Les in­fir­mières dé­noncent les condi­tions de tra­vail

Progrès Saint-Leonard - - ACTUALITÉS - LAURENT LA­VOIE

Temps sup­plé­men­taire obli­ga­toire, pé­nu­rie de main d’oeuvre : les in­fir­mières de l’hô­pi­tal San­ta Ca­bri­ni sont dé­bor­dées, à un tel point qu’on leur re­fuse des congés de ma­la­die sans un billet du mé­de­cin, dé­plore le Syn­di­cat des pro­fes­sion­nelles en soins de l’est-de-l’île-demon­tréal (SPS-ESTIM).

La salle d’ur­gence de San­ta Ca­bri­ni était si dé­gar­nie la fin de se­maine der­nière, que la di­rec­tion a été for­cée de ser­rer la vis, a in­di­qué une in­fir­mière à Ra­dio-ca­na­da, ra­vi­vant du même coup le débat au­tour des condi­tions de tra­vail aux­quelles les em­ployés sont confron­tés.

La si­tua­tion à l’hô­pi­tal San­ta Ca­bri­ni n’est qu’un échan­tillon de la pres­sion qui pèse sur le per­son­nel hos­pi­ta­lier. « La souf­france et la dé­tresse au ni­veau des pro­fes­sion­nels, elle se vit dans plu­sieurs sphères, pas qu’au ni­veau des ur­gences. Cette dé­tresse-là, on la ren­contre par­tout», in­dique Louise Bi­lo­deau, pré­si­dente du SPS-ESTIM.

« Les condi­tions de tra­vail à San­ta Ca­bri­ni sont com­pa­rables à celles du reste du réseau de la san­té. Les soins y sont tou­jours dis­pen­sés avec le même haut ni­veau de qua­li­té, sou­ligne Flo­rence Me­ney, porte-pa­role du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de services so­ciaux (CIUSSS) de l’est-de-l’île-de-montréal. Nous as­su­rons un sui­vi étroit de la si­tua­tion afin d’as­su­rer que tous les ef­fec­tifs re­quis soient dis­po­nibles à l’ur­gence de l’hô­pi­tal San­ta Ca­bri­ni tout en ayant re­cours le moins pos­sible au temps sup­plé­men­taire obli­ga­toire. »

Pour Mme Bi­lo­deau, il ne faut pas s’at­tendre à des chan­ge­ments im­mi­nents. « Les condi­tions de tra­vail sont pé­nibles pour toutes les in­fir­mières du CIUSSS de l’est. C’est vrai­ment à moyen et à long terme qu’on va y ar­ri­ver. »

Le 26 juin der­nier, une en­tente de prin­cipe a été conclue entre le SPS-ESTIM, af­fi­lié à la Fé­dé­ra­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle de la san­té du Qué­bec (FIQ), et la di­rec­tion du CIUSSS de l’est. Elle pré­voit la mise sur pied d’un pro­jet d’au­to­suf­fi­sance, qui as­su­re­ra le rem­pla­ce­ment au­to­ma­tique d’em­ployés lors d’ab­sences, de va­cances ou de congé. Il est es­ti­mé que jus­qu’à 20 % du per­son­nel manque à l’ap­pel dans ces si­tua­tions. Le SPS-ESTIM es­père éta­blir des ra­tios d’em­ployés-pa­tients spé­ci­fiques dans les dif­fé­rents sec­teurs du mi­lieu.

UNE IMAGE À RE­TA­PER

La pré­si­dente du syn­di­cat croit éga­le­ment que de chan­ger l’image de la pro­fes­sion est dé­ter­mi­nant pour re­cru­ter da­van­tage d’in­fir­mières. « C’est difficile de les at­ti­rer, parce que […] les gens savent qu’on va faire du temps sup­plé­men­taire (TS) et du temps sup­plé­men­taire obli­ga­toire (TSO). La nou­velle gé­né­ra­tion ne veut pas ça et c’est clair, af­firme Mme Bi­lo­deau. J’ai beau­coup de départs de filles, des nou­velles, après deux ans qui quittent, qui ne voient pas com­ment ils vont pou­voir fon­der une fa­mille comme ça. »

Du côté du CIUSSS de l’est, on pointe la pa­no­plie de choix en terme de mi­lieu de tra­vail comme un avan­tage pour les in­fir­mières ; que ce soit au­près des nou­veaux nés, des per­sonnes âgées ou aux soins in­ten­sifs. « C’est pour ce­la que loin de perdre du ter­rain en termes de main-d’oeuvre, nous avons (sur un per­son­nel glo­bal de 15 000 per­sonnes) em­bau­ché 2200 em­ployés dans la der­nière an­née dont pas moins de 500 in­fir­mières, » af­firme M. Me­ney.

Elle pré­cise que le nombre de dé­mis­sions d’in­fir­mières dues aux condi­tions de tra­vail n’au­rait pas aug­men­té au cours des der­nières an­nées.

Le CIUSSS pro­cède à de nom­breuses dé­marches pour re­cru­ter, dont des sa­lons de l’em­ploi et en ap­pro­chant les can­di­dates à la pro­fes­sion.

(Pho­to : Archives)

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