Les del­tas, des points chauds

Québec Science - - CLIMAT -

Dans les Sun­dar­bans, de l’autre cô­té de la fron­tière, au Ban­gla­desh, 32 % des fa­milles comptent un ou des mi­grants. Dans un son­dage me­né par l’Uni­té de re­cherche sur les mou­ve­ments mi­gra­toires et de ré­fu­giés (RMMRU) de l’Uni­ver­si­té de Dac­ca au­près de ces fa­milles, à peine 1,5 % des ré­pon­dants a in­di­qué la dé­gra­da­tion en­vi­ron­ne­men­tale comme pre­mière rai­son de mi­grer.

Les par­ti­ci­pants pou­vaient ce­pen­dant don­ner un deuxième mo­tif de mi­gra­tion. Les dé­parts de­viennent alors mo­ti­vés à 28 % par l’en­vi­ron­ne­ment. « La mi­gra­tion est mul­ti­cau­sale, mais les stress en­vi­ron­ne­men­taux jouent un rôle im­por­tant », in­siste Mo­ham­mad Ra­shed Alam Bhuiyan, cher­cheur à la RMMRU joint par té­lé­phone.

Il faut dire que le scé­na­rio est en­core plus ca­tas­tro­phique au Ban­gla­desh qu’en Inde : le tiers de la po­pu­la­tion vit dans les zones cô­tières, soit 54 mil­lions d’in­di­vi­dus ou une fois et de­mie la po­pu­la­tion du Ca­na­da. Le pays per­dra plus de 20 % de son ter­ri­toire d’ici 2100 si le ni­veau de la mer monte d’un mètre, ré­pète le Groupe d’ex­perts in­ter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évo­lu­tion du cli­mat, rap­port après rap­port.

La mi­gra­tion est ce­pen­dant plus forte dans le del­ta du fleuve Vol­ta, au Gha­na. Jus­qu’à 49 % des mé­nages in­ter­ro­gés com­pre­naient une ou plu­sieurs per­sonnes ayant quit­té son vil­lage d’ori­gine (contre 18 % dans le del­ta des Sun­dar­bans en Inde).

La pro­por­tion des ré­pon­dants ci­tant la dé­gra­da­tion en­vi­ron­ne­men­tale y était ce­pen­dant presque nulle, même si 67 % ont dit être ex­po­sés à des « risques » de ce type, sur­tout la sé­che­resse.

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