COM­MEN­TAIRE DE LA RÉ­DAC­TION

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De même que le sto­ckage de dé­chets in­dus­triels dans des conte­neurs ré­fri­gé­rés ne suf­fi­rait guère à les trans­for­mer en den­rées va­lables sur le mar­ché, de même le sto­ckage de sans-em­ploi de­ve­nus dé­chets dans des pro­grammes de chô­mage ou d’em­ploi ne sau­rait les trans­for­mer en em­ployés va­lables sur le mar­ché, la so­cié­té de consom­ma­tion a ses sous-pro­duits que l’on re­fuse de voir ou que l’Ordre mar­chand nous re­fuse de voir. On glo­ri­fie, dans les mé­dias, les gens qui réus­sissent, qui gagnent, qui se battent, qui montent et qui fran­chissent tous les obs­tacles pou­vant me­ner à la ri­chesse et à la réus­site. On ne parle pas de l’ar­mée des sans-em­ploi, les dé­chets de l’usine à suc­cès, pour la simple rai­son qu’ils ne réus­sissent pas. De­puis les dé­buts de l’ère in­dus­trielle, la des­ti­na­tion d’un sans-em­ploi était l’ar­mée de ré­serve du travail (chô­mage) dans l’es­poir d’être rap­pe­lé dans le ser­vice ac­tif. Au­jourd’hui, la des­ti­na­tion d’un sans-em­ploi — le re­but —, c’est la dé­charge et le tas d’or­dures. Comme le sou­ligne la so­cio­logue Da­nièle Lin­hart, « ces hommes et ces femmes ne perdent pas seule­ment leur em­ploi, leurs pro­jets, leurs repères, l’as­su­rance d’une vie maî­tri­sée : ils se voient aus­si pri­vés de leur di­gni­té de tra­vailleurs, de l’es­time de soi, du sen­ti­ment d’être utile et à leur place dans la so­cié­té1. »

Lin­hart, D., Rist, B., Du­rand, E. (2009), soi, Pa­ris : Ères Poche. Perte d’em­ploi, perte de

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