Les jeunes bé­né­voles dans la lutte contre la pau­vre­té

China Today (French) - - SOMMAIRE - DANG XIAOFEI, MA LI et ZHOU LIN, membres de la ré­dac­tion

Dans les vil­lages mon­ta­gneux sous la ju­ri­dic­tion de la ville de Bi­jie, (pro­vince du Guiz­hou), il y a 2 108 jeunes ve­nant des suc­cur­sales du groupe Ever­grande ré­par­ties aux quatre coins du pays. Dans cette ré­gion pauvre, ils servent de pion­niers dans la lutte contre la pau­vre­té. Ces jeunes, de 20 à 30 ans, ont dé­jà ac­quis des ex­pé­riences riches en la ma­tière.

Pen­dant trois ans, ils ont par­cou­ru deux mil­lions de ki­lo­mètres en­vi­ron, vi­si­té 280 000 foyers pauvres et pro­po­sé de nom­breuses me­sures, ap­por­tant de l’aide aux ha­bi­tants pauvres. Dans le même temps, ces jeunes ont dé­cou­vert leur propre va­leur. « Nous ne par­ti­rons pas si cette ré­gion ne se dé­bar­rasse pas de la pau­vre­té. » Leur dé­ter­mi­na­tion et leurs ef­forts ont ga­gné le res­pect de la po­pu­la­tion lo­cale.

Al­lons à Bi­jie !

Après avoir ob­te­nu son di­plôme uni­ver­si­taire, Qin Shao­shuai, 24 ans, a été em­bau­ché en 2016 par le groupe Ever­grande. « Tra­vailler au siège so­cial à Guangz­hou et avoir un poste bien ré­mu­né­ré, beau­coup de mes ca­ma­rades de classe m’ont en­vié. Je pen­sais que cette vie conti­nue­rait », se rap­pelle Qin Shao­shuai. Lors­qu’il a ap­pris que sa branche al­lait en­voyer une per­sonne à Bi­jie pour ai­der les dé­mu­nis, il a po­sé sa can­di­da­ture sans hé­si­ta­tion. « Où se trouve Bi­jie ? Je n’en avais au­cune idée à l’époque. »

Le groupe Ever­grande est une en­tre­prise pri­vée opé­rant dans les sec­teurs de l’im­mo­bi­lier, des ser­vices et des hautes tech­no­lo­gies. Il se classe dans le top 500 mon­dial des en­tre­prises. Ré­pon­dant à l’ap­pel d’État et avec le sou­tien du Co­mi­té na­tio­nal de la Confé­rence consul­ta­tive po­li­tique du peuple chi­nois (CCPPC), en dé­cembre 2015, le groupe a éta­bli un lien d’as­sis­tance avec la ville de Bi­jie. Il a en­voyé 2 108 per­sonnes dans la ré­gion des monts Wu­meng et fait don de 11 mil­liards de yuans pour éra­di­quer la pau­vre­té. Il en­vi­sage d’ai­der Bi­jie à faire sor­tir un mil­lion de per­sonnes de la pau­vre­té à tra­vers des me­sures qui lui sont spé­cia­le­ment consa­crées : le dé­ve­lop­pe­ment des in­dus­tries ; le dé­pla­ce­ment des ha­bi­tants vers les ré­gions dont les condi­tions so­cioé­co­no­miques sont bonnes ; la créa­tion d’em­plois, le dé­ve­lop­pe­ment de l’édu­ca­tion ; la mise en place du sys­tème de ga­ran­tie des moyens d’exis­tence pour les per­sonnes pauvres de ca­té­go­rie spé­ciale.

En mai 2017, Qin Shao­shuai est de­ve­nu bé­né­vole du troi­sième groupe en­voyé par Ever­grande à Bi­jie. Yang Liyuan, 27 ans, est aus­si membre du groupe. Avant de ve­nir à Bi­jie, elle avait pen­sé à toutes les dif­fi­cul­tés qu’elle pour­rait ren­con­trer : sans eau ni élec­tri­ci­té, pas de douche... Elle gar­dait en tête les pa­roles des bé­né­voles qui l’avaient pré­cé­dée : « L’aide aux dé­mu­nis se­ra un mo­ment im­por­tant de ta vie que tu n’ou­blie­ras ja­mais. »

Wan Hua­kun s’est lan­cé dans la lutte contre la pau­vre­té au dé­but de 2016. Il est ar­ri­vé à Bi­jie un an plus tôt que Qin Shao­shuai et Yang Liyuan. Pho­to­graphe ama­teur, il a pho­to­gra­phié le tra­vail quo­ti­dien de la ré­duc­tion de la pau­vre­té. Sa fa­mille ha­bite dans le Hu­nan, il a ob­te­nu le sou­tien de ses pa­rents lors­qu’il a dé­ci­dé de ve­nir à Bi­jie.

Pion­niers dans la lutte contre la pau­vre­té

Wan Hua­kun se rap­pelle clai­re­ment que le len­de­main de son ar­ri­vée à Bi­jie, il est al­lé avec son col­lègue à la mai­son de Zhang Zhen­gying, une vieille femme pauvre qui ha­bi­tait dans le vil­lage de Yin­chuan du can­ton de Feng­shan. « La vieille dame était très pauvre. Il n’y avait rien à man­ger chez elle, sauf un peu de maïs dans la mar­mite. Le vieux couple vi­vait avec leur pe­tit-fils dans une mai­son dé­la­brée, ils se ré­chauf­faient au­tour d’un four en ar­gile. » À la vue de cette scène, il fut en­va­hi de tris­tesse. « La fa­mille de la vieille femme avait ha­bi­té dans cette mai­son sombre pen­dant 12 ans. »

Ce jour-là, Wan Hua­kun a pho­to­gra­phié la vie réelle de cette fa­mille. Sur la route du re­tour, il pen­sait en­core aux yeux déses­pé­rés de la vieille femme. Heu­reu­se­ment, la fa­mille de la grand-mère Zhang cor­res­pon­dait au cri­tère du dé­pla­ce­ment des foyers pauvres vers d’autres ré­gions.

Pen­dant deux ans, Wan Hua­kun et ses col­lègues se sont dé­me­nés par­tout dans cette ré­gion mon­ta­gneuse pour vi­si­ter les foyers pauvres. Pour fa­ci­li­ter les contacts avec les ha­bi­tants lo­caux, ce jeune homme a ap­pris plu­sieurs dia­lectes lo­caux de Bi­jie. « C’est jus­te­ment pour les ap­pro­cher. »

Lors­qu’il est ar­ri­vé à Bi­jie, Qin Shao­shuai a été en­voyé à la branche « Ré­duc­tion de la pau­vre­té » d’Ever­grande au can­ton de Feng­shan. La pre­mière fois qu’il est sor­ti pour vi­si­ter les vil­lages, il était sur une mo­to. Lorsque la mo­to a rou­lé sur une route d’un mètre de large le long d’une fa­laise, Qin Shao­shuai en a été ter­ri­fié. À Bi­jie, les équipes de ré­duc­tion de la pau­vre­té en­voyées par Ever­grande sont ré­par­ties dans tous les can­tons. Ils sont char­gés de la coor­di­na­tion et de la mise en oeuvre des me­sures de ré­duc­tion de la pau­vre­té.

Après une heure et de­mie de mo­to, il a en­core fal­lu mar­cher à pied pen­dant une de­mi-heure pour tra­ver­ser quatre ou cinq mon­tagnes avant de ve­nir chez grand-père Wang. « C’était en­core en plein jour mais il fai­sait très sombre dans la mai­son, et on ne voyait rien », ra­conte Qin Shao­shuai. À l’aide d’une lampe de poche, il a vu tout ce qu’il y avait dans la mai­son : un four, une ar­moire et un lit. C’était en­core pire que dans son ima­gi­na­tion.

Le grand-père Wang, un vieil homme sep­tua­gé­naire, était très ex­ci­té lors­qu’il a vu quel­qu’un ve­nir pour lui four­nir une as­sis­tance. Il a trou­vé dans l’ar­moire une pomme, qui s’était dé­jà ra­cor­nie, et l’a of­fert aux in­vi­tés ve­nant de loin.

De­puis un an et de­mi qu’il tra­vaille à Bi­jie, Qin Shao­shuai et ses col­lègues ont vi­si­té de nom­breux foyers et ont par­ti­ci­pé au dé­pla­ce­ment de 600 foyers en­vi­ron. Tous ont ob­te­nu une as­sis­tance en ma­tière

d’em­plois et de dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­pre­na­riat.

Yang Liyuan a été dé­pê­chée à la branche du dé­ve­lop­pe­ment de l’édu­ca­tion. Elle aide à l’éta­blis­se­ment d’un lien d’as­sis­tance entre un em­ployé d’Ever­grande et un en­fant pauvre, à tra­vers le don en na­ture, le don en ar­gent et l’aide psy­cho­lo­gique. « Chaque jour, je vi­si­tais sept ou huit foyers pauvres, don­nais une as­sis­tance ci­blée aux foyers ins­crits sur les do­cu­ments d’ar­chives de la ré­duc­tion de la pau­vre­té. Mal­gré la fa­tigue, ma vie était bien rem­plie et agréable. »

Les chan­ge­ments

Le 28 sep­tembre 2016 est un jour spé­cial pour Wan Hua­kun et Zhang Zhen­gying. « Ce jour-là, la fa­mille de la grand-mère Zhang a dé­mé­na­gé dans le nou­veau vil­lage que notre groupe a construit. Lors­qu’elle a ou­vert la porte de sa nou­velle mai­son de 120 m², elle a af­fi­ché le sou­rire de la joie », se rap­pelle Wan Hua­kun. De sa pre­mière vi­site chez la grand-mère Zhang jus­qu’au dé­mé­na­ge­ment de celle-ci, 280 jours ont pas­sé. Wan Hua­kun a tout en­re­gis­tré avec sa ca­mé­ra. « En tant que té­moin des chan­ge­ments sur­ve­nus dans leur vie, je sens la même joie que ces ha­bi­tants. »

Grâce aux ef­forts de Qin Shao­shuai et ses col­lègues, le grand-père Wang a éga­le­ment dé­mé­na­gé dans la nou­velle mai­son. « La nou­velle mai­son a été dé­co­rée et équi­pée de meubles et d’élec­tro­mé­na­gers », ex­plique Qin Shao­shuai. Avant le dé­mé­na­ge­ment, le fils et la belle-fille du grand-père Wang ont quit­té la mai­son si­tuée dans la mon­tagne et ont été obli­gés de louer un lo­ge­ment dans le bourg, car leur fille avait at­teint l’âge de sco­la­ri­sa­tion. Main­te­nant, l’école pri­maire de la pe­tite-fille du grand-père Wang se trouve très proche de leur nou­veau lo­ge­ment. « Tous les membres de la fa­mille peuvent en­fin vivre en­semble. »

À 100 m de la nou­velle mai­son du grand-père Wang, se trouvent des serres, une des me­sures du dé­pla­ce­ment des foyers pauvres pour ré­duire la pau­vre­té. Toute la fa­mille peut trou­ver un tra­vail dans les serres. Sa bel­le­fille peut y tra­vailler après avoir ac­com­pa­gné sa fille à l’école et elle peut ga­gner 70 yuans par jour. Le grand­père Wang peut ar­ro­ser les lé­gumes et son fils peut trou­ver un poste de ma­çon aux en­vi­rons et ga­gner 120 yuans par jour, se­lon Qin Shao­shuai.

Lors­qu’il voit la vie heu­reuse de la fa­mille du grand­père Wang, Qin Shao­shuai est sa­tis­fait de son tra­vail.

Yang Liyuan et ses col­lègues ont éga­le­ment ai­dé les en­fants, des en­fants pré­sco­la­ri­sés aux élèves de pre­mier cycle de l’en­sei­gne­ment se­con­daire. Ils ont éta­bli 4 993 liens d’as­sis­tance ci­blée. « Chaque fois que nous re­met­tons des dons à ces en­fants, je suis très heu­reuse, sur­tout lorsque je vois qu’ils sont contents », se ré­jouit Yang Liyuan.

La vie des bé­né­voles

800 jours, plus de 100 000 km de routes mon­ta­gneuses, 24 bourgs et can­tons pauvres, 5 000 per­sonnes dé­mu­nies, 256 000 pho­tos, ces chiffres re­pré­sentent le tra­vail de Wan Hua­kun dans la lutte contre la pau­vre­té à Bi­jie.

Après un an de tra­vail à la cam­pagne, Qin Shao­shuai est tout bron­zé. À sa grande sur­prise, il a été pro­mu au poste de di­rec­teur de sa branche pour les ré­sul­tats de son tra­vail même s’il n’a pas une grande an­cien­ne­té. Le tra­vail de la ré­duc­tion de la pau­vre­té lui vaut des ex­pé­riences spé­ciales : « Si je ren­contre des dif­fi­cul­tés dans le tra­vail ou dans la vie à l’ave­nir, les ex­pé­riences de la ré­duc­tion de la pau­vre­té pour­ront m’ai­der à sur­mon­ter n’im­porte quelle dif­fi­cul­té. »

Cette ex­pé­rience a per­mis à Yang Liyuan de quit­ter sa vie mo­no­tone d’au­tre­fois et lui a ou­vert une nou­velle pers­pec­tive sur la vie : « J’ai réa­li­sé un rêve de jeu­nesse avec les autres jeunes. Je ne le re­grette pas. »

Ces trois per­sonnes sont des exemples qui re­pré­sentent bien les groupes de ré­duc­tion de la pau­vre­té en­voyé par le groupe Ever­grande. Ils tra­vaillent dans les dis­tricts, can­tons et vil­lages en co­opé­ra­tion avec des cadres et des vil­la­geois lo­caux. Ils se rendent sur le ter­rains, vi­sitent des foyers et as­sument par­fai­te­ment leurs res­pon­sa­bi­li­tés. À l’heure ac­tuelle, le groupe Ever­grande a ai­dé les co­mi­tés du Par­ti et les gou­ver­ne­ments aux dif­fé­rents éche­lons de Bi­jie à faire sor­tir 306 700 per­sonnes de la pau­vre­té. Il en­vi­sage de faire sor­tir 724 600 per­sonnes de la pau­vre­té en 2020. De plus en plus de jeunes ve­nant du groupe Ever­grande vont se lan­cer dans la lutte contre la pau­vre­té à Bi­jie et pas­ser leur jeu­nesse à ai­der les per­sonnes en dif­fi­cul­té.

Qin Shao­shuai (1er à gauche), Yang Liyuan (au centre) et Wan Hua­kun (1er à droite)

Des membres de l’équipe d’aide au dé­ve­lop­pe­ment rendent vi­site à un foyer pauvre dans la ré­gion des monts Wu­meng.

Des membres de l’équipe d’aide au dé­ve­lop­pe­ment tra­vaillent sur un chan­tier de construc­tion de lo­ge­ments des­ti­nés aux foyers pauvres.

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