FON­TAINE JE NE BOI­RAI PAS DE TON EAU

Summum - - ÉDITO -

On dit que cette ci­ta­tion a été in­ven­tée au Moyen Âge en ré­fé­rence à un al­coo­lique qui au­rait af­fir­mé qu’il ne boi­rait plus ja­mais d’al­cool. Un soir, alors qu’il avait cra­qué et était ivre mort, il se­rait tom­bé dans un bas­sin et il s’y est noyé. Fin de la par­tie « édu­ca­ti­vo-lit­té­raire » de mon édi­to!

Le mois der­nier, je vous di­sais que je me lan­çais dans le dé­fi 28 jours sans al­cool, mis sur pied par la Fon­da­tion Jean La­pointe. Les sous amas­sés pen­dant le dé­fi vont di­rec­te­ment à la créa­tion d’ate­liers pour les ado­les­cents afin de les sen­si­bi­li­ser sur la consom­ma­tion d’al­cool, no­tam­ment. Au mo­ment où j’écris ces lignes, il ne reste que quelques jours au dé­fi et je l’ai re­le­vé haut la main.

Je vais être hon­nête, la mai­son a été l’hôte de la grippe, en fé­vrier. J’y ai pas­sé au dé­but du mois. Mes filles ont été ma­lades et mon chum a lit­té­ra­le­ment man­qué perdre la vie (vous autres, les gars, quand vous êtes ma­lades, vous êtes MA­LADES hein!). Une fois, je suis sor­tie avec mon amie Ma­rie-eve et j’au­rais bien pris un verre. Mer­ci au ser­veur/mixo­logue du res­tau­rant de m’avoir fait un bon pe­tit cock­tail sans al­cool… après m’avoir ju­gé gros comme le bras parce que je ne bu­vais pas. C’était sym­pa!

Le wee­kend sui­vant, un par­ty pour les 30 ans d’une de mes meilleures amies. Il y avait de l’al­cool; j’avais ache­té La Dé­cou­verte de la Mi­cro­bras­se­rie Le Bo­ckale. Sur­pre­nante, cette IPA sans al­cool! Je vous in­vite à la dé­gus­ter si ce n’est dé­jà fait; elle porte très bien son nom.

Qu’est-ce que ç’a chan­gé dans ma vie de ne pas boire pen­dant un mois? Je vais être en­core plus hon­nête : ben des af­faires. D’abord, j’ai per­du 12 livres. J’avoue, j’ai un peu (pas mal…) de poids à perdre et di­sons que les ca­lo­ries vides qui se trouvent dans l’al­cool, tu ne les comptes pas jus­qu’à ce que tu com­mences vrai­ment à voir des chan­ge­ments dans ton linge. Non, je ne bu­vais pas tant que ça. Mais 12 livres quand t’as fait au­cun autre chan­ge­ment dans ta vie, on di­rait que ça fesse en­core plus.

Autre chose très im­por­tante : le sen­ti­ment que ça fait de par­tir d’une soi­rée au res­tau­rant ou d’une veillée entre amis et ne pas avoir à se po­ser la cé­lèbre ques­tion « Est-ce que je suis cor­recte pour conduire? », c’était vrai­ment in­croyable. Moi qui pa­ni­quais fa­ci­le­ment après ce genre d’évè­ne­ments, je me suis sen­tie li­bé­rée. Et te le­ver le len­de­main ma­tin à 6 h 30 pour t’oc­cu­per des en­fants alors que tu t’es cou­chée tard, mais pas en bois­son, lais­sez-moi vous le dire : j’ai énor­mé­ment ap­pré­cié l’ex­pé­rience.

Tel­le­ment que je vais pour­suivre le dé­fi de fa­çon per­son­nelle. J’ai dé­ci­dé de ne pas re­com­men­cer à consom­mer de l’al­cool pour quelque temps. Je ne sais pas com­bien de temps ça va du­rer. Un mois, deux se­maines, un an, dix ans? Je ne me donne pas de dead­line. J’ai juste be­soin, je pense, de sor­tir ça de ma vie pour un pe­tit bout. Eh oh! Je ne se­rai pas moins l’ fun parce que je ne boi­rai plus. Je suis et se­rai juste mieux avec moi-même.

Je ne pen­sais pas que ça al­lait me faire ré­flé­chir au­tant, ce dé­fi-là. Et, fi­na­le­ment, ç’a eu du po­si­tif pour les jeunes (j’ai amas­sé plus de 500 $ à l’heure qu’il est alors que j’avais un ob­jec­tif de 250 $), mais pour moi aus­si en tant qu’in­di­vi­du.

La nou­velle fille sobre que je suis vous in­vite à avoir le même genre de ré­flexion. En tout cas, en ce qui me concerne, j’ai com­pris que l’al­cool ne m’ame­nait rien de plus dans la vie… Na­tha­cha Gil­bert

ngil­bert@sum­mum­mag.com

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