­dien de «se tour­ner vers soi-même».

«En ac­com­plis­sant son propre rôle, qui est bien dif­fé­rent de tous les autres sur la pa­ti­noire, il peut être en me­sure de re­bon­dir, ob­serve-t-il. Ma­ni­fes­te­ment, le Ca­na­dien n’a pas une dé­fen­sive re­lui­sante et ex­pé­ri­men­tée. Dans ce contexte, ce se­ra le dé­fi de Ca­rey Price.»

Ca­rey Price

MI­NAS PANAGIOTAKIS/AR­CHIVES GET­TY

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