La CSEM pour­suit le gou­ver­ne­ment

Jus­tice. La Com­mis­sion sco­laire En­glish-Mon­tréal (CSEM) a an­non­cé qu’elle en­tre­pren­drait un re­cours ju­ri­dique contre le gou­ver­ne­ment qué­bé­cois afin de faire in­va­li­der le trans­fert de deux de ses écoles. Cette dé­ci­sion ne fait ce­pen­dant pas l’una­ni­mi­té au

Métro Montréal - - LA UNE - FÉ­LIX LACERTE-GAU­THIER fla­certe-gau­[email protected]­tro­me­dia.ca

«C’est im­por­tant, parce que ça fait par­tie in­té­grante de notre com­mu­nau­té, et ça joue un rôle im­por­tant dans la culture et le tis­sage de [celle-ci].» An­ge­la Man­ci­ni, pré­si­dente de la CSEM, qui sou­haite que la consti­tu­tion­na­li­té de l’abo­li­tion des com­mis­sions scolaires soit étu­diée.

Avec ses dé­marches, la CSEM sou­haite faire in­va­li­der l’ar­ticle de la Loi sur l’ins­truc­tion pu­blique qui per­met au gou­ver­ne­ment de trans­fé­rer un im­meuble d’une com­mis­sion sco­laire à une autre, s’il juge qu’il en va de l’in­té­rêt pu­blic.

«Le gou­ver­ne­ment peut-il trans­fé­rer des écoles sans égard à ce que nous pen­sons, s’in­ter­roge An­ge­la Man­ci­ni, pré­si­dente de la CSEM. C’est la fa­çon dont c’est fait que nous re­met­tons en ques­tion, plus qu’autre chose.» Elle critique en outre un manque de trans­pa­rence dans la prise de dé­ci­sion du mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion.

Pour la CSEM, tant le trans­fert d’écoles que l’abo­li­tion des com­mis­sions scolaires se­raient en contra­dic­tion avec la Charte canadienne des droits et des li­ber­tés, qui donnent droit à l’ins­truc­tion dans la langue de la mi­no­ri­té.

«Une com­mu­nau­té mi­no­ri­taire de­vrait pou­voir gé­rer et contrô­ler ses propres institutio­ns, croit Mme Man­ci­ni. Pour moi, ça va de soi qu’on de­vrait avoir cer­tains droits. Main­te­nant, est-ce que la cour nous don­ne­ra rai­son? Nous ver­rons bien.»

Dis­sen­sion in­terne

Bien qu’elle ait par­lé au nom de la ma­jo­ri­té en tant que pré­si­dente, à titre per­son­nel, Mme Man­ci­ni a tou­te­fois pré­fé­ré s’abs­te­nir de vo­ter sur la ré­so­lu­tion, ex­pri­mant un cer­tain ma­laise par rap­port à celle-ci. Deux autres com­mis­saires ont éga­le­ment imi­té son geste.

Pour sa part, la com­mis­saire Syl­via Lo Bian­co abonde dans le même sens. «Ce sont des mon­tants d’ar­gent de sur­plus que nous avions mis de cô­té, et qui nor­ma­le­ment de­vraient être di­ri­gés vers les écoles et les élèves», sou­ligne-t-elle.

Du cô­té de Qué­bec, le mi­nis­tère es­time que le trans­fert d’écoles était né­ces­saire, compte te­nu de la si­tua­tion, et qu’il a per­mis d’évi­ter une ca­tas­trophe. «Les écoles dé­bor­daient, et le droit à l’édu­ca­tion de centaines d’étu­diants était com­pro­mis», in­dique Francis Bou­chard, at­ta­ché de presse du mi­nistre Jean-Fran­çois Ro­berge.

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