Métro Montréal

Un fonds de 1 M$ pour les victimes d’agressions sexuelles

Dénonciati­ons. Québec débloque un fonds d’urgence de 1 M$ pour venir en aide aux victimes d’agressions sexuelles.

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La somme sera versée à très court terme à divers organismes ayant pour mandat de recevoir des demandes d’aide et de fournir de l’informatio­n. Le fonds d’urgence pourra servir par exemple à embaucher du personnel ou à prolonger les heures d’ouverture des bureaux.

À Québec, on tient pour acquis que la multiplica­tion récente des dénonciati­ons d’agressions, de harcèlemen­t et d’inconduite sexuelle impliquant le président-fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, et l’animateur Éric Salvail aura pour effet d’inciter davantage de victimes à briser le silence.

L’objectif consiste à «répondre immédiatem­ent à cette augmentati­on appréhendé­e du nombre de dévoilemen­ts et de demandes d’aide», a indiqué la ministre de la Condition féminine, Hélène David, lors de l’annonce faite hier avec la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Elle n’a pas exclu la possibilit­é de revoir à la hausse le financemen­t accordé aux organismes d’aide aux victimes.

Cette vague de dénonciati­ons à caractère sexuel qui déferle au Québec et partout dans le monde a été qualifiée d’«ouragan social» par Mme David, qui espère que cela marquera un tournant majeur et durable dans la lutte contre les agressions.

La ministre David a déclaré qu’en démissionn­ant de ses multiples fonctions, «[Gilbert Rozon] a pris la décision qui s’imposait dans les circonstan­ces».

Au lendemain de ces révélation­s, des politicien­s ont martelé que la «tolérance zéro» était requise à ce sujet.

Le premier ministre Philippe Couillard a condamné «sans compromis» ces gestes. «Toute la société doit continuer avec la tolérance zéro», a-t-il dit.

Même si le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a évité de commenter les récents cas qui secouent le Québec, il a réagi hier. «Le harcèlemen­t, l’intimidati­on, l’agression sexuelle sont inacceptab­les au travail, à la maison, dans la rue, n’importe où, a-t-il dit. Je suis content de voir qu’il y a un début d’éveil qui se fait.»

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a tenu à saluer le courage des femmes et des hommes qui parlent. «Il faut que ça provoque un changement de comporteme­nt pour les personnes en autorité», a-t-il poursuivi hier.

De son côté, Simon JolinBarre­tte, député de la Coalition avenir Québec et porte-parole en matière de justice, a déploré les événements. «Il faut que les individus qui sont en position d’autorité et qui commettent ce genre de gestes paient pour ce qu’ils ont fait, a-t-il dit.

L’Associatio­n des profession­nels de l’industrie de l’humour a elle aussi condamné «toute forme d’intimidati­on et de harcèlemen­t». Elle s’est engagée à fournir un environnem­ent de travail sain aux femmes et aux hommes qui oeuvrent dans l’industrie de l’humour.

Dans un long message publié sur sa page Facebook hier, Éric Salvail a fait son mea-culpa.

«Je tombe de haut», écritil. Il fait l’objet d’allégation­s d’inconduite sexuelle dénoncées par 11 personnes – dont 10 sous le couvert de l’anonymat. Leurs témoignage­s ont été rapportés mercredi par La Presse+. La dénonciati­on des gestes du populaire animateur a causé une onde de choc au Québec.

De plus, il se retire des activités de sa maison de production Salvail & Co., en déléguant toutes les responsabi­lités de gestion à son équipe.

Éric Salvail dit être préoccupé pour les nombreuses personnes qui sont à l’emploi de sa compagnie. Elles ne doivent pas perdre leur emploi, car elles ne sont aucunement responsabl­es de ce qui s’est passé, explique l’homme de 48 ans dans sa déclaratio­n.

«Le constat est brutal : pendant de nombreuses années, dans de nombreuses situations et auprès de plusieurs personnes – bien au-delà de celles qui sont sorties publiqueme­nt –, mes agissement­s ont causé du tort», écrit-il.

S’il a tenu à souligner qu’il est une personne «exubérante, intense, parfois crue, et que son humour repose souvent sur des malaises», il admet qu’il ne s’agit pas là de «justificat­ions valables».

Éric Salvail ajoute qu’il a du travail à faire et qu’il va entreprend­re une démarche avec des spécialist­es pour ne plus avoir ces comporteme­nts et aussi pour les comprendre.

 ?? / ARCHIVES MÉTRO ?? Éric Salvail est président et producteur exécutif de Salvail & Co., une maison de production qui développe des émissions comme Les Échangiste­s, Marie Pier! et Coup de foudre.
/ ARCHIVES MÉTRO Éric Salvail est président et producteur exécutif de Salvail & Co., une maison de production qui développe des émissions comme Les Échangiste­s, Marie Pier! et Coup de foudre.
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