« En oc­tobre, je vais conti­nuer à vendre du pot. Peut-être même plus. »

Premiere edition - - Actualité - STEVE SAU­VÉ JOUR­NA­LISTE

Be­noit (nom fic­tif) est un ven­deur de stu­pé­fiants dans la ré­gion de Vau­dreuil-Sou­langes. Se­lon lui, la lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis en oc­tobre pro­chain n’af­fec­te­ra pas son commerce illi­cite. Même qu’il croit fer­me­ment que les clients se tour­ne­ront vers lui pour ob­te­nir un pro­duit plus fort.

Be­noit a com­men­cé à vendre des stu­pé­fiants à l’âge de 17 ans. Si la vente de can­na­bis re­pré­sente une grosse pro­por­tion de ses tran­sac­tions, il men­tionne sans hé­si­ter qu’il offre aus­si de la mé­tham­phé­ta­mine, du ha­schich et plu­sieurs com­pri­més dis­po­nibles ha­bi­tuel­le­ment sur or­don­nance, entre autres du Via­gra et du Cia­lis.

« Est-ce que mes clients iront réel­le­ment dans une bou­tique pour ache­ter du can­na­bis qui se­ra beau­coup moins fort que ce qu’ils fument? Po­ser la ques­tion c’est aus­si y ré­pondre. Se­lon moi, Jus­tin Tru­deau a dé­ci­dé de lé­ga­li­ser le can­na­bis sim­ple­ment pour ob­te­nir des votes lors de la der­nière élec­tion. Il va faire quoi lors­qu’il va réa­li­ser que les po­li­ciers ne pour­ront plus m’ar­rê­ter avec du can­na­bis puis­qu’ils ne sau­ront pas si je l’ai fait pous­ser ou si je l’ai ache­té dans une bou­tique », men­tionne Be­noit.

Le tra­fic de can­na­bis rap­porte beau­coup, ex­plique l’homme âgé dans la tren­taine qui de­mande à ce que son iden­ti­té ne soit pas ré­vé­lée. « Je fais en moyenne 1500 $ par se­maine. C’est beau­coup d’ar­gent. Là, le gou­ver­ne­ment croit réel­le­ment que le crime or­ga­ni­sé va ar­rê­ter de vendre du can­na­bis. Si c’est le cas, c’est l’équi­valent de croire aux li­cornes et à la fée des dents. La seule chose qui va chan­ger c’est que dé­sor­mais, mes clients n’au­ront plus à craindre la po­lice et par la même oc­ca­sion de se faire ar­rê­ter. Ça se­ra lé­gal. »

Tou­jours se­lon l’homme qui a été ar­rê­té à deux re­prises dans les sept der­nières an­nées, plu­sieurs clients ne dis­posent pas né­ces­sai­re­ment d’ar­gent pour consom­mer. « J’ai une liste sur la­quelle j’ins­cris le nom des clients qui me doivent de l’ar­gent, ex­plique Be­noit. Dans les bou­tiques, je ne crois pas que les gens pour­ront s’ache­ter de la mar­chan­dise à cré­dit. Moi je le fais. Quel­qu’un qui n’au­ra pas d’ar­gent et qui vou­dra consom­mer, où croyez-vous qu’il ira co­gner? »

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