Dis-moi ce que tu manges, je te di­rai qui tu es

Photo | Societe - - Société -

Bien que toutes les couches de la so­cié­té par­ta­geaient une base ali­men­taire com­mune, la nour­ri­ture consom­mée de­meu­rait un in­di­ca­teur du sta­tut so­cial d’un in­di­vi­du en rai­son des dif­fé­rences qui pou­vaient être per­çues31. Le pain en est un bon exemple. Il était man­gé par toutes les classes so­ciales, comme on peut le voir sur la mi­nia­ture. Le pain blanc était le fief des puis­sants et il était fait à par­tir de blé ou de fro­ment, consi­dé­rées comme « cé­réales reines ». Les grains pro­ve­nant de ces cé­réales étaient fa­ci­le­ment trans­for­més en fa­rine et don­naient un pain de qua­li­té. L’orge et l’avoine don­naient un pain de mau­vaise qua­li­té, tan­dis que le pain uni­que­ment de seigle était rare. Ain­si, c’est la qua­li­té du pain qui dé­ter­mi­nait l’ap­par­te­nance à une ca­té­go­rie so­ciale ou une autre32. La viande, deuxième pi­lier du me­nu mé­dié­val est elle aus­si riche en in­for­ma­tion sur le sta­tut dans une so­cié­té d’un in­di­vi­du. Sur la haute table, le plus gros des plats semble conte­nir un mor­ceau de cuisse ou un pois­son, tan­dis que le pain est om­ni­pré­sent sur la table des In­tem­pé­rés. Bien que consom­mer par toutes les strates de la so­cié­té mé­dié­vale, la quan­ti­té et l’ori­gine de la viande si­gna­laient l’ap­par­te­nance à un groupe ou à un autre33. Comme dé­mon­tré lors du fes­tin, le noble se doit de faire l’éta­lage de sa ri­chesse et de son pres­tige, et de grandes quan­ti­tés de viande of­fertes était un moyen uti­li­sé pour le faire.

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