Le phé­no­mène Lu­cas Hedges

De­puis 2012, la car­rière de l’ac­teur ne fait que prendre de la vi­tesse, au même rythme que Lu­cas gagne en ex­pé­rience. Il est clair qu’un ave­nir des plus glo­rieux se des­sine pour le jeune homme de 21 ans.

Riches et Célèbres - - Sommaire -

Fils du réa­li­sa­teur Pe­ter Hedges et de l’ac­trice Su­san Bruce, Lu­cas Hedges a été re­pé­ré lors d’un spec­tacle sco­laire par un di­rec­teur de cas­ting, qui lui a of­fert un pe­tit rôle dans le film Moon­rise King­dom. Quatre ans plus tard, alors qu’il n’avait même pas ter­mi­né ses études en théâtre, il a été nom­mé aux Os­cars dans la ca­té­go­rie du meilleur ac­teur dans un se­cond rôle pour son per­son­nage de Kyle Chand­ler dans Man­ches­ter

by the Sea. Et ce n’est qu’un dé­but!

DANS LA COUR DES GRANDS

Lu­cas a tour­né dans pas moins de trois longs-mé­trages cette an­née. Il a d’abord joué un grand frère abu­sif dans

Été ’95, réa­li­sé par Jo­nah Hill, et il a pour la toute pre­mière fois in­ter­pré­té non pas un, mais deux rôles prin­ci­paux: l’un dans Ben Is Back, écrit et réa­li­sé par son père, et l’autre dans Gar­çon ef­fa­cé, réa­li­sé par Joel Ed­ger­ton (en salle de­puis le 9 no­vembre). «Il a une vé­ri­table qua­li­té de mon­sieur Tout-le-monde» , a in­di­qué Ed­ger­ton lors d’une

en­tre­vue avec Vul­ture.

BIEN­VE­NUE À BROAD­WAY

En plus d’avoir tour­né trois films en 2018, Hedges a dé­ci­dé de tes­ter ses li­mites en par­ti­ci­pant à une nou­velle pièce pré­sen­tée à Broad­way, The Wa­ver­ly Gal­le­ry. «Comme tous les pro­jets d’en­ver­gure, c’est une de ces choses aux­quelles, hon­nê­te­ment, je ne sais pas si je vais sur­vivre» , at-il confié, peu de temps avant la pre­mière re­pré­sen­ta­tion… qui s’est très bien pas­sée, soit dit en pas­sant.

RE­MISE EN QUES­TION

Cette in­sé­cu­ri­té semble ac­com­pa­gner l’ac­teur dans tous ses pro­jets, mal­gré le fait que ses der­niers films ont tous été ac­cla­més par la cri­tique et que les réa­li­sa­teurs font la file pour pou­voir tra­vailler avec lui. «Il est char­mant, drôle, in­tel­li­gent, émo­tif et po­ly­va­lent. Qui ne vou­drait pas tra­vailler avec lui?» , a ques­tion­né le dra­ma­turge Ken­neth Lo­ner­gan, l’homme der­rière Man­ches­ter by the Sea. «Je ne

re­garde même pas mes films, sur­tout parce que je sens que j’en suis le pire élé­ment» , a avoué Lu­cas, ajou­tant qu’après le tour­nage, il a cru avoir rui­né Man­ches­ter by the Sea. Pour­tant, il a été nom­mé aux Os­cars pour ce film! «Il est in­croya­ble­ment dur en­vers lui-même» , a consta­té Ed­ger­ton.

ÉVO­LUER POUR LE MIEUX

Hedges en est en­core à ap­pri­voi­ser les aléas de sa cé­lé­bri­té ré­cente et en­vie les stars qui ont l’air de s’y adap­ter fa­cile

ment. «Je suis pas mal dans le conflit et la confu­sion de ma propre vie, en­core, et je sens une pres­sion de mon­ter d’un cran, d’une cer­taine fa­çon, a-t-il ex­pli­qué. Je veux évo­luer dans mon art et je ne sais pas tout à fait comment dans ma vie» , a-t-il pour­sui­vi. Il en est aux mêmes ques­tion­ne­ments en ce qui concerne sa vie per­son­nelle. Le jeune homme, qui s’est épris par le pas­sé de ca­ma­rades mas­cu­lins comme fé­mi­nins, ne sait pas trop où se ran­ger dans tout ça: «Je me sens mal de ne pas être à 100 % d’un cô­té ou de l’autre. Je com­prends que j’existe dans ce spec­trum: pas to­ta­le­ment hé­té­ro, mais pas non plus gay et pas né­ces­sai­re­ment bi­sexuel.»

Pour le mo­ment, l’ac­teur pro­fite de sa vie de jeune adulte, prend les choses comme elles passent et tente d’igno­rer le fait qu’il porte main­te­nant le titre de ve­dette hol­ly­woo­dienne. Il re­fuse, par exemple, de s’ins­crire sur les ré­seaux so­ciaux: «La seule vi­si­bi­li­té que j’ai pour les grou­pies est sur les

ta­pis rouges et les évé­ne­ments mon­dains. Quand je re­viens à la mai­son, je veux une vie nor­male» , ré­vé­lait-il à Page Six l’an pas­sé. Au­jourd’hui en­core, il garde cette même

po­si­tion: «Je ne crois pas que le ta­lent re­pose sur l’im­pul­sion du mo­ment. C’est très pos­sible que la cé­lé­bri­té le fasse, a-t-il dit du­rant un en­tre­tien pa­ru dans le ma­ga­zine GQ. Mais je ne sais pas, je ne pense pas que je sois vrai­ment fait pour la gloire» , a-t-il conclu. Ta­len­tueux comme il est, Lu­cas de­vra s’ha­bi­tuer à avoir du suc­cès! H

On sent tout de suite que l’ac­teur est mal à l’aise et sur­pris lorsque des pho­to­graphes l’ac­costent dans la rue… Il au­ra mal­heu­reu­se­ment tout le temps de s’y ha­bi­tuer.

Moon­rise King­dom (2012). La­dy Bird (2017). Le théo­rème zé­ro (2013). Ben Is Back (2018). En six ans seule­ment, Lu­cas a joué dans les films des réa­li­sa­teurs les plus pri­sés, de Wes An­der­son à Ter­ry Gilliam, en plus d’avoir pris de la graine de stars de re­nom al­lant de Ni­cole Kid­man à Ed­ward Nor­ton ou Ch­ris­toph Waltz, en pas­sant par Frances McDor­mand.

Gar­çon ef­fa­cé (2018). Sale temps à l’hô­tel El Royale

Avant même la fin des ré­pé­ti­tions, Lu­cas a com­pris que le théâtre était une ex­pé­rience to­ta­le­ment dif­fé­rente du ci­né­ma!

Trois af­fiches tout près d’Eb­bing, Mis­sou­ri (2017). Man­ches­ter by the Sea (2016).

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