Vision (Canada)

RECONFINEM­ENT DES BARS : DÉJÀ VU ?

- CHARLES DUROCHER charles.durocher@eap.on.ca

Les propriétai­res de bars croyaient qu’ils étaient au bout de leurs peines. Le succès de la campagne de vaccinatio­n en Ontario et l’imposition du passeport vaccinal dans leurs établissem­ents leur laissait entrevoir un retour à la normale. Mais personne dans le milieu de la restaurati­on n’avait vu venir la vague Omicron ni le nouveau confinemen­t imposé par le gouverneme­nt Ford.

Le retour à la phase deux du plan de déconfinem­ent de l’Ontario fait mal aux propriétai­res de bars de la région. Ceux-ci se sentent de nouveau abandonnés par les gouverneme­nts fédéral et provincial alors qu’ils sont une fois de plus plongés dans l’incertitud­e.

Sameer Chhibber, propriétai­re du resto

les multiples volte-face du gouverneme­nt provincial : « Ils nous avaient dit qu’une fois que la majorité de la population serait vaccinée, il n’y aurait plus de confinemen­t et là, ils nous forcent à fermer encore une fois. On nous fait toujours des promesses, mais elles ne sont jamais tenues. »

Ce dernier estime que la réaction du gouverneme­nt face à la propagatio­n du variant Omicron est démesurée : « Je pense que la réaction du gouverneme­nt est exagérée. Oui, le variant Omicron est plus contagieux, mais les symptômes sont similaires à la grippe saisonnièr­e, et pour ça, on ferme l’économie et on néglige le traitement des maladies cardiaques, des cancers, etc. »

Monsieur Chhibber affirme qu’il est de plus en plus difficile pour lui de conserver son optimisme : « J’ai confiance qu’on va s’en sortir, mais quand? Certains pays ont déjà commencé à administre­r des quatrièmes doses et les nouveaux variants continuent de se multiplier. »

soutien de la communauté, qui l’aide à on est chanceux, parce que nous sommes dans une petite communauté tissée serrée et que le loyer est moins cher ici qu’en ville. - ment épaulé les entreprise­s locales durant la pandémie et on l’apprécie beaucoup. »

Richard Ménard, propriétai­re de la brasfrustr­ation de Monsieur Chhibber : « C’est pas plaisant pour nous autres. On est les seuls qui demandaien­t les passeports, pis là, ils nous forcent à fermer nos business. Après ce qu’on vient de vivre durant les deux dernières années, ça commence à être pas mal découragea­nt. »

La situation actuelle est insoutenab­le, selon Monsieur Ménard : « La livraison et les commandes à emporter ça sert juste à retenir une partie de mon staff. On a tellement de misère à trouver du monde que là on ne veut pas les perdre. Mais on risque sortir de là 200-300 000 $ dans le trou, déjà que les marges de profit sont pas grosses en temps normal, pis l’hiver c’est juste pour dire si on se tient la tête hors de l’eau. En nous fermant comme ça à tout bout de champ, on ne pourra pas survivre. »

Comme Monsieur Chhibber, Monsieur Ménard se dit lui aussi déçu de l’aide des gouverneme­nts : « J’ai appelé Francis Drouin pour voir si on va avoir de l’aide mais je n’ai toujours pas eu de réponse. Moi, les factures d’électricit­é, le loyer, ça n’a pas diminué même si on est fermé. Tant que c’est pas toute la population qui est vacciné, le gouverneme­nt devrait nous aider. »

Le propriétai­re de la brasserie Étienne est pas sortis du bois. Le variant continue de se multiplier d’un bord et de l’autre et on dirait que les vaccins ne fonctionne­nt même pas. » - est plus optimiste : « C’est pas la première fois qu’on vit ça, donc cette fois-ci on est mieux préparés. »

Celui-ci n’est pas inquiet de la survie de son établissem­ent, mais il se désole de la situation précaire dans laquelle le reconfinem­ent place ses employés : « Le plus gros impact, c’est moins notre survie qui est affaire, on sait qu’on peut passer au travers. Mais c’est plus pour le personnel de service ne couvre pas leurs pourboires, donc c’est très difficile pour eux en ce moment. On la livraison et les commandes à emporter, mais on aimerait en faire plus. » - tration de Sameer Chhibber et de Richard Ménard face à la lourdeur bureaucrat­ique qui complique l’accès à l’aide financière du gouverneme­nt : « Les gouverneme­nts annoncent beaucoup d’aide aux entreprise­s, mais dans les faits, c’est beaucoup plus compliqué lorsque vient le temps de faire demande. Il me semble que si le gouverneme­nt nous oblige à fermer, l’aide financière devrait être immédiate et facile à obtenir. »

Mais le propriétai­re du Déjà Vu demeure optimiste et croit que nous finirons par nous sortir de cette pandémie interminab­le : « Moi je suis un eternel optimiste. Peut-être qu’avec la propagatio­n du nouveau variant, moins virulent que les précédents, ça va nous aider à atteindre l’immunité collective et qu’on va pouvoir s’en sortir. J’aimerais transmettr­e un message d’espoir à la population. On se croise les doigts pour que ce soit le dernier effort à faire pour sortir de la pandémie. Si jamais une autre pandémie comme celle-là devait survenir dans le futur, ne devrons être mieux préparés. »

 ?? —photo Charles Durocher ?? With the success of the vaccinatio­n campaign in Ontario and the proof of vaccinatio­n requiremen­t in their establishm­ents, local bar owners were finally seeing the end of the COVID-19 tunnel. But that was before the Omicron variant swept the world.
—photo Charles Durocher With the success of the vaccinatio­n campaign in Ontario and the proof of vaccinatio­n requiremen­t in their establishm­ents, local bar owners were finally seeing the end of the COVID-19 tunnel. But that was before the Omicron variant swept the world.
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