Toutes les séances d’EPI ne s’équi­valent pas

L’en­traî­ne­ment par in­ter­valles fait dé­sor­mais par­tie du coffre à ou­tils de tous les spor­tifs ama­teurs. Pour­tant, bien peu savent com­ment mo­du­ler ses dif­fé­rents pa­ra­mètres afin d’en maxi­mi­ser l’ef­fi­ca­ci­té.

Vélo Mag - - Sommaire Vol. 37 No 3 -

Un­la­bo­ra­toire de phy­sio­lo­gie de l’exer­cice a tous les airs d’une salle de tor­ture – so­phis­ti­ca­tion en plus. Lors­qu’on y met les pieds pour la pre­mière fois, c’est d’abord l’am­biance feu­trée, pro­pice à la te­nue des pires tests d’ef­forts pos­sibles à vé­lo, qui frappe l’ima­gi­naire. Puis l’at­ten­tion se porte sur l’ana­ly­seur mé­ta­bo­lique, une grosse ma­chine cli­gno­tante qu’on di­rait tout droit sor­tie de l’Union so­vié­tique et à la­quelle on re­lie les vo­lon­taires. Le ton est don­né.

Alors que le por­trait d’un vé­ri­table fes­ti­val de dou­leurs se pré­cise, un mé­lange de peur et d’in­quié­tude se des­sine len­te­ment sur le vi­sage des su­jets. Les cher­cheurs, eux, ju­bilent (in­té­rieu­re­ment), frap­pés par une fé­bri­li­té aus­si sou­daine qu’in­ex­pli­cable.

Dans une vie an­té­rieure, j’étais un de ces cher­cheurs. Avec mon col­lègue Yan­nick Bé­dard, au­jourd’hui pro­prié­taire de sa propre com­pa­gnie d’en­traî­ne­ment, Cible Per­for­mance, j’ai même eu l’oc­ca­sion de pi­lo­ter une étude sur un pe­tit groupe de cy­clistes de bon ni­veau au La­bo­ra­toire de phy­sio­lo­gie de l’exer­cice de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Trois-Ri­vières. Trois EPI à 100% de la puis­sance aé­ro­bie maxi­male Le but de cette étude : com­pa­rer l’évo­lu­tion de di­vers pa­ra­mètres phy­sio­lo­giques lors de trois en­traî­ne­ments par in­ter­valles (EPI) à 100 % de la puis­sance aé­ro­bie maxi­male (PAM). Bien que ne ré­pon­dant pas aux cri­tères d’une re­cherche scien­ti­fique à large dé­ploie­ment, les conclu­sions de ces tra­vaux ont le mé­rite de s’ap­pli­quer ai­sé­ment à l’ex­té­rieur d’un la­bo­ra­toire. Sur­tout, elles per­mettent de mieux com­prendre pour­quoi trois séances d’EPI ayant comme point com­mun un temps pas­sé à 100% de la PAM pra­ti­que­ment iden­tique (en­vi­ron 10 mi-nutes) sont pour­tant très dif­fé­rentes l’une de l’autre.

En fait, c’est que ces séances dif­fèrent consi­dé­ra­ble­ment quant au temps pas­sé à hautes va­leurs de VO2max, ou consom­ma­tion maxi­male d’oxy­gène. Flir­ter ré­gu­liè­re­ment avec sa VO2max est très pro­fi­table, puisque ce­la fa­vo­rise l’adap­ta­tion de l’or­ga­nisme, qui de­vient meilleur pour trans­por­ter et uti­li­ser l’oxy­gène, adap­ta­tion qui, sans sur­prise, est sy­no­nyme de meilleures per­for­mances à vé­lo et dans les sports d’en­du­rance.

Qui dit in­ter­valles dit temps de ré­cu­pé­ra­tion.

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