LES CLIENTS

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Au Mar­ché Pu­blic du Vieux-Port de Qué­bec, entre la pé­riode qui va du dé­but no­vembre au 24 dé­cembre, deux types de clients fré­quentent les lieux, pour la simple rai­son qu’il y a deux types de com­merces qui y font af­faire. D’une part, il y a les com­mer­çants qui offrent des pro­duits dé­jà pré­pa­rés et prêts à la consom­ma­tion qui peuvent être of­ferts en ca­deau ou pour une consom­ma­tion per­son­nelle. D’autre part, il y a ceux, et ils sont peu nom­breux, qui vendent une gamme va­riée de fruits, lé­gumes, cé­réales, épices, fines herbes, condi­ments, huiles, vi­naigre, et fa­rines pour cui­si­ner. Au­tant le com­mer­çant que le client ont un rôle so­cial à jouer. Le com­mer­çant ne peut pas se com­por­ter comme un client et vice-ver­sa, tout comme il n’est pas at­ten­du du com­mer­çant qu’il soit de mau­vaise hu­meur, sur­tout dans un contexte de proxi­mi­té rap­pro­ché comme l’est ce­lui d’un mar­ché pu­blic. Comme le sou­li­gnait le so­cio­logue amé­ri­cain Er­win Goff­man, cha­cun s’in­ves­tit d’un rôle sur la scène so­ciale, tout comme l’ac­teur le fait sur la scène d’un théâtre. En fait, nous in­car­nons tous dif­fé­rents rôles so­ciaux en fonc­tion du contexte so­cial où nous nous trou­vons. Par exemple, il est conve­nu et ac­cep­té que le client se­ra éven­tuel­le­ment sol­li­ci­té à dé­gus­ter tel ou tel pro­duit au Mar­ché Pu­blic du VieuxPort de Qué­bec, sur­tout dans la pé­riode qui va du dé­but no­vembre au 24 dé­cembre. On at­tend aus­si du client qu’il soit po­li et ré­serve pour lui ses com­men­taires désa­gréables : s’il goûte un pro­duit et que ça ne lui plaît pas, il doit mi­ni­mi­ser cette ré­ac­tion afin qu’elle soit le moins vi­sible pos­sible. Quant au com­mer­çant, si le client qu’il a de­vant lui ne lui re­vient pas, il ne doit ma­ni­fes­ter en au­cune cir­cons­tance le fait qu’il pré­fé­re­rait le voir ailleurs, peut-être même chez un concur­rent. Au­tre­ment dit, toute la re­la­tion com­mer­ciale dans un tel lieu est es­sen­tiel­le­ment une af­faire de faux fuyants et de non-dits. Mal­gré tout, les com­mer­çants conservent le sou­rire de­vant le client, et le client ré­serve son sou­rire quand le pro­duit le sa­tis­fait ou qu’il a pro­cé­dé à un achat.

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