Vivre avec le lu­pus

Que faire quand l’or­ga­nisme se sa­borde ?

Sélection - - Sommaire - PAR SA­MAN­THA RIDEOUT

LE LU­PUS, « LOUP » EN LA­TIN, de­vrait son nom aux lé­sions cu­ta­nées ja­dis com­pa­rées à des mor­sures de loup. Il s’agit d’une ma­la­die « sys­té­mique » parce qu’elle peut tou­cher n’im­porte quelle par­tie du corps, voire tout l’or­ga­nisme, et « au­toim­mune », parce qu’elle ré­sulte d’un ex­cès de zèle du sys­tème im­mu­ni­taire, qui s’at­taque à des tis­sus sains.

Ses ef­fets va­rient en fonc­tion des ré­gions tou­chées. Une rou­geur en forme de pa­pillon sur une joue et l’arête du nez est un signe ca­rac­té­ris­tique, qui ne se ma­ni­feste tou­te­fois que dans le tiers des cas. Il existe d’autres in­di­ca­teurs de la ma­la­die : lé­sions cu­ta­nées an­nu­laires, ul­cé­ra­tions dans la bouche ou le nez, fièvre, fa­tigue, ar­thrite, dou­leur mus­cu­laire, es­souf­fle­ment et sé­che­resse ocu­laire. La plu­part de ces symp­tômes vont et viennent, de pé­riode ac­tive (pous­sées) en phase de ré­mis­sion.

Bien qu’il y ait une pré­dis­po­si­tion gé­né­tique, d’autres fac­teurs dé­clen­che­raient le lu­pus et ses pous­sées, tels que les rayons ul­tra­vio­lets, le stress, les in­fec­tions (le zo­na ou le rhume, entre autres) et cer­tains mé­di­ca­ments (no­tam­ment les an­ti­bio­tiques sul­fa­mi­dés). Dans ces der­niers cas, les symp­tômes dis­pa­raissent dès l’ar­rêt du mé­di­ca­ment. Au­tre­ment, les lu­pus doivent constam­ment être sur­veillés. Les femmes sont neuf fois plus tou­chées que les hommes, sans doute en rai­son des hor­mones et des chro­mo­somes sexuels.

Si on vous diag­nos­tique un lu­pus, tâ­chez de ré­duire votre ex­po­si­tion aux élé­ments dé­clen­cheurs. Lors des

pous­sées, les an­ti-in­flam­ma­toires non sté­roï­diens (AINS) et les cor­ti­co­sté­roïdes em­pêchent l’in­flam­ma­tion, cau­sée par le sys­tème im­mu­ni­taire, d’en­dom­ma­ger de ma­nière per­ma­nente cer­tains or­ganes – reins, pou­mons et coeur. « Un lu­pus ac­tif est comme un vent de tem­pête tro­pi­cale, pré­cise le Dr Da­vid Isen­berg, au­teur prin­ci­pal d’un ou­vrage sur le trai­te­ment du lu­pus pu­blié par la Bri­tish So­cie­ty for Rheu­ma­to­lo­gy. Il faut ra­pi­de­ment le maî­tri­ser pour ré­duire les dé­gâts qui pour­raient se ré­vé­ler ir­ré­pa­rables. »

Ce­la dit, ces mé­di­ca­ments ont des ef­fets se­con­daires : troubles di­ges­tifs après un re­cours pro­lon­gé aux AINS, et os­téo­po­rose liée à l’uti­li­sa­tion de sté­roïdes. Votre rhu­ma­to­logue trou­ve­ra le bon équi­libre et vous pro­po­se­ra un ré­gime de vie adap­té. Un sui­vi ré­gu­lier per­met de trai­ter ra­pi­de­ment les com­pli­ca­tions. Le lu­pus est à prendre au sé­rieux, mais avec une bonne sur­veillance, une prise ri­gou­reuse des mé­di­ca­ments, un sou­tien af­fec­tif et un mode de vie sain, vous avez de sé­rieuses chances de pas­ser à tra­vers.

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