Le taux d’em­ploi des im­mi­grants s'amé­liore à Mon­tréal

Progrès Saint-Leonard - - ACTUALITÉS - QUEN­TIN PARISIS

Le bi­lan éco­no­mique du Grand Mon­tréal montre un es­sor de l’em­ploi dans la ré­gion mé­tro­po­li­taine et cette vi­ta­li­té se ré­per­cute no­tam­ment sur le taux d’em­ploi des im­mi­grants. Des in­quié­tudes de­meurent ce­pen­dant dès qu’il s’agit de la pro­duc­ti­vi­té et de l’ac­cès à des em­plois qua­li­fiés.

Les feux sont glo­ba­le­ment au vert en ma­tière d’em­ploi dans la ré­gion mé­tro­po­li­taine

Se­lon le bi­lan éco­no­mique du Grand Mon­tréal dres­sé par la Com­mu­nau­té Mé­tro­po­li­taine de Mon­tréal (CMM), le taux chô­mage dans la ré­gion est à son ni­veau le plus faible de­puis 1975, à 6,6 %.

Le bi­lan ré­vèle que la pro­por­tion d’im­mi­grants oc­cu­pant un em­ploi a crû for­te­ment en 2017 pour s’éta­blir à 61 %. Il n’était que de 52,9 % en 2009.

Ce chiffre est ce­pen­dant à re­mettre en pers­pec­tive puisque le taux de chô­mage des im­mi­grants – en par­ti­cu­lier ce­lui des im­mi­grants ré­cents – conti­nue de dé­pas­ser ce­lui des Mon­tréa­lais nés au Ca­na­da. Tou­te­fois, l’écart entre ces deux groupes s’est ré­tré­ci, pas­sant de 6,4 % en 2009 à 3,5 % en 2017.

Li­na Raf­foul, Di­rec­trice gé­né­ral d’ho­ri­zon Car­rière à Saint-léo­nard, en lien di­rect avec les po­pu­la­tions im­mi­grantes en re­cherche d’em­ploi, as­sure que ces chiffres re­flètent la réa­li­té.

« Les en­tre­prises nous sol­li­citent et sont très ou­vertes. On est pas­sé d’une si­tua­tion où on de­vait faire de la pro­mo­tion de nos ser­vices à une po­si­tion de de­mande » ex­plique-t-elle.

Plu­sieurs fac­teurs ex­plique le meilleur taux d’em­ploi chez les im­mi­grants ré­vèle Maxime Trot­tier, éco­no­miste à la CMM. D’une part, les ser­vices de pro­duc­tion qui sont gé­né­ra­teurs d’em­plois tels que les en­tre­prises de trans­port, les ser­vices ad­mi­nis­tra­tifs ou fi­nan­ciers se trouvent glo­ba­le­ment dans le centre ur­bain, lieu de ré­si­dence des im­mi­grants.

D’autre part, le vieillis­se­ment des «ba­by-boo­mers» na­tifs du Ca­na­da gé­nère un re­nou­vel­le­ment et im­plique un be­soin de main d’oeuvre que les em­ployeurs com­pensent grâce à la po­pu­la­tion im­mi­grante ac­tive.

La hausse du taux d’em­ploi s’ac­com­pagne d’une vi­ta­li­té éco­no­mique plus im­por­tante, en par­ti­cu­lier celle concer­nant les mises en chan­tier de lo­ge­ments et la consom­ma­tion.

UNE AMÉ­LIO­RA­TION À RE­LA­TI­VI­SER

Mal­gré ces bons chiffres, le taux de pro­duc­ti­vi­té dans la ré­gion mé­tro­po­li­taine de­meure l’un des plus faibles en Amé­rique du Nord. Le PIB par em­ploi n’a pro­gres­sé que de 0.2 % de­puis 2014.

Les au­teurs du bi­lan ex­pliquent que la sous-sco­la­ri­sa­tion est une des rai­sons du faible taux de pro­duc­ti­vi­té.

Maxime Trot­tier note ce­pen­dant que le ni­veau sco­laire à Mon­tréal a ten­dance à se bo­ni­fier de­puis l’an 2000, et que, par consé­quence, le taux de pro­duc­ti­vi­té de­vrait mé­ca­ni­que­ment s’amé­lio­rer.

Il est ce­pen­dant dif­fi­cile d’éta­blir une date ou une an­née pré­cise pour que cette amé­lio­ra­tion soit vi­sible, puis­qu’il s’agit d’un pro­ces­sus long. Un autre pro­blème se pose se­lon Li­na Raf­foul. « Les de­man­deurs d’asile sont sou­vent prêts à ac­cep­ter des em­plois qui ne de­mandent au­cune qua­li­fi­ca­tion et mettent en gé­né­ral peu de temps à trou­ver. Le pro­blème est plus com­plexe dès lors qu’il s’agit d’un em­ploi qua­li­fié, car les im­mi­grants ont sou­vent du mal à faire re­con­naitre leurs com­pé­tences » dé­taille-t-elle.

Les exi­gences des ordres pro­fes­sion­nels ou les exi­gences re­quises pour la fonc­tion pu­blique, par­fois peu en lien avec l’em­ploi et les com­pé­tences re­quises, sont un frein à l’ac­ces­sion à l’em­ploi pour les per­sonnes im­mi­grantes.

La bu­reau­cra­tie peut po­ser pro­blème mal­gré des can­di­dats de qua­li­té, ce qui ne manque pas de créer de la frus­tra­tion ex­plique Li­na Raf­foul.

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