Trou­ver la sé­ré­ni­té : té­moi­gnage d’une ex-an­gois­sée

Sélection - - En Couverture - PAR ALEXIS CLARFIELD-HEN­RY RÉ­CIT DE JILL BUCH­NER

IL Y A CINQ ANS, j’avais 30 ans, je vi­vais à Londres et je tra­vaillais dans le do­maine de la pu­bli­ci­té. Un bou­lot exi­geant. Mes col­lègues me di­saient sou­vent que j’avais l’air stres­sée.

J’avais sou­vent la tête ailleurs, à res­sas­ser des conver­sa­tions en re­gret­tant de ne pas avoir dit les choses dif­fé­rem­ment, et à me de­man­der ce que les autres pen­saient de moi.

C’est une par­faite in­con­nue qui m’a pous­sée à chan­ger. Mon co­lo­ca­taire hé­ber­geait, pour quelques se­maines, une tou­riste aus­tra­lienne ; celle-ci ir­ra­diait une éner­gie in­croya­ble­ment calme. Je lui ai de­man­dé quel était son se­cret, et elle m’a ré­pon­du qu’elle pra­ti­quait la mé­di­ta­tion vé­dique – un type de mé­di­ta­tion trans­cen­dan­tale si­len­cieuse is­sue de la tra­di­tion ayur­vé­dique, se­lon la­quelle on ré­pète un man­tra dans son es­prit.

Quelques mois plus tard, ma vie étant de­ve­nue en­core plus étouf­fante, je me suis mise à pen­ser à cette femme et à sa mé­di­ta­tion. Coïn­ci­dence, elle m’a en­voyé un mes­sage à l’im­pro­viste pour me de­man­der si j’avais fi­ni par es­sayer la mé­di­ta­tion. Elle m’a re­com­man­dé un pro­fes­seur lo­cal, et je me suis ins­crite un cours, où l’on m’a don­né un man­tra que j’ai ré­pé­té en groupe.

Il a fal­lu un peu de temps pour que j’en voie les ef­fets. Du­rant ma pre­mière mé­di­ta­tion, je ré­pé­tais mon man­tra, mais je trou­vais le temps long. Quand j’ai ou­vert les yeux, le pro­fes­seur m’a de­man­dé com­ment je me sen­tais ; je n’ai rien re­mar­qué. J’ai conti­nué chaque jour, 20 mi­nutes le ma­tin et 20 mi­nutes le soir. Quelques mois plus tard, j’ai ren­du vi­site à ma fa­mille et à mes amis au Ca­na­da et ils m’ont fait re­mar­quer que j’étais beau­coup plus calme.

Au­jourd’hui, je vis à To­ron­to, je tra­vaille dans le do­maine tech­no­lo­gique et je mé­dite tou­jours deux fois par jour. J’ai fait d’autres chan­ge­ments pro­fi­tables, comme boire moins d’al­cool et faire de l’exer­cice plu­sieurs fois par se­maine. Dé­sor­mais, lorsque je mé­dite, le temps file et je dors beau­coup mieux qu’avant. Si je manque une séance, je ne suis pas aus­si alerte et je sens mes idées noires re­ve­nir.

Mes an­goisses n’ont pas dis­pa­ru mais, quand je mé­dite, elles semblent bien moins in­sur­mon­tables.

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