«La soupe est à la base de l’ali­men­ta­tion»

En­tre­vue. Jo­sée di Sta­sio pu­blie au­jourd’hui son cin­quième livre de re­cettes. Dans À la soupe, elle par­tage sa pas­sion des soupes, «un plat [qu’elle] aime parce qu’il per­met beau­coup de créa­ti­vi­té», confie-t-elle.

Métro Montréal - - LA UNE - JES­SI­CA DOSTIE jes­si­ca.dostie@jour­nal­me­tro.com

Notre en­tre­vue avec Jo­sée di Sta­sio, qui consacre son nou­veau livre au mets ré­con­for­tant.

L’ani­ma­trice était dé­jà aux four­neaux le ma­tin de notre en­tre­tien té­lé­pho­nique. Non pas pour cui­si­ner des soupes, cette fois, mais bien pour pré­pa­rer des au­ber­gines par­mi­gia­na. «Je me suis un peu em­bal­lée en al­lant au mar­ché», s’ex­cuse-t-elle. Quoi qu’il en soit, on en vient na­tu­rel­le­ment à par­ler des soupes qu’elle a ima­gi­nées pour son nou­vel ou­vrage. Un livre qu’elle dé­crit comme «simple et sobre», à l’ins­tar des re­cettes qu’elle y pré­sente.

Dans l’in­tro­duc­tion, vous avouez votre amour pour la soupe. «Je l’aime parce qu’elle est sans pré­ten­tion», écri­vez-vous. Où avez-vous trou­vé l’ins­pi­ra­tion pour pondre 52 re­cettes?

En fait, c’est beau­coup plus. Le livre compte 52 re­cettes de soupes, mais aus­si

10 re­cettes de bouillons,

24 re­cettes de gar­ni­tures et 12 re­cettes d’ac­com­pa­gne­ments. Ça n’a pas été si dif­fi­cile et j’ai dû en lais­ser de cô­té au mo­ment du choix fi­nal. Je ne vou­lais pas que ce soit re­don­dant, alors il n’y a pas deux soupes qui se res­semblent.

Tout a com­men­cé parce que c’est un plat que je consomme ré­gu­liè­re­ment. Ça me ré­con­forte, et je pense que c’est le cas pour plein de monde. L’idée du livre thé­ma­tique me ten­tait aus­si. Égoïs­te­ment, je me suis de­man­dé ce que j’avais en­vie de man­ger, parce que quand on fait un livre de re­cettes, on les mange ma­tin, mi­di et soir, et même quand on re­çoit.

Le point fort de ce plat, c’est qu’on se colle sur les ar­ri­vages du mar­ché et sur ce qu’on a dans le fri­gi­daire et le garde-man­ger. Même si j’ai des in­gré­dients fé­tiches, comme les épi­nards, j’ai es­sayé de cou­vrir tous les in­gré­dients et toutes les sai­sons, avec no­tam­ment des soupes froides et des sou­pes­re­pas. Il y a des soupes qui se font en cinq mi­nutes avec ce qu’on a. C’est une bonne fa­çon de ne rien gas­piller.

La ques­tion du zé­ro gas­pillage est d’ailleurs vrai­ment un en­jeu ac­tuel…

Je pense que de­puis long­temps, la soupe est à la base de l’ali­men­ta­tion; on fai­sait avec ce qu’on avait et il n’y avait pas de gas­pillage. Je trouve ça im­por­tant qu’on aille là et qu’on puisse se dé­brouiller avec ce qu’on a sous la main, en par­ti­cu­lier quand on ar­rive dans la sec­tion des bouillons. On peut faire un bouillon de lé­gumes qui ne coûte rien avec ce qu’il nous reste : des queues de per­sil, des mor­ceaux d’ail, des verts de poi­reau, etc. C’est la même chose pour le bouillon de pou­let, fa­cile à faire à par­tir de la car­casse d’un pou­let rô­ti.

Avez-vous tou­jours eu cette af­fec­tion pour la soupe?

Ma mère était la reine des soupes et fai­sait ses propres bouillons mai­son. Ce­la dit, un de mes sou­ve­nirs d’en­fance est lié à la crème de cham­pi­gnons qu’elle nous ser­vait. Même si, dans ce cas pré­cis, c’était en boîte, j’en ai un sou­ve­nir ré­con­for­tant. Je me sou­viens aus­si du mo­ment où j’ai dé­cou­vert la soupe au pis­tou; je n’ar­rê­tais pas d’en faire!

Comme je tra­vaille à la mai­son, la soupe est car­ré­ment mon dé­pan­neur du lunch. J’en fais très cer­tai­ne­ment une ou deux par se­maine, et même pour re­ce­voir. Ce­la dit, je ne sers ja­mais d’énormes bols de po­tage. Je trouve ça trop en­nuyant, trop mou! J’aime y ajou­ter des gar­ni­tures, quelque chose de crous­tillant, et le ser­vir dans de pe­tits bols. C’est fa­cile de «pim­per» nos po­tages en y ajou­tant par exemple des pois chiches grillés, de la fe­ta émiet­tée…

Y a-t-il une «re­cette du suc­cès» pour bien réus­sir les po­tages?

Il y en a plu­sieurs, mais en voi­ci dé­jà deux. Quand on fait une soupe, il ne faut pas cuire les pâtes ou les cé­réales dans la soupe et les lais­ser gon­fler. Je sug­gère plu­tôt de les cuire sé­pa­ré­ment et de les ajou­ter dans le bol au mo­ment de ser­vir seule­ment. Pour les po­tages, en par­ti­cu­lier les po­tages verts (as­perges, pois, bro­co­li), il faut faire at­ten­tion à la cuis­son et ne pas trop les cuire. Ça change non seule­ment la cou­leur, mais aus­si le goût. Ces deux pe­tits manques d’at­ten­tion peuvent faire toute la dif­fé­rence. Cui­si­ner des soupes ne de­mande pas beau­coup de tech­nique; ça prend juste de bons in­gré­dients de base.

«Je ne vou­lais pas que ce soit re­don­dant, alors il n’y a pas deux soupes qui se res­semblent [dans le livre].»

Jo­sée di Sta­sio

De quelles re­cettes pré­sen­tées dans le livre êtes-vous par­ti­cu­liè­re­ment fière?

C’est un peu bête parce que la sai­son est fi­nie, mais je pense entre autres à la soupe de maïs, qui per­met de goû­ter le maïs à son meilleur. Je suis aus­si su­per contente de mes soupes-re­pas, que ce soit avec un pois­son rô­ti au­quel on ajoute un pe­tit bouillon. Celles qui contiennent du pou­let font pen­ser à une poule au pot.

Même les vé­gé­ta­riens y trou­ve­ront leur compte avec de belles soupes de lé­gu­mi­neuses. C’est une su­perbe pro­téine qu’on com­mence à in­té­grer un peu plus et qui, je trouve, manque à notre culture et à nos banques de re­cettes.

/ DO­MI­NIQUE T SKOLTZ, PHO­TO TI­RÉE DU LIVRE À LA SOUPE DE JO­SÉE DI STA­SIO (FLAM­MA­RION QUÉ­BEC)

Jo­sée di Sta­sio pu­blie un cin­quième livre de re­cettes au­jourd’hui.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.