STIMULER LE GOÛT D’APPRENDRE

Ser­vices de sou­tien sco­laire et d’in­ter­ven­tion fa­mi­liale

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - LA UNE - MARIE-PIER GAGNÉ marie-pier.gagne@tc.tc

L’or­ga­nisme com­mu­nau­taire Je Passe Par­tout, qui s’est don­né pour mis­sion de lut­ter contre le dé­cro­chage sco­laire cé­lé­bre­ra cette an­née ses 30 ans dans le quar­tier. Même si le por­trait du quar­tier a beau­coup chan­gé de­puis les an­nées 80, les be­soins en termes de sou­tien sco­laire sont tou­jours aus­si pré­sents.

Voir les jeunes s’épa­nouir, s’amé­lio­rer et re­prendre confiance en eux, c’est notre meilleure paie.» Marie-Lyne Bru­net, di­rec­trice de l’or­ga­nisme Je passe par­tout

COM­MU­NAU­TAIRE. L’or­ga­nisme com­mu­nau­taire Je Passe Par­tout, qui s’est don­né pour mis­sion de lut­ter contre le dé­cro­chage sco­laire dans Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve, wcé­lé­bre­ra cette an­née ses 30 ans dans le quar­tier.

Même si le por­trait du quar­tier a beau­coup chan­gé de­puis les an­nées 80, les be­soins lo­caux en termes de sou­tien sco­laire sont tou­jours aus­si pré­sents. C’est pour­quoi les 50 em­ployés et bé­né­voles de Je passe par­tout in­ter­viennent quo­ti­dien­ne­ment au­près de jeunes en dif­fi­cul­té, non seule­ment pour les ai­der à faire leurs de­voirs, mais sur­tout pour leur re­don­ner le goût d’apprendre.

Chaque jour, ils se rendent à l’un des 10 points de ser­vice de l’or­ga­nisme, dont six sont dans des écoles pri­maires et trois dans des écoles se­con­daires, dans le seul et unique but d’ame­ner chaque jeune à se sur­pas­ser et à re­trou­ver confiance en lui. En plus des éta­blis­se­ments sco­laires, l’or­ga­nisme rend aus­si ses bu­reaux de la rue Sainte-Ca­the­rine dis­po­nibles aux in­ter­ve­nants et aux jeunes.

«Les jeunes que nous sui­vons sont ma­jo­ri­tai­re­ment ré­fé­rés par leurs en­sei­gnants, qui constatent qu’ils sont en si­tua­tion d’échec ou qu’ils ont des dif­fi­cul­tés d’ap­pren­tis­sage ou d’adap­ta­tion, ex­plique Marie-Lyne Bru­net, di­rec­trice de l’or­ga­nisme. Dès qu’ils font par­tie des nôtres, notre mis­sion est de les gui­der, à tra­vers di­vers ate­liers, à re­prendre le bon che­min.»

En moyenne, chaque jeune est sui­vi trois fois par se­maine par le même in­ter­ve­nant.

«On veut que le jeune puisse créer des liens de confiance avec l’adulte qui le prend en charge, conti­nue Mme Bru­net. C’est un sui­vi très per­son­na­li­sé que l’on fait. On ne fait pas seule­ment de l’aide aux de­voirs, ça va plus loin que ça. Souvent, ce sont des in­ter­ven­tions par le jeu. On va es­sayer de les ga­gner avec des ac­ti­vi­tés qui re­joignent leurs forces et leurs in­té­rêts.»

Nor­ma­le­ment, les ju­me­lages s’étalent sur une an­née sco­laire com­plète.

«C’est en moyenne le temps que ça prend, mais c’est cer­tain que s’il y en a qui sont prêts et au­to­nomes avant, on ne les obli­ge­ra pas à conti­nuer, ajoute Mme Bru­net. Le but, c’est jus­te­ment qu’ils volent de leurs propres ailes. S’ils le font en moins de temps que pré­vu, c’est tant mieux.»

Une chose est cer­taine, l’or­ga­nisme a fait ses preuves. Au cours des 30 der­nières an­nées, ce sont des mil­liers de jeunes qui ont été épau­lés. Une liste d’at­tente a d’ailleurs été mise en place, en rai­son de la de­mande qui gran­dit sans cesse.

PRO­GRAMME À DOMICILE

En plus de tous les jeunes vus dans les mi­lieux, les in­ter­ve­nants de Je passe par­tout se dé­placent aus­si à domicile, dans le but de ve­nir en aide aux pa­rents, plus par­ti­cu­liè­re­ment.

«C’est un pro­gramme qui a pris nais­sance plus tard, men­tionne Marie-Lyne Bru­net. Au dé­but, on of­frait seule­ment les ate­liers dans les points de ser­vice, mais avec le temps, on a consta­té que par­fois, les pa­rents ne sa­vaient pas trop, eux non plus, com­ment s’y prendre pour faire face aux dif­fi­cul­tés de leurs en­fants.»

Grâce à ce vo­let de l’or­ga­nisme, 112 fa­milles re­çoivent chaque se­maine la vi­site d’un in­ter­ve­nant qua­li­fié. En gé­né­ral, il s’agit de fu­turs en­sei­gnants, d’édu­ca­teurs spé­cia­li­sés ou de tra­vailleurs so­ciaux.

«Ce sont des in­ter­ven­tions qui se font de ma­nière plu­tôt in­for­melle. On dis­cute avec les pa­rents afin de mettre le doigt sur ce qu’ils trouvent dif­fi­cile, ce qu’ils sou­hai­te­raient amé­lio­rer dans leur fa­çon de fonc­tion­ner avec leur jeune et en­suite, on donne des trucs», ren­ché­rit Mme Bru­net.

AGRANDIR LE TERRITOIRE

Au­pa­ra­vant pré­sent seule­ment dans Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve, Je passe par­tout a, de­puis 2013, éten­du ses ser­vices à Mer­cier.

Lors de la fer­me­ture de cer­taines écoles pri­maires en rai­son de la qua­li­té de l’air, plu­sieurs ont été tem­po­rai­re­ment dé­pla­cées plus à l’Est,

sur le territoire de Mer­cier. L’or­ga­nisme a sui­vi sa clien­tèle dans ses nou­veaux lo­caux, le temps des tra­vaux.

«Ce­la nous a ame­né une toute nou­velle clien­tèle, ex­plique Mme Bru­net. On est vrai­ment contents, mais il a fal­lu s’adap­ter. Mer­cier est l’un des quar­tiers de Mon­tréal qui a la plus forte crois­sance de nou­veaux ar­ri­vants, ce qui fait que nos dé­fis dans ce quar­tier-là sont da­van­tage de l’ordre de l’in­té­gra­tion so­ciale, de la com­pré­hen­sion du sys­tème sco­laire qué­bé­cois, ain­si que de l’ap­pren­tis­sage du fran­çais.»

Pour ses 30 ans, Je passe par­tout sou­hai­te­rait amé­lio­rer l’offre en­core plus et sor­tir des li­mites de l’ar­ron­dis­se­ment.

En at­ten­dant d’en ve­nir à un pro­jet concret, la prio­ri­té de l’or­ga­nisme est bien sûr de conti­nuer à of­frir son aide au plus grand nombre pos­sible de jeunes pro­ve­nant de l’ar­ron­dis­se­ment Mer­cier–Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Chaque jeune est ju­me­lé à un in­ter­ve­nant, qui s’as­sure de lui of­frir un ser­vice per­son­na­li­sé, adap­té à ses be­soins.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.