Pour­quoi la Chine rem­porte-t-elle un tel suc­cès dans la ré­duc­tion de la pau­vre­té ?

China Today (French) - - SOMMAIRE - WANG SANGUI*

Au cours de ces 40 der­nières an­nées de ré­forme et d’ou­ver­ture, alors que la Chine a connu un dé­ve­lop­pe­ment ra­pide de son éco­no­mie et de sa so­cié­té tout en ap­pro­fon­dis­sant le tra­vail d’aide au dé­ve­lop­pe­ment, elle a rem­por­té un suc­cès re­mar­quable dans le do­maine de la ré­duc­tion de la pau­vre­té : plus de 700 mil­lions de per­sonnes ru­rales sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui re­pré­sente un re­cord his­to­rique mon­dial. Pour­quoi la Chine rem­porte-t-elle un tel suc­cès dans la ré­duc­tion de la pau­vre­té ? Quelle est la lo­gique de dé­ve­lop­pe­ment der­rière cet ac­com­plis­se­ment ?

Des ef­forts sans cesse in­ten­si­fiés

Se­lon le seuil de pau­vre­té en vi­gueur en Chine (2 300 yuans de re­ve­nu net an­nuel par ha­bi­tant à prix constants en 2010), le nombre d’ha­bi­tants dans les cam­pagnes vi­vant en des­sous du seuil de pau­vre­té est pas­sé de 770 mil­lions en 1978 à 30,46 mil­lions à la fin 2017, soit une ré­duc­tion de 740 mil­lions. Le taux de

pau­vre­té a bais­sé, pas­sant de 97,5 % en 1978 à 3,1 % à la fin 2017. En 40 ans, la plu­part des ha­bi­tants des cam­pagnes sont sor­tis de la pau­vre­té ab­so­lue et leur qua­li­té de vie s’est beau­coup amé­lio­rée.

Par ailleurs, on constate une évo­lu­tion no­table des po­pu­la­tions pauvres dans les cam­pagnes chi­noises. au cours de ces der­nières an­nées, les ef­forts de lutte contre la pau­vre­té et de dé­ve­lop­pe­ment ont sans cesse été in­ten­si­fiés. Bien qu’il soit de plus en plus dif­fi­cile d’éra­di­quer la pau­vre­té, son re­cul conti­nue de s’ac­cé­lé­rer. Entre 1978 et 1985, pé­riode où la ré­forme du sys­tème a joué un rôle clé dans la lutte contre la pau­vre­té et pour le dé­ve­lop­pe­ment, 109,38 mil­lions de per­sonnes sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui re­pré­sente 15,63 mil­lions de per­sonnes par an. Le taux an­nuel de ré­duc­tion de la pau­vre­té (soit le nombre moyen de per­sonnes sor­ties de la pau­vre­té par an sur une pé­riode don­née di­vi­sé par le nombre to­tal de per­sonnes vi­vant sous le seuil de pau­vre­té au dé­but de cette pé­riode) s’éle­vait à 2,0 %. Entre 1986 et 2000, pé­riode pen­dant la­quelle la prio­ri­té a été la sa­tis­fac­tion des be­soins élé­men­taires du quo­ti­dien, 198,77 mil­lions de per­sonnes sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui re­pré­sente 13,25 mil­lions de per­sonnes par an, soit un taux an­nuel de ré­duc­tion de la pau­vre­té de 2,0 %. Entre 2001 et 2010, dé­cen­nie où la prio­ri­té a été de conso­li­der la sa­tis­fac­tion des be­soins élé­men­taires du quo­ti­dien, 296,57 mil­lions de per­sonnes sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui re­pré­sente 29,66 mil­lions de per­sonnes par an, soit un taux an­nuel de ré­duc­tion de la pau­vre­té de 6,4 %. Entre 2011 et 2017, sept an­nées où la prio­ri­té a été l’édi­fi­ca­tion in­té­grale de la so­cié­té de moyenne ai­sance, 135,21 mil­lions de per­sonnes sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui re­pré­sente 19,32 mil­lions de per­sonnes par an, soit un taux an­nuel de ré­duc­tion de la pau­vre­té de 11,7 %.

La qua­li­té de vie des ha­bi­tants dans les cam­pagnes s’est amé­lio­rée sur tous les plans. Pre­miè­re­ment, les re­ve­nus ont connu une nette aug­men­ta­tion et leur struc­ture a été op­ti­mi­sée. En 2017, le re­ve­nu moyen dis­po­nible par ha­bi­tant dans les cam­pagnes (cal­cu­lé se­lon les prix constants de 1978) s’éle­vait à 2 106,9 yuans, contre 133,6 yuans en 1978. Le re­ve­nu a donc été mul­ti­plié par 15. En même temps, la struc­ture du re­ve­nu n’a ces­sé d’être op­ti­mi­sée. Si l’on ne tient pas compte de la fluc­tua­tion des prix, le re­ve­nu moyen de la pro­prié­té et de trans­fert par ha­bi­tant dans les cam­pagnes en 2017 était 305 fois su­pé­rieur à ce­lui de 1978. La crois­sance de ces deux ca­té­go­ries de re­ve­nus est beau­coup plus im­por­tante que celle du re­ve­nu net moyen sur la même pé­riode. La part de ces deux ca­té­go­ries de re­ve­nus est pas­sée de 7,1 % en 1978 à 21,6 % en 2017. Les sources de re­ve­nus sont plus di­ver­si­fiées. Deuxiè­me­ment, la ca­pa­ci­té de consom­ma­tion des foyers s’est net­te­ment ren­for­cée. Dans les cam­pagnes, la consom­ma­tion moyenne par ha­bi­tant (cal­cu­lée se­lon les prix constants de 1978) a at­teint 1 719,8 yuans en 2017, ce qui re­pré- sente 14 fois celle de 1978. Le coef­fi­cient En­gel (part du re­ve­nu al­louée aux dé­penses ali­men­taires) est pas­sé de 67,7 % en 1978 à 31,2 % en 2017, soit une baisse de 36,5 %. Se­lon la norme in­ter­na­tio­nale, au re­gard du coef­fi­cient En­gel, les foyers ru­raux chi­nois se rap­prochent dé­sor­mais des foyers riches.

La forte crois­sance éco­no­mique : une force mo­trice de la ré­duc­tion de la pau­vre­té

Di­vers fac­teurs contri­buent à la réus­site chi­noise en ma­tière de ré­duc­tion de la pau­vre­té. Le plus im­por­tant est la forte crois­sance éco­no­mique, no­tam­ment le dé­ve­lop­pe­ment de l’agri­cul­ture et le dé­ve­lop­pe­ment ru­ral.

Le mo­teur fon­da­men­tal de la ré­duc­tion de la pau­vre­té est la forte crois­sance éco­no­mique sur le long terme qui a une double in­fluence. Pre­miè­re­ment, une in­fluence di­recte : le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique a créé plus d’em­plois et plus d’op­por­tu­ni­tés d’aug­men­ter les re­ve­nus. Deuxiè­me­ment, une in­fluence in­di­recte : plus l’éco­no­mie est dé­ve­lop­pée et plus le pays est puis­sant, plus le gou­ver­ne­ment est ca­pable d’ai­der les po­pu­la­tions dé­fa­vo­ri­sées à sor­tir de la pau­vre­té.

Le suc­cès chi­nois sur le plan de la ré­duc­tion de la pau­vre­té est étroi­te­ment lié à la forte crois­sance éco­no­mique en­re­gis­trée par le pays au cours de ces 40 an­nées de ré­forme et d’ou­ver­ture. Le PIB chi­nois (cal­cu­lé se­lon les prix constants de 1978) est pas­sé de 367,87 mil­liards de yuans en 1978 à 11 849,97 mil­liards de yuans en 2016, ce qui re­pré­sente une mul­ti­pli­ca­tion par 32 et une crois­sance moyenne an­nuelle de 9,6 %. Sur la même pé­riode, le taux de pau­vre­té a connu une baisse com­pa­rable.

En com­pa­rai­son avec les sec­teurs se­con­daire et ter­tiaire, c’est le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur pri­maire qui contri­bue le plus à la ré­duc­tion de la pau­vre­té. D’abord, parce que les po­pu­la­tions pauvres se concentrent prin­ci­pa­le­ment dans les ré­gions ru­rales. Se­lon le seuil de pau­vre­té de 2010, en 1978, 80 % de la po­pu­la­tion to­tale était des ha­bi­tants pauvres vi­vant en mi­lieu ru­ral. Le dé­ve­lop­pe­ment de l’agri­cul­ture et de l’éco­no­mie ru­rale en­traîne une aug­men­ta­tion du re­ve­nu des pay­sans. Deuxiè­me­ment, les foyers dé­fa­vo­ri­sés vivent prin­ci­pa­le­ment de l’agri­cul­ture. Et plus un foyer est pauvre, plus il est dé­pen­dant de l’agri­cul­ture. En 1978, 94,1 % du re­ve­nu to­tal des foyers du mi­lieu ru­ral pro­ve­nait du sec­teur pri­maire. Par com­pa­rai­son, en 2006, 32,8 % des re­ve­nus nets par ha­bi­tant des 20 % de la po­pu­la­tion ru­rale aux re­ve­nus les plus éle­vés pro­ve­nait du sec­teur pri­maire, soit 22 % de moins que la moyenne qui est de 54,5 %. Troi­siè­me­ment, en Chine, la dis­tri­bu­tion des fac­teurs de pro­duc­tion agri­cole (la terre par exemple) est équi­table, de sorte que les pay­sans dé­fa­vo­ri­sés vi­vant de l’agri­cul­ture peuvent bé­né­fi­cier du dé­ve­lop­pe­ment agri­cole. Le sys­tème agraire chi­nois ga­ran­tit le droit de pro­duc­tion des pay­sans.

L’aide ré­gio­nale ac­cé­lère le dé­ve­lop­pe­ment des ré­gions pauvres

La forte crois­sance éco­no­mique à long terme en Chine a for­te­ment contri­bué à la ré­duc­tion de la pau­vre­té. Mais les écarts de re­ve­nus qui n’ont ces­sé d’aug­men­ter ont ag­gra­vé la pau­vre­té ré­gio­nale, em­pê­chant les plus pauvres de bé­né­fi­cier du dé­ve­lop­pe­ment. Pour ré­soudre ce pro­blème, le gou­ver­ne­ment chi­nois a pris une sé­rie de po­li­tiques et me­sures pour fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de ces ré­gions pauvres.

L’aide ré­gio­nale aux dé­mu­nis sti­mule le dé­ve­lop­pe­ment des ré­gions pauvres. Pre­nons le Plan sep­ten­nal pour faire sor­tir de la pau­vre­té 80 mil­lions d’ha­bi­tants ru­raux (1994 à 2000) : les dis­tricts dé­fa­vo­ri­sés sou­te­nus en prio­ri­té par l’État ont réa­li­sé une aug­men­ta­tion de la va­leur ajou­tée agri­cole de 54 %, soit une crois­sance an­nuelle de 7,5 %. C’est 0,5 % de plus que le ni­veau gé­né­ral des ré­gions ru­rales. La pro­duc­tion cé­réa­lière a aug­men­té de 12,3 %, ce qui re­pré­sente une crois­sance an­nuelle de 1,9 %, soit 3,2 fois la crois­sance moyenne de l’en­semble du pays, qui était de 0,6 %. Le re­ve­nu net par ha­bi­tant de la po­pu­la­tion ru­rale est pas­sé de 648 yuans à 1 337 yuans, avec une crois­sance an­nuelle de 12,8 %, soit 2 % plus haut que le ni­veau na­tio­nal. Entre 2001 et 2010, le gou­ver­ne­ment a ren­for­cé l’aide ac­cor­dée aux 150 000 vil­lages pauvres. Ré­sul­tats : la crois­sance an­nuelle du re­ve­nu net par ha­bi­tant de ces vil­lages a été su­pé­rieure de 3 % à la moyenne des ré­gions ru­rales du pays. L’écart entre le re­ve­nu dans les ré­gions dé­fa­vo­ri­sées et le re­ve­nu moyen de l’en­semble des ré­gions ru­rales a di­mi­nué. La part du re­ve­nu moyen par ha­bi­tant des dis­tricts dé­fa­vo­ri­sés dans le re­ve­nu moyen par ha­bi­tant de l’en­semble des ré­gions ru­rales est pas­sée de 51,8 % en 1985 à 68,4 % en 2016.

Par ailleurs, les di­vers in­ves­tis­se­ments dans la lutte contre la pau­vre­té ont per­mis d’amé­lio­rer consi­dé­ra­ble­ment les in­fra­struc­tures et le ni­veau de vie des po­pu­la­tions ru­rales, et de sti­mu­ler la pro­duc­tion. Le re­ve­nu des foyers ru­raux a constam­ment aug­men­té et les em­plois se sont mul­ti­pliés conti­nuel­le­ment. Ces 40 der­nières an­nées, les fi­nances cen­trales ont al­loué plus de 600 mil­liards de yuans de fonds spé­ciaux d’aide aux dé­mu­nis. Entre 2013 et 2017, soit en seule­ment 5 ans, 282,2 mil­liards de yuans ont été in­ves­tis dans ce do­maine. Les fi­nances lo­cales ont aus­si aug­men­té leurs in­ves­tis­se­ments dans la lutte contre la pau­vre­té. En plus des fonds spé­ciaux des fi­nances cen­trales et lo­cales, d’autres formes d’aides fi­nan­cières ont été al­louées, entre autres des cré­dits à taux d’in­té­rêt bo­ni­fié, des sub­ven­tions pour le re­boi­se­ment des terres agri­coles ain­si que des al­lo­ca­tions de mi­ni­ma so­ciaux. En 2016, l’in­ves­tis­se­ment spé­cial dé­dié aux ré­gions pauvres s’est éle­vé à 295,86 mil­liards de yuans.

L’as­sis­tance ci­blée aux dé­mu­nis, un fac­teur d’éra­di­ca­tion de la pau­vre­té

Après trois dé­cen­nies de mise en place d’aides ré­gio­nales, la ré­par­ti­tion des po­pu­la­tions pauvres a chan­gé. Des foyers de pau­vre­té se sont sub­sti­tués aux ré­gions pauvres. Ces po­pu­la­tions res­tantes étaient en proie à une mi­sère plus grave, il était donc plus dif­fi­cile de les en faire sor­tir. Vu que la po­pu­la­tion pauvre était de moins en moins nom­breuse à ti­rer pro­fit de l’« ef­fet de ruis­sel­le­ment », il était né­ces­saire que les me­sures d’aide aux dé­mu­nis soient plus ci­blées. En no­vembre 2013, le se­cré­taire gé­né­ral Xi Jin­ping a pré­sen­té pour la pre­mière fois l’as­sis­tance ci­blée aux dé­mu­nis. La Di­rec­tion gé­né­rale du Co­mi­té cen­tral du PCC et la Di­rec­tion gé­né­rale du Con­seil des af­faires d’État ont en­suite pu­blié et dis­tri­bué l’Avis sur l’in­no­va­tion du sys­tème pour pro­mou­voir concrè­te­ment le tra­vail d’aide au dé­ve­lop­pe­ment dans les ré­gions ru­rales, dans le­quel il est clai­re­ment in­di­qué qu’il faut mettre en place un sys­tème d’as­sis­tance ci­blée dans les ré­gions ru­rales.

L’as­sis­tance ci­blée est di­rec­te­ment ac­cor­dée à un foyer ou à une per­sonne pauvre. Les me­sures prin­ci­pales consistent à iden­ti­fier et en­re­gis­trer les per­sonnes pauvres, à ana­ly­ser les rai­sons de leur pau­vre­té, puis à leur of­frir une as­sis­tance ci­blée. L’ob­jec­tif est de faire pas­ser, dé­fi­ni­ti­ve­ment, le re­ve­nu des foyers dé­fa­vo­ri­sés en­re­gis­trés au-des­sus du seuil de pau­vre­té, afin de sa­tis­faire leur be­soins en nour­ri­ture, vê­te­ments, leur ga­ran­tir un lo­ge­ment sûr ain­si qu’un ac­cès à l’édu­ca­tion obli­ga­toire et aux soins mé­di­caux de base. Pour aug­men­ter le re­ve­nu des per­sonnes dé­mu­nies, l’as­sis­tance est axée sur le dé­ve­lop­pe­ment de l’agri­cul­ture spé­ciale, la re­cherche d’un em­ploi et de fi­nan­ce­ments. Pour les ré­gions re­cu­lées, les ré­gions do­tées d’un éco­sys­tème fra­gile et su­bis­sant de fré­quentes ca­tas­trophes na­tu­relles, les po­pu­la­tions sont re­lo­gées dans des zones plus hos­pi­ta­lières. Le XIIIe Plan quin­quen­nal pré­voit de re­lo­ger 10 mil­lions d’ha­bi­tants. Les me­sures d’aide à l’édu­ca­tion consistent à ré­duire les frais de sco­la­ri­té et dé­penses di­verses ou en exemp­ter et à of­frir des sub­ven­tions aux en­fants de dif­fé­rents âges. Pour les foyers qui com­portent une per­sonne souf­frant de ma­la­dies graves et chro­niques, les me­sures d’aide en ma­tière de san­té visent à di­mi­nuer le coût des soins mé­di­caux et aug­men­ter la part de rem­bour­se­ment. Pour le pre­mier cas, les pa­tients bé­né­fi­cient d’une as­su­rance contre les ma­la­dies graves. et pour le se­cond cas, ils bé­né­fi­cient d’une prise en charge par un mé­de­cin ex­clu­sif. Pour les foyers dont le lo­ge­ment est dé­la­bré, les me­sures visent à ré­no­ver des bâ­ti­ments. Pour les foyers dont les membres ne peuvent pas tra­vailler, les me­sures d’as­su­rance so­ciale mi­ni­mum sont mises en place.

De­puis le lan­ce­ment de l’as­sis­tance ci­blée aux dé­mu­nis en 2014, le re­cul de la pau­vre­té s’est net­te­ment ac­cé­lé­ré. Entre 2014 et 2017, la po­pu­la­tion ru­rale pauvre est pas­sée de 82,49 mil­lions à 30,46 mil­lions,

ce qui re­pré­sente une ré­duc­tion an­nuelle moyenne de 13 mil­lions de per­sonnes et un taux moyen an­nuel de ré­duc­tion de la pau­vre­té de 15,8 %. L’ac­cé­lé­ra­tion du re­cul de la pau­vre­té est la preuve que l’as­sis­tance ci­blée aux dé­mu­nis joue un rôle es­sen­tiel pour ré­duire les po­pu­la­tions les plus dé­mu­nies.

Tra­vailler en­semble pour rem­por­ter la lutte dé­ci­sive contre la pau­vre­té

L’ob­jec­tif est de s’as­su­rer que d’ici 2020 toutes les po­pu­la­tions ru­rales dé­mu­nies et tous les dis­tricts pauvres, dé­fi­nis se­lon les cri­tères en vi­gueur dans notre pays, soient sor­tis de la pau­vre­té, et de les faire en­trer dans la so­cié­té de moyenne ai­sance en même temps que l’en­semble du pays. Le Co­mi­té cen­tral du PCC et le Con­seil des af­faires d’État ont pro­mul­gué ré­cem­ment les Di­rec­tives sur les ac­tions pour ga­gner la lutte dé­ci­sive contre la pau­vre­té dans les trois ans à ve­nir. Ce do­cu­ment pré­cise qu’il faut sor­tir plus de 30 mil­lions d’ha­bi­tants pauvres res­tants d’ici trois ans. Au­jourd’hui, ces po­pu­la­tions sont concen­trées dans les ré­gions les plus dé­fa­vo­ri­sées et l’on trouve des cas par­ti­cu­liers de pau­vre­té dans les autres ré­gions ru­rales qui ne sont pas consi­dé­rées comme pauvres. Les ré­gions les plus dé­fa­vo­ri­sées souffrent d’un éco­sys­tème fra­gile, dis­posent de res­sources na­tu­relles li­mi­tées et sont sou­vent frap­pées par des ca­tas­trophes na­tu­relles. Il est donc dif­fi­cile d’y dé­ve­lop­per l’in­dus­trie et d’aug­men­ter les re­ve­nus de ma­nière stable. Ce sont les ré­gions où vivent les eth­nies mi­no­ri­taires ; le ni­veau d’ins­truc­tion y est bas et les res­sources hu­maines y font dé­faut. La plu­part de la main-d’oeuvre ne par­lant pas chi­nois dans cer­taines ré­gions, il leur est im­pos­sible de trou­ver un em­ploi ailleurs. En outre, dans cer­taines ré­gions d’ex­trême pau­vre­té, il est par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile de ré­no- ver les bâ­ti­ments dé­la­brés. Dans les ré­gions ru­rales qui ne sont pas consi­dé­rées comme pauvres, les der­niers fac­teurs de pau­vre­té sont la ma­la­die, la mo­bi­li­té ré­duite ou la pa­resse. Dans les cas de la ma­la­die ou de la mo­bi­li­té ré­duite, les foyers manquent de main-d’oeuvre et leur re­ve­nu est faible. En outre, leur charge mé­di­cale est lourde et ils risquent un fort en­det­te­ment. Pour ce qui est de la pa­resse, ce­la tra­duit un manque de forces en­do­gènes et une ab­sence d’ef­forts pour amé­lio­rer la si­tua­tion ac­tuelle.

Afin de rem­por­ter la lutte dé­ci­sive contre la pau­vre­té dans les trois an­nées à ve­nir, il faut prendre des me­sures en­core plus spé­ci­fiques pour ap­por­ter l’aide aux ré­gions les plus dé­fa­vo­ri­sées et aux cas par­ti­cu­liers dans les autres ré­gions. Pour les ré­gions d’ex­trême pau­vre­té, la prio­ri­té à court terme est de re­lo­ger les po­pu­la­tions pauvres dans des zones plus hos­pi­ta­lières et de ré­no­ver les bâ­ti­ments dé­la­brés. Sur le plan des re­ve­nus, des me­sures doivent être mises en place pour : pre­miè­re­ment, sta­bi­li­ser le re­ve­nu agri­cole de base en pro­fi­tant da­van­tage de la po­li­tique de lutte contre la pau­vre­té par les as­su­rances ; deuxiè­me­ment, créer plus d’em­plois d’in­té­rêt pu­blic afin d’aug­men­ter le re­ve­nu des foyers ca­pables de tra­vailler ; troi­siè­me­ment, ren­for­cer la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle dans le but d’en­cou­ra­ger plus de tra­vailleurs à trou­ver un em­ploi ailleurs. Sur le long terme, il faut aug­men­ter le ca­pi­tal hu­main et faire dis­pa­raître les idées ré­tro­grades à tra­vers l’édu­ca­tion à plu­sieurs ni­veaux. Le gou­ver­ne­ment peut mettre en place le trans­fert de paie­ment en li­quide sous condi­tion pour en­cou­ra­ger les fa­milles pauvres à bé­né­fi­cier des ser­vices pu­blics dans le do­maine de l’édu­ca­tion et de la san­té. Le ca­pi­tal hu­main est la clé pour mettre fin à la per­pé­tua­tion de la pau­vre­té de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion. Concer­nant les po­pu­la­tions dont la pau­vre­té est cau­sée par la ma­la­die ou la mo­bi­li­té ré­duite dans les ré­gions ru­rales qui ne sont pas consi­dé­rées comme pauvres, il faut ga­ran­tir les moyens d’exis­tence par les di­verses me­sures po­li­tiques en ma­tière de pro­tec­tion so­ciale. En même temps, il faut ap­por­ter un sou­tien prio­ri­taire à leurs en­fants pour qu’ils puissent re­ce­voir au­tant que pos­sible une meilleure édu­ca­tion. Quant aux foyers dont la pau­vre­té est cau­sée par la pa­resse, ils doivent re­ce­voir des aides tant ma­té­rielles que spi­ri­tuelles pour dé­ve­lop­per leur vo­lon­té de lutte.

L’ex­pé­rience de la lutte contre la pau­vre­té de­puis 40 ans montre qu’avec la ferme di­rec­tion du Co­mi­té cen­tral du Par­ti com­mu­niste chi­nois ain­si que les ef­forts conjoints des ins­tances gou­ver­ne­men­tales à tous les ni­veaux et dans tous les mi­lieux, la Chine se­ra ca­pable de rem­por­ter la ba­taille dé­ci­sive contre la pau­vre­té, une base so­lide pour l’édi­fi­ca­tion in­té­grale de la so­cié­té de moyenne ai­sance et la re­vi­ta­li­sa­tion des cam­pagnes.

Le ca­pi­tal hu­main est la clé pour mettre fin à la per­pé­tua­tion de la pau­vre­té de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion.

*WANG SANGUI est di­rec­teur de l’Ins­ti­tut de re­cherche sur la lutte contre la pau­vre­té de l’uni­ver­si­té Ren­min de Chine.

Le 30 mai 2018, les membres du Par­ti de l’en­tre­prise State Grid du dis­trict de Pingxiang (He­bei) vi­sitent l’école pri­maire Zhon­gyi­ting dans un vil­lage pauvre.

Le 23 sep­tembre 2018, l’eth­nie yao, du dis­trict au­to­nome mul­tieth­nique de Long­sheng de la ville de Gui­lin (Guangxi), cé­lèbre l’équi­noxe d’au­tomne.

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