TRAQUEUR DE PYTHONS

ALORS QUE LES PYTHONS BIRMANS RA­VAGENT LA FAUNE DE FLO­RIDE, NOTRE JOUR­NA­LISTE AP­PREND SUR LE TER­RAIN COM­MENT S’OR­GA­NISE LA LUTTE

Sélection - - La Une - PAR RO­BERT KIENER

IL EST PAS­SÉ 17 H et j’avance sur une digue dans une sec­tion clô­tu­rée des Ever­glades ra­re­ment vi­si­tée par le pu­blic, à quelque 65 km de Mia­mi, en Flo­ride. L’air lourd et hu­mide grouille de mous­tiques, de si­mu­lies et autres in­sectes vrom­bis­sants que je ne cesse de chas­ser de mon vi­sage et de ma peau dé­nu­dée. Des mil­lions de gre­nouilles li­tho­bates gry­lio coassent, ajou­tant leur choeur à cette sym­pho­nie na­tu­relle.

À l’oc­ca­sion, un al­li­ga­tor noir de jais quitte la digue sur la­quelle je marche

dans un plon­geon so­nore ; d’autres me fixent d’un oeil mé­fiant mais de­meurent im­mo­biles, à se chauf­fer au so­leil de fin d’après-mi­di. De ma­jes­tueux hé­rons, des ai­grettes, des an­hin­gas et d’in­nom­brables oi­seaux aqua­tiques jaillissent des pins d’El­liott, des cy­près, et des pa­lé­tu­viers pour s’éle­ver dans le ciel.

Les 3800 km2 des Ever­glades, connus sous le nom de «ri­vière d’herbe», s’étendent aus­si loin que porte mon re­gard, émaillés çà et là d’îles ar­bo­rées, de tertres et de ma­ré­cages se­més de ma­risque. La scène est aus­si mer­veilleu­se­ment belle qu’elle est sau­vage. Et, comme je l’ap­pren­drai bien­tôt, elle peut être ex­trê­me­ment dan­ge­reuse.

JE ME SUIS REN­DU dans le sud de la Flo­ride pour com­prendre com­ment les chas­seurs de ser­pents aident le gou­ver­ne­ment à af­fron­ter la ré­cente ex­plo­sion de pythons birmans, une es­pèce in­va­sive qui fait des ra­vages dans la faune lo­cale en dé­vo­rant presque tout sur son pas­sage–des ra­tons la­veurs aux écu­reuils en pas­sant par les la­pins et les re­nards. Le New York Times a dé­crit ces en­va­his­seurs comme « le ser­pent qui dé­vore la Flo­ride ».

Il y a 30 ans, on n’ob­ser­vait au­cun py­thon bir­man dans les Ever­glades ; au­jourd’hui, la plu­part des spé­cia­listes s’ac­cordent à dire qu’ils sont entre 100 000 et 200 000. Et ils se re­pro­duisent à un rythme alar­mant. Dans un ul­time ef­fort fi­nan­cé par le gou­ver­ne­ment pour ju­gu­ler cette in­va­sion, des chas­seurs sont payés pour cap­tu­rer et tuer ces puis­sants ser­pents, qui peuvent at­teindre six mètres de long, le dia­mètre d’un po­teau té­lé­gra­phique, et pe­ser plus de 90 kg.

J’ac­com­pagne Tom Ra­hill, tech­ni­cien des té­lé­com­mu­ni­ca­tions le jour et chas­seur de pythons le soir et les wee­kends. Il a cap­tu­ré plus de 500 rep­tiles au cours de la der­nière dé­cen­nie et sa vir­tuo­si­té lui a va­lu le sur­nom de « chu­cho­teur de ser­pents ». Tom est éga­le­ment le fon­da­teur des Swamp Apes (« singes des ma­rais »), un groupe de bé­né­voles qui em­mènent des vé­té­rans de guerre souf­frant de trouble de stress post-trau­ma­tique dans les Ever­glades. « C’est un ex­cellent moyen de leur chan­ger les idées », ex­plique-t-il.

Alors que nous pro­gres­sons sur la digue, j’ob­serve Tom en­fon­cer un bâ­ton de bois in­cur­vé de 1,5 m, la « canne à ser­pent », dans un four­ré d’herbe dense sur un lit de bois dur. Il in­dique une zone apla­tie et me dit : « On est en plein ter­ri­toire des pythons birmans. On peut voir là où ils se sont frayé un che­min dans l’herbe. »

Tout en cher­chant d’autres traces de leur pré­sence, des mues par exemple, il me rap­pelle que ce py­thon est ra­pi­de­ment de­ve­nu le pire pré­da­teur des Ever­glades. « La faune lo­cale ne fait pas le poids, sou­tient-il. Ils ont man­gé presque tous les pe­tits mam­mi­fères de la ré­gion, et main­te­nant ils s’at­taquent même aux al­li­ga­tors. Ce sont des ani­maux ma­gni­fiques, mais ils n’ont rien

à faire ici.» L’homme de 61 ans s’ar­rête pour s’épon­ger le front et ajoute : « Cette in­va­sion est une tra­gé­die pour les Ever­glades. »

Sou­dain, il s’im­mo­bi­lise et com­mence à hu­mer l’air. «Les dé­jec­tions de py­thon sont ter­ri­ble­ment âcres. Une fois qu’on l’a sen­tie, on n’ou­blie ja­mais cette odeur, m’an­nonce-t-il dans un large sou­rire. C’est très fa­cile de pas­ser à cô­té d’eux sans les voir, ils sont par­fai­te­ment ca­mou­flés. » En quelques mi­nutes il re­père une mue fraîche au sol. « C’était un gros spé­ci­men. Peut-être trois mètres, com­mente-t-il en sou­le­vant le tun­nel trans­lu­cide de peau des­qua­mée, vieux de quelques jours. Je sa­vais que nous étions au bon en­droit ! »

Tout en conti­nuant à cher­cher et à son­der les brous­sailles, j’en­fonce ma propre canne à ser­pent dans le dense sous-bois et les cre­vasses de la roche cal­caire. Alors que j’avance sur la digue, évi­tant soi­gneu­se­ment les buis­sons de su­mac qui peuvent pro­vo­quer une vi­laine érup­tion cu­ta­née, je sens une main sur mon épaule et en­tends Tom crier : « Stop ! At­ten­tion ! »

Je me pé­tri­fie. Il pointe du doigt un mo­cas­sin d’eau tra­pu à tête tri­an­gu­laire, en­rou­lé au pied d’un faux-poi­vrier à quelques cen­ti­mètres à peine de ma chaus­sure, prêt à frap­per. Je n’avais pas vu ce cro­tale très ve­ni­meux de 120 cm (aus­si ap­pe­lé cot­ton­mouth).

« S’il t’avait mor­du, pré­vient Tom tan­dis que je re­cule, ta car­rière de chas­seur de ser­pents s’ar­rê­tait là. » Le front ruis­se­lant, je prends note : à par­tir de main­te­nant, je mar­che­rai der­rière le chu­cho­teur de ser­pents. Et je se­rai vi­gi­lant.

POUR COM­PRENDRE l’ori­gine de cette in­va­sion de pythons, j’ai d’abord ren­du vi­site à Frank Maz­zot­ti, 69 ans, pro­fes­seur d’éco­lo­gie et de conser­va­tion de la faune à l’Uni­ver­si­té de Flo­ride. Il a étu­dié les plantes et es­pèces ani­males in­va­sives pen­dant 40 ans, dont 12 ans de re­cherche sur les rep­tiles in­va­sifs.

As­sis dans son bu­reau en­so­leillé, je lui de­mande com­bien de pythons se sont éta­blis dans le sud de la Flo­ride et les Ever­glades.

« Vous avez en­ten­du par­ler d’es­ti­ma­tions entre 30 000 et 200 000, n’est-ce pas ? ré­torque-t-il. Per­sonne ne connaît leur nombre exact, car les pythons sont dif­fi­ciles à re­pé­rer. » Après un si­lence, il me re­garde droit dans les yeux et ajoute: «Ce qu’on sait, tou­te­fois, c’est qu’ils sont beau­coup, beau­coup trop ! »

Pour de nom­breux spé­cia­listes, l’in­va­sion de pythons au sud de la Flo­ride a com­men­cé dans les an­nées 1980 lorsque des pro­prié­taires de ser­pents, pro­ba­ble­ment las­sés de ces rep­tiles à la crois­sance ra­pide (au sor­tir de l’oeuf, ils me­surent en moyenne 55 cm et peuvent at­teindre 3 m en moins de deux ans), les ont re­lâ­chés dans les Ever­glades. « On sup­pose que les pro­prié­taires ne vou­laient pas les tuer et les ont donc lais­sés s’échap­per là, dit le pro­fes­seur Maz­zot­ti. Grave er­reur. »

Comme d’autres, Frank Maz­zot­ti pointe aus­si du doigt le com­merce des ani­maux de com­pa­gnie comme pos­sible res­pon­sable de l’in­va­sion. Il pense, en rai­son de la pau­vre­té de leur di­ver­si­té gé­né­tique, que les ser­pents ont été dé­li­bé­ré­ment ou ac­ci­den­tel­le­ment re­lâ­chés par des ven­deurs de rep­tiles il y a quelques di­zaines d’an­nées. Cer­tains sou­tiennent aus­si que l’ou­ra­gan An­drew de 1992 a pu en­dom­ma­ger des bâ­ti­ments d’éle­vage, li­bé­rant l’es­pèce dans un éco­sys­tème.

Ces pythons birmans ont bien­tôt do­mi­né leur en­vi­ron­ne­ment, au­quel ils sont par­fai­te­ment adap­tés, af­firme le pro­fes­seur Maz­zot­ti. Ils sont souples en termes d’ali­men­ta­tion et d’ha­bi­tat. Au contraire de beau­coup d’autres es­pèces, ils changent fa­ci­le­ment de ré­gime ali­men­taire et avalent ce qui est dis­po­nible.

Le pro­fes­seur les dé­crit comme des man­geurs vo­races. «Et ils ne sont pas très dif­fi­ciles concer­nant leur lieu de vie. » Pis en­core pour leurs proies flo­ri­diennes: ils sont re­mar­qua­ble­ment fer­tiles. Une fe­melle peut pondre entre 50 et 100 oeufs par sai­son.

Les pythons birmans sont d’ha­biles pré­da­teurs d’em­bus­cade, pré­fé­rant at­tendre leur proie, im­mo­biles, avant de frap­per et de l’at­tra­per entre plu­sieurs ran­gées de dents poin­tues comme des ai­guilles in­cli­nées vers l’ar­rière. Ils s’en­roulent en­suite au­tour d’elle et la com­priment dans leurs an­neaux jus­qu’à ce qu’elle cesse de res­pi­rer. À quel point sont-ils ef­fi­caces ? Une étude a dé­mon­tré qu’au cours des 20 der­nières an­nées les pythons avaient pro­ba­ble­ment dé­vo­ré tous les la­pins et re­nards du coin, ain­si que plus de 85 % des opos­sums, ra­tons la­veurs et lynx.

Éton­nam­ment, en « ré­tré­cis­sant » leurs or­ganes vi­taux et en ra­len­tis­sant leur mé­ta­bo­lisme, ces pythons peuvent aus­si pas­ser jus­qu’à un an sans man­ger. Ils sont en outre maîtres dans l’art du ca­mou­flage ; leur li­vrée brune et fauve les rend in­vi­sibles dans

la na­ture. Frank Maz­zot­ti se sou­vient avoir re­lâ­ché une fe­melle de plus de quatre mètres équi­pée d’un trans­pon­deur dans les Ever­glades. « Je la te­nais par la queue, mais dès qu’elle a on­du­lé dans l’eau, même si j’avais tou­jours sa moi­tié pos­té­rieure dans les mains, je ne pou­vais plus dis­tin­guer sa moi­tié avant. C’était comme si cette par­tie avait sou­dain dis­pa­ru. Ima­gi­nez que le meilleur chas­seur au monde porte un vê­te­ment de ca­mou­flage ul­tra per­fec­tion­né. Les pythons sont ain­si. »

Quelles sont les pro­ba­bi­li­tés d’ar­rê­ter ou d’in­ver­ser cette in­va­sion? Le cher­cheur se­coue la tête : « Nous ar­ri­vons 10 ans trop tard. J’ai bien peur que les pythons soient ici pour de bon. »

JE ME SOU­VIENS de la phrase de Frank Maz­zot­ti sur le ca­mou­flage après plu­sieurs jours à battre la cam­pagne dans les Ever­glades en com­pa­gnie de Tom Ra­hill, sans aper­ce­voir un seul py­thon. Nous avons ar­pen­té les digues, le long de quelques-uns des cen­taines de ca­naux gé­rés par le South Flo­ri­da Wa­ter Ma­na­ge­ment Dis­trict (SFWMD), et pa­tau­gé dans les eaux troubles des Ever­glades elles-mêmes. Nous avons vu de nom­breux autres ser­pents, des mo­cas­sins d’eau aux cou­leuvres agiles en pas­sant par les ser­pents co­rail et les cro­tales dia­man­tins, ain­si que d’in­nom­brables al­li­ga­tors, tor­tues et oi­seaux aqua­tiques, mais nous n’avons tou­jours pas dé­cou­vert le moindre py­thon.

Ce soir, nous ten­tons une nou­velle ap­proche ; nous al­lons conduire len­te­ment le long des ca­naux dans la vieille ca­mion­nette de Tom, dans l’es­poir d’aper­ce­voir un rep­tile sur la route ou la digue. Comme il me l’a ex­pli­qué, «par­cou­rir les routes est un ex­cellent

moyen de ren­con­trer des pythons qui ont ser­pen­té hors des Ever­glades pour se chauf­fer sur l’as­phalte ».

Je re­joins Tom près de Ken­dall, à en­vi­ron 25 km au sud-ouest de Mia­mi, près de la li­mite orien­tale des Ever­glades. Il a équi­pé sa ca­mion­nette de lampes puis­santes sur les deux flancs et à l’avant. Le so­leil se couche, et alors que nous sommes sur le point de dé­ver­rouiller l’un des por­tails du SFWMD pour dé­mar­rer nos re­cherches, un ha­bi­tant des lieux nous aborde à che­val.

Ni­cky Gar­cia, 66 ans, vi­sage bu­ri­né et sou­rire cha­leu­reux, se pré­sente et nous ex­plique qu’il est pro­prié­taire de­puis 30 ans d’une mai­son dans la zone des Ever­glades ap­pe­lée Ro­cky Glades. Lors­qu’il ap­prend que nous chas­sons les pythons birmans, il nous serre la main.

« Mer­ci, dit-il. Ils ont eu bon nombre de mes bêtes ! » Au fil des ans, il a per­du plus de 60 poules et au moins cinq chèvres, dé­vo­rées par les rep­tiles. « At­tra­pez-les. Je vous en prie », im­plo­ret-il avant de re­par­tir.

Nous rou­lons le long d’un ca­nal, nos pro­jec­teurs éclai­rant vi­ve­ment des deux cô­tés de la ca­mion­nette de Tom. Il me rap­pelle ce que je dois cher­cher : « Un py­thon sur la route en face de nous est fa­cile à re­pé­rer ; il res­sem­ble­ra à un dos d’âne, ex­plique-t-il. Mais si tu re­gardes au pied de la digue dans les Ever­glades, tu cherches tout ce qui ne semble pas faire par­tie du pay­sage ; tout ce qui sort de l’or­di­naire. »

« Si nous en dé­cou­vrons un gros, tu de­vras at­tra­per sa queue pen­dant que je m’oc­cupe de la tête. Tu penses en être ca­pable ? me de­mande-t-il. — Bien sûr, dis-je en men­tant. — Su­per. Une der­nière chose. Il risque cer­tai­ne­ment de dé­fé­quer par­tout sur toi. »

Ce n’est pas le mo­ment d’avoir des re­grets, mais je me sou­viens tout à coup d’une his­toire à pro­pos d’un vil­la­geois in­do­né­sien de 25 ans qui a ré­cem­ment dis­pa­ru sur une plan­ta­tion d’huile de palme. Le len­de­main, on l’a re­trou­vé à l’in­té­rieur d’un py­thon bir­man géant de sept mètres de long, qui l’avait tué et ava­lé tout en­tier. En Flo­ride, en 2009, un py­thon do­mes­tique de 2,5 m a tué une fillette de deux ans. Mais je me rap­pelle que les at­taques de py­thon contre des hu­mains sont rares.

Il fait noir dé­sor­mais, c’est la pleine lune, et on di­rait que nous condui­sons à tra­vers un tun­nel de lu­mière. Tom

Ra­hill sur­veille la digue en me ra­con­tant des «his­toires de guerre» au su­jet de ses an­ciennes cap­tures. Il me dé­crit la fois où il a re­pé­ré un py­thon de 3,5 m qui ser­pen­tait dans les Ever­glades de­puis la digue.

« À l’ins­tant où je l’ai aper­çu, j’ai en­fon­cé la pé­dale de frein, me suis pré­ci­pi­té et l’ai at­tra­pé par la queue juste avant qu’il dis­pa­raisse dans l’eau. Il était in­croya­ble­ment fort et j’étais seul, se sou­vient-il. Après m’être bat­tu avec lui plus de 10 mi­nutes, j’ai réus­si à le ra­me­ner sur la terre ferme et à le maî­tri­ser, avant de l’en­fer­mer dans une grande taie d’oreiller. J’ai eu des cour­ba­tures pen­dant une se­maine. »

Une autre fois, il a vu un énorme py­thon qui ve­nait tout juste de se glis­ser dans l’eau. Avec un ami, ils l’ont at­tra­pé par la queue, mais le ser­pent était si fort qu’il les a tous deux traî­nés dans l’eau sur près de 20 m avant de par­ve­nir à s’échap­per en na­geant. « Il nous a ti­rés sans faire au­cun ef­fort. C’était ef­frayant. »

À cet ins­tant pré­cis, comme s’il at­ten­dait ce si­gnal, Tom tourne sur une autre digue et s’écrie sou­dain : « SER­PENT ! » Là, tra­ver­sant len­te­ment la route de cal­caire concas­sé de la digue, se trouve un py­thon bir­man. Tom pile net, ouvre sa por­tière à la vo­lée et se rue sur lui. Il semble me­su­rer entre 1,5 m et 1,8 m – « un ado­les­cent, mais un cos­taud », crie Tom. Son ventre épais et re­bon­di in­dique qu’il a ré­cem­ment tué et dé­vo­ré une proie.

Tom sau­tille et lou­voie ha­bi­le­ment, dan­sant au­tour du ser­pent qui tente de l’at­ta­quer. Il le sai­sit en­suite d’une main ferme der­rière la tête.

« At­trape la queue », m’or­donne-t-il. Il tient la tête du ser­pent et j’agrippe sa queue, éba­hi en sen­tant les muscles puis­sants du rep­tile alors qu’il lutte pour se li­bé­rer. J’af­fer­mis ma prise tan­dis qu’il tente de m’échap­per et s’en­roule au­tour de mon bras. Puis, juste comme Tom l’avait pré­dit, il me dé­fèque des­sus.

Mon pan­ta­lon est ma­cu­lé des taches blanches des dé­jec­tions du rep­tile, ex­ha­lant un musc pois­seux et sul­fu­reux. Peu im­porte. Nous en avons en­fin cap­tu­ré un. Tom et moi nous ta­pons dans la main. Plus tard, il tue­ra l’ani­mal et le re­met­tra au SFWMD contre paie­ment – presque 100 $ pour un ani­mal de cette taille. Même s’il est dé­jà plus de 3 h du ma­tin, il me de­mande si je veux conti­nuer la chasse. « Al­lons-y ! » je lui ré­ponds aus­si­tôt. Comme le di­sait Frank Maz­zot­ti, il reste en­core beau­coup trop de pythons.

NDLR : Le South Flo­ri­da Wa­ter Ma­na­ge­ment Dis­trict a ré­cem­ment an­non­cé que les chas­seurs agréés avaient cap­tu­ré et tué le mil­lième py­thon bir­man dans le cadre de son Py­thon Eli­mi­na­tion Pro­gram, qui a dé­mar­ré en mars 2017. Plus ré­cem­ment, après avoir ré­sis­té pen­dant des an­nées, le parc na­tio­nal des Ever­glades a ou­vert son ter­ri­toire aux chas­seurs de pythons.

Le « chu­cho­teur de ser­pents » Tom Ra­hill a cap­tu­ré plus de 500 pythons birmans au cours des 10 der­nières an­nées.

Tom Ra­hill (tout à droite) mène une équipe des SwampApes à la chasse au py­thon.

L’au­teur, Ro­bert Kiener, avec le py­thon qu’il a cap­tu­ré avec Tom Ra­hill.

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