L’évo­lu­tion de la té­lé­vi­sion

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PAR MAXIME JOHN­SON – DES GRANDS RAS­SEM­BLE­MENTS POUR RE­GAR­DER LES CA­NA­DIENS CHEZ LES CHAN­CEUX DU RANG À POS­SÉ­DER UNE TÉ­LÉ À L’ÉCOUTE MO­DERNE, OU SEUL, RIVÉ SUR L’ÉCRAN DE NOTRE TÉ­LÉ­PHONE… IL FAUT DIRE QUE LA TÉ­LÉ­VI­SION A BIEN CHAN­GÉ. RE­TOUR EN SIX DATES IM­POR­TANTES SUR CE MÉ­DIA EN CONSTANTE ÉVO­LU­TION.

1927 : LA TÉ­LÉ­VI­SION ÉLEC­TRO­NIQUE VOIT LE JOUR Même si des té­lé­vi­seurs mé­ca­niques pri­mi­tifs existent de­puis les an­nées 1800, la pre­mière vé­ri­table té­lé­vi­sion élec­tro­nique date de 1927. L’in­ven­tion du jeune de 21 ans Phi­lo Tay­lor Farns­worth ne payait pas de mine – elle ne dif­fu­sait au dé­part qu’une simple ligne –, mais elle a pro­vo­qué un ef­fet boule de neige, in­ci­tant les cher­cheurs, in­ven­teurs, uni­ver­si­tés et en­tre­prises à amé­lio­rer constam­ment la tech­no­lo­gie au cours des an­nées sui­vantes.

Ce n’est que tout juste avant la Se­conde Guerre mon­diale que les pre­miers mo­dèles com­mer­ciaux voient le jour. En An­gle­terre, à la fin des an­nées 30, la dif­fu­sion du cou­ron­ne­ment du roi George VI a en­traî­né la vente de 9000 ap­pa­reils. À cette époque, ce sont les grands évè­ne­ments (comme la dif­fu­sion des Jeux olym­piques de Ber­lin) qui in­citent les consom­ma­teurs à re­gar­der la té­lé. Celle-ci est tou­te­fois en­core un mé­dium de pri­vi­lé­giés : aux États-unis, il n’y avait, par exemple, que quelques cen­taines de té­lé­vi­seurs dans les foyers à tra­vers le pays à la fin des an­nées 30.

1946 : LA TÉ­LÉ­VI­SION AMORCE SA CROIS­SANCE EXPONENTIELLE Les choses changent après la guerre, avec l’ar­ri­vée des pre­miers té­lé­vi­seurs jouis­sant d’une pro­duc­tion de masse. En 1948, on dé­nombre dé­jà plus de 350 000 té­lés aux États-unis. Au Ca­na­da, la crois­sance se fait sur­tout à par­tir de 1952, avec l’ar­ri­vée de Ra­dio-ca­na­da à Mon­tréal et à To­ron­to. La té­lé connaî­tra une crois­sance exponentielle pen­dant les dé­cen­nies sui­vantes. Plu­sieurs nou­veau­tés tech­no­lo­giques contri­buent à l’ex­plo­sion de sa po­pu­la­ri­té, comme l’ar­ri­vée de la cou­leur, la dé­mo­cra­ti­sa­tion du câble et ses nom­breuses op­tions et, évi­dem­ment, le lan­ce­ment des lec­teurs de cas­settes VHS.

Alors que l’écoute de la té­lé est au dé­part quelque chose de com­mu­nau­taire, avec les en­fants qui s’en­tassent de­vant le seul té­lé­vi­seur du voi­si­nage, la té­lé de­vient un mé­dium fa­mi­lial, avec un ap­pa­reil pré­sent dans chaque sa­lon. Les ren­dez-vous heb­do­ma­daires prennent forme, que ce soit pour re­gar­der re­li­gieu­se­ment Dal­las ou La Pe­tite Vie au Qué­bec.

1999 : LA TÉ­LÉ GAGNE SES LETTRES DE NO­BLESSE De mé­dia de masse au dé­part, la té­lé de­vient fi­na­le­ment un mé­dia ac­cep­té dans les cercles in­tel­los vers la fin des an­nées 90, avec le lan­ce­ment de sé­ries de qua­li­té, comme The So­pra­nos en 1999. Les suc­cès de HBO ont en­traî­né un vé­ri­table âge d’or de la té­lé – un âge d’or que l’on vit en­core au­jourd’hui – avec une offre de plus en plus im­por­tante, tant par rap­port à la qua­li­té qu’à la quan­ti­té.

2001 : LE BITTORRENT DÉMOCRATISE LE PIRATAGE Pen­dant que l’in­dus­trie de la té­lé ju­bile, une ten­dance se pointe à l’ho­ri­zon : le piratage. Après l’ar­ri­vée du piratage de la mu­sique à la fin des an­nées 90, c’est au tour de la té­lé de goû­ter à la mé­de­cine de l’in­ter­net, no­tam­ment à cause de la dé­mo­cra­ti­sa­tion de la haute vi­tesse et de l’ar­ri­vée de tech­no­lo­gies dé­cen­tra­li­sées, comme le Bittorrent. On dé­laisse les gros écrans du sa­lon pour s’ins­tal­ler (seul) de­vant son or­di­na­teur. Y a-t-il un ave­nir pour la té­lé? Plu­sieurs en doutent.

2007 : NET­FLIX AMORCE UNE NOU­VELLE ÈRE Le plus grand chan­ge­ment dans l’uni­vers té­lé­vi­suel n’a fi­na­le­ment pas été le piratage, mais la trans­for­ma­tion de Net­flix en 2007, une en­tre­prise qui est pas­sée d’un ser­vice de li­vrai­son de DVD par la poste à un ser­vice de dif­fu­sion en ligne. De 4 mil­lions d’abon­nés au mi­lieu des an­nées 2000, le ser­vice est pas­sé à 130 mil­lions de membres à tra­vers le monde en 2018. Des membres qui dé­boursent tous plus de 10 $ par mois. Avec Net­flix – et le lan­ce­ment de sé­ries en DVD –, la té­lé com­mence à dé­lais­ser ses ren­dez-vous heb­do­ma­daires pour de­ve­nir un mé­dia que l’on consomme à la de­mande, quand on le veut (et pour aus­si long­temps qu’on le veut).

2007 : L’IP­HONE RÉ­IN­VENTE LE CONCEPT D’ÉCRANS L’an­née 2007 marque un autre évè­ne­ment im­por­tant pour la té­lé : le lan­ce­ment de l’ip­hone d’apple, avec son écran « géant » de 3,5 pouces. À me­sure que la tech­no­lo­gie s’amé­liore et que les écrans s’agran­dissent, ceux-ci de­viennent le prin­ci­pal moyen pour bien des jeunes de re­gar­der Youtube ou leurs sé­ries pré­fé­rées. Non seule­ment il n’y a plus de ren­dez-vous pour la té­lé, mais il n’y a plus de lieu dé­fi­ni non plus.

En 1938, les té­lés étaient dif­fi­ciles à trou­ver et elles n’étaient re­gar­dées que lors des grandes oc­ca­sions. Quatre-vingts ans plus tard, la té­lé est par­tout, tout le temps.

LES CA­NA­DIENS RE­GARDENT 130 MIL­LIONS D’HEURES DE TÉ­LÉ­VI­SION CHAQUE JOUR SOURCE : ISARTA IN­FOS, 2016

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