Le Qué­bec et le Ca­na­da lâchent Mi­chaëlle Jean

Métro Montréal - - LA UNE -

Mi­chaëlle Jean se fait lar­guer par Ot­ta­wa et Qué­bec. Si les chances de celle qui brigue un se­cond man­dat aux com­mandes de l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie (OIF) étaient dé­jà ex­ces­si­ve­ment minces, elles sont main­te­nant qua­si nulles.

Alors que le som­met d’Ere­van, en Ar­mé­nie, s’ouvre de­main, le pre­mier mi­nistre dé­si­gné du Qué­bec, Fran­çois Le­gault, a clai­re­ment si­gna­lé hier qu’il ne se ran­ge­rait fi­na­le­ment pas dans le camp de l’an­cienne gou­ver­neure gé­né­rale ca­na­dienne, en­ga­gée dans une lutte l’op­po­sant à Louise Mu­shi­ki­wa­bo, mi­nistre des Af­faires étran­gères du Rwan­da. Celle-ci jouit de l’ap­pui de la France et de l’Union afri­caine.

«L’Afrique re­cèle un po­ten­tiel énorme, tant pour notre éco­no­mie que pour l’ave­nir de la langue fran­çaise, a-t-il in­di­qué. Le gou­ver­ne­ment dé­si­gné de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec pré­voit don­ner son ap­pui à une can­di­da­ture qui en­tend pro­mou­voir le fran­çais et la gou­ver­nance dé­mo­cra­tique et dé­ve­lop­per la fran­co­pho­nie éco­no­mique sur la scène in­ter­na­tio­nale.»

M. Le­gault re­con­naît «le tra­vail de Mme Jean, no­tam­ment au­près des femmes et des jeunes», mais il a fait va­loir qu’il était «main­te­nant temps de lais­ser place à un nou­veau style de ges­tion». Les mé­dias de Qué­be­cor avaient poin­té les dé­penses, qua­li­fiées de «somp­tueuses», de l’OIF pour Mme Jean et sa fa­mille, comme la ré­no­va­tion de sa ré­si­dence of­fi­cielle pour 500 000 $.

À Ot­ta­wa, c’est le bu­reau de la mi­nistre de la Fran­co­pho­nie, Mé­la­nie Jo­ly, qui a an­non­cé le désa­veu du gou­ver­ne­ment ca­na­dien, hier : «Le Ca­na­da est prêt à se ral­lier au consen­sus, comme le veut la fa­çon de faire en Fran­co­pho­nie», a écrit Je­re­my Ghio.

Mme Mu­shi­ki­wa­bo s’est ré­jouie du vote de confiance de M. Le­gault. «Le sou­tien du Qué­bec à la can­di­da­ture afri­caine est hau­te­ment ap­pré­cié; il est l’il­lus­tra­tion de la so­li­da­ri­té po­si­tive dans l’es­pace fran­co­phone», a-t-elle twee­té. La Rwan­daise ne fait tou­te­fois pas l’una­ni­mi­té, même en France. Quatre ex­mi­nistres ont si­gné dans Le Monde une lettre ou­verte in­ti­tu­lée «Louise Mu­shi­ki­wa­bo n’a pas sa place à la tête de la Fran­co­pho­nie». Sa can­di­da­ture fait grin­cer des dents no­tam­ment parce que le pays afri­cain a tour­né le dos à la langue de Mo­lière en rem­pla­çant le fran­çais par l’an­glais dans son cur­sus d’en­sei­gne­ment en 2010, mais éga­le­ment en rai­son de son bi­lan peu re­lui­sant en ma­tière de droits de la per­sonne.

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