Fa­vo­ri­ser l’ou­ver­ture du monde

China Today (French) - - SOMMAIRE - ZHANG HUI, membre de la ré­dac­tion

Alors que l’ad­mi­nis­tra­tion Trump, his­sant haut sa ban­nière « L’Amé­rique d’abord », main­tient obs­ti­né­ment sa po­li­tique pro­tec­tion­niste et exa­cerbe ses fric­tions com­mer­ciales avec de nom­breux autres pays du globe, le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping a dé­cla­ré en avril der­nier, lors de la confé­rence an­nuelle 2018 du Fo­rum de Bo’ao pour l’Asie, que « la porte ou­verte de la Chine ne se re­fer­me­ra pas et conti­nue­ra de s’ou­vrir en­core da­van­tage ». Il a éga­le­ment pré­ci­sé les me­sures ma­jeures que pren­dra la Chine pour pro­gres­ser dans l’ou­ver­ture, no­tam­ment celles fa­vo­rables à l’im­por­ta­tion. « Au mois de no­vembre pro­chain, nous or­ga­ni­se­rons la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine à Shan­ghai. Il ne s’agit pas d’une ex­po­si­tion or­di­naire, mais d’une ini­tia­tive po­li­tique im­por­tante et d’un en­ga­ge­ment fort pris de notre plein gré, dans l’ob­jec­tif d’ou­vrir le mar­ché chi­nois. Nos amis étran­gers aux quatre coins du monde se­ront les bien­ve­nus à cette ex­po­si­tion », a an­non­cé le pré­sident Xi à la confé­rence, pro­met­tant que l’ex­po­si­tion de­vien­drait un évé­ne­ment an­nuel.

D’après les sources, plus de 2 800 en­tre­prises ba­sées dans plus de 130 pays et ré­gions vont par­ti­ci­per à cette pre­mière édi­tion de l’Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine pour pré­sen­ter leur offre de pro­duits dans les do­maines des ser­vices, de l’au­to­mo­bile, des équi­pe­ments in­tel­li­gents haut de gamme, des biens de consom­ma­tion, de l’agri­cul­ture, de la san­té et des soins. Les en­tre­prises par­ti­ci­pantes de­vraient dé­voi­ler leurs pro­duits em­blé­ma­tiques et ceux ex­ploi­tant les tech­no­lo­gies de pointe de leurs sec­teurs d’ac­ti­vi­té, tout en ré­vé­lant les nou­velles ten­dances.

La Chine au pré­sent a in­ter­viewé plu­sieurs an­ciens chefs d’État et de gou­ver­ne­ment, sans ou­blier le se­cré­taire gé­né­ral du Con­seil In­ter­Ac­tion, Tho­mas S. Ax­wor­thy, pour leur de­man­der leur avis sur cette ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale, la pre­mière sur le thème de l’im­por­ta­tion or­ga­ni­sée à une si vaste échelle.

Pour un monde plus ou­vert

« C’est un évé­ne­ment de taille et d’une im­por­tance ca­pi­tale pour le com­merce in­ter­na­tio­nal. À mon sens, cette ex­po­si­tion per­met de ras­sem­bler. Voi­là des dé­cen­nies que je vois des ex­po­si­tions, mais c’est la pre­mière qui ras­semble ain­si des pays, des en­tre­prises et la com­mu­nau­té du monde en­tier. C’est fan­tas­tique ! Et se­lon moi, les di­ri­geants chi­nois ont in­ves­ti de for­mi­dables ef­forts dans cette ren­contre. D’ailleurs, j’ai­me­rais bien y par­ti­ci­per en no­vembre, si pos­sible. Je sou­haite donc à cette ex­po­si­tion tout le suc­cès qu’elle mé­rite. Au vu de toute la pré­pa­ra­tion et du tra­vail dé­jà in­ves­tis, je crois que cette ex­po se­ra une franche réus­site pour la Chine, et plus gé­né­ra­le­ment, pour l’ou­ver­ture du monde », a ex­pri­mé Ber­tie Ahern, an­cien pre­mier mi­nistre ir­lan­dais et co-pré­sident du Con­seil In­ter­Ac­tion.

M. Ahern a sa­lué la po­si­tion mul­ti­la­té­ra­liste adop­tée par la Chine et ses nou­veaux ef­forts pour ac­cen­tuer l’ou­ver­ture. « De mon point de vue, plus on ouvre les portes du pays et plus on fait tom­ber les bar­rières com­mer­ciales, mieux le monde se por­te­ra. » Il est d’avis que les me­sures ré­pres­si-

ves, comme les droits de douane, au­ront pour seul ef­fet de per­tur­ber l’ordre in­ter­na­tio­nal éta­bli.

« J’es­time que c’est mieux pour tout le monde lorsque les règles du jeu sont équi­tables, sans res­tric­tions, droits de douane éle­vés, sub­ven­tions ca­chées. Dans un tel contexte, les en­tre­prises gé­nèrent plus d’ac­ti­vi­tés, ces ac­ti­vi­tés créant plus d’em­plois. Et comme vous le sa­vez, plus d’ac­ti­vi­tés im­pliquent plus d’im­pôts, im­pôts qui servent à dé­ve­lop­per les ser­vices. En fin de compte, c’est cy­clique », a ana­ly­sé M. Ahern. D’après lui, le pro­tec­tion­nisme ne per­du­re­ra pas. « C’est un mo­dèle qui ne fonc­tionne pas. Et ceux qui en souffrent, ce sont les jeunes et les per­sonnes âgées, qui peinent à trou­ver un em­ploi », a-t-il ajou­té.

« En bref, je crois dans les bien­faits du mul­ti­la­té­ra­lisme et de la mon­dia­li­sa­tion. Le monde est plus pai­sible et vi­vable s’il est ou­vert et échange li­bre­ment. C’est ce qu’il faut ! », a conclu l’an­cien Taoi­seach ir­lan­dais. M. Ahern a éga­le­ment ex­pri­mé sa foi dans les or­ga­nismes in­ter­na­tio­naux, vi­sant à faire le bien dans le monde, qui ont été éta­blies au prix de grands ef­forts.

La contri­bu­tion de la Chine au monde

Dans une in­ter­view ex­clu­sive pour La Chine au pré­sent, l’an­cien pré­sident chy­priote, George V. Vas­si­liou, a loué les 40 ans de ré­forme et d’ou­ver­ture de la Chine. « Je consi­dère que la ré­forme chi­noise est la meilleure chose qui au­rait pu ar­ri­ver, non seule­ment pour la Chine, mais aus­si pour le monde. En ef­fet, la crois­sance de la Chine a un ef­fet sta­bi­li­sa­teur, en Chine et en Asie, mais aus­si sur le reste de la pla­nète. De sur­croît, grâce à cette ré­forme, le re­ve­nu par ha­bi­tant a connu une hausse re­mar­quable en Chine et près de 700 mil­lions de per­sonnes ru­rales sont sor­ties de la pau­vre­té, ce qui a ap­por­té une im­mense contri­bu­tion au monde », a-t-il dé­cla­ré, met­tant toutes ces réus­sites sur le compte des sages po­li­tiques ap­pli­quées par le pays.

L’an­cien pré­sident chy­priote est d’avis que la Chine, en rai­son de sa mon­tée en puis­sance, est dé­sor­mais en me­sure d’in­fluen­cer le dé­ve­lop­pe­ment du monde. Il a in­di­qué que la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine pro­met­tait d’être un évé­ne­ment ga­gnant-ga­gnant pour la Chine comme pour les autres pays par­ti­ci­pants. « La Chine a tra­ver­sé dif­fé­rentes phases. Au dé­but, elle a ta­blé sur l’ex­por­ta­tion pour pou­voir conso­li­der son éco­no­mie. Do­ré­na­vant, la consom­ma­tion in­té­rieure est de­ve­nue plus im­por­tante en­core. Le pays sou­haite dé­pendre es­sen­tiel­le­ment de ses mar­chés lo­caux. Et le prin­ci­pal ob­jec­tif à pré­sent est de ré­pondre à la de­mande crois­sante et de plus en plus di­ver­si­fiée de la classe moyenne en plein es­sor. Pour cette rai­son, il était ex­trê­me­ment im­por­tant de te­nir cette ex­po­si­tion sur l’im­por­ta­tion, pour per­mettre aux ex­por­ta­teurs du monde en­tier d’ap­prendre à mieux connaître la Chine. Elle donne au reste du monde une oc­ca­sion sup­plé­men­taire d’ac­cé­der au mar­ché chi­nois, d’une im­por­tance co­los­sale pour le monde », a dé­cryp­té M. Vas­si­liou.

Le se­cré­taire gé­né­ral du Con­seil In­ter­Ac­tion, Tho­mas S. Ax­wor­thy, a confié dans son in­ter­view qu’à l’heure où l’ad­mi­nis­tra­tion Trump s’isole du reste du monde, c’est le mo­ment pour la Chine d’as­su­mer da­van­tage sa res­pon­sa­bi­li­té in­ter­na­tio­nale et de jouer un plus grand rôle dans la gou­ver­nance mon­diale. Il a sou­li­gné que la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine offre une plate-forme de choix pour construire un monde plus ou­vert. « La Chine, que ce soit pour le com­merce ou sa propre éco­no­mie, a be­soin du reste du monde. Mais le reste du monde a éga­le­ment be­soin de la Chine. Le phé­no­mène est gé­né­ra­le­ment ré­ci­proque. Pour l’heure, le pré­sident Trump n’en a pas conscience, mais il se re­trouve re­la­ti­ve­ment seul. Presque tous les autres di­ri­geants dans le monde le re­con­naissent : la Chine suit la bonne stra­té­gie. Les États-Unis, en se fer­mant au monde, laissent un

« La crois­sance de la Chine a un ef­fet sta­bi­li­sa­teur, en Chine et en Asie, mais aus­si sur le reste de la pla­nète. »

vide que la Chine doit rem­plir », a af­fir­mé Ax­wor­thy.

L’échec du pro­tec­tion­nisme

L’ad­mi­nis­tra­tion Trump a en­ve­ni­mé la ten­sion com­mer­ciale avec la Chine le 17 sep­tembre, en im­po­sant de sé­vères droits de douane de 10 % sur 200 mil­liards de dol­lars d’im­por­ta­tions chi­noises. Une se­maine plus tard, la Chine a pu­blié un livre blanc pour cla­ri­fier les faits quant aux re­la­tions éco­no­miques et com­mer­ciales si­no-amé­ri­caines, dé­mon­trer son point de vue vis-àvis de cette ten­sion com­mer­ciale avec les États-Unis et avan­cer des so­lu­tions rai­son­nables.

Tout en pré­ser­vant sa di­gni­té na­tio­nale et ses in­té­rêts fon­da­men­taux, la Chine s’est fer­me­ment en­ga­gée en fa­veur du dé­ve­lop­pe­ment sain des re­la­tions éco­no­miques et com­mer­ciales si­no-amé­ri­caines, de la ré­forme et de l’amé­lio­ra­tion de son sys­tème com­mer­cial mul­ti­la­té­ral, ain­si que de l’ap­pro­fon­dis­se­ment de sa po­li­tique de ré­forme et d’ou­ver­ture. À l’in­verse, le pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump a ré­af­fir­mé pu­bli­que­ment son re­jet de la mon­dia­li­sa­tion et des mé­ca­nismes de gou­ver­nance mon­diale le 26 sep­tembre der­nier, de­vant l’As­sem­blée gé­né­rale des Na­tions Unies.

À peine un mois plus tard, plus de 2 800 en­tre­prises pro­ve­nant de plus de 130 pays et ré­gions vont par­ti­ci­per à la pre­mière Ex­po­si- tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine ; 80 pays vont or­ga­ni­ser des ex­po­si­tions à Shan­ghai pour pré­sen­ter leurs réa­li­sa­tions en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment et trois or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales vont ef­fec­tuer des pré­sen­ta­tions. Et pré­ci­sons qu’à la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture, plu­sieurs chefs d’État et de gou­ver­ne­ment se­ront pré­sents. Toutes ces don­nées ne sont-elles pas le signe de l’échec du pro­tec­tion­nisme dans le monde ?

« Le pro­tec­tion­nisme a un im­pact très né­ga­tif sur le sys­tème com­mer­cial in­ter­na­tio­nal ac­tuel », a ju­gé Ka­bi­né Ko­ma­ra, an­cien pre­mier mi­nistre gui­néen, que nous avons in­ter­viewé lors de la 35e confé­rence an­nuelle du Con­seil In­ter­Ac­tion, te­nue à Bei­jing le 28 sep­tembre.

« L’OMC a été fon­dé pour ré­pondre à ces dif­fé­rends. Niant le rôle de cette ins­ti­tu­tion, les di­ri­geants pro­tec­tion­nistes im­posent des sanc­tions. Ce­la va fi­nir par ren­ver­ser le sys­tème », a aver­ti M. Ko­ma­ra, qui pense que le monde est ma­jo­ri­tai­re­ment op­po­sé au pro­tec­tion­nisme.

Il a fé­li­ci­té la Chine pour l’ap­pel qu’elle a lan­cé à re­ve­nir aux mé­ca­nismes de l’OMC, ain­si que son par­ti pris en fa­veur du mul­ti­la­té­ra­lisme et du libre-échange. Il a pré­dit : « Tôt ou tard, le bon sens l’em­por­te­ra. » Il es­time que la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine of­fri­ra un sup­port de pro­mo­tion du com­merce fa­bu­leux pour les pays par­ti­ci­pants.

M. Ko­ma­ra a sou­li­gné : « Nous de­vons co­opé­rer. Le com­merce est es­sen­tiel pour le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Sans le com­merce, im­pos­sible d’amé­lio­rer la condi­tion d’un pays et d’ins­tau­rer la paix. Le com­merce consti­tue, par consé­quent, la clé don­nant ac­cès à la paix et à la co­opé­ra­tion, tan­dis que le re­pli sur soi est une voie sans is­sue. »

Se­lon l’an­cien pre­mier mi­nistre hon­grois, Pé­ter Med­gyes­sy, la Chine a dé­mon­tré, à tra­vers la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine, son sou­tien à la mon­dia­li­sa­tion et sa po­si­tion en fa­veur du mul­ti­la­té­ra­lisme. « Je suis un fervent dé­fen­seur de la mon­dia­li­sa­tion. Per­sonne ne sort ga­gnant d’une guerre com­mer­ciale. La po­si­tion de la Chine me semble lu­cide, puisque je sou­tiens éga­le­ment le mul­ti­la­té­ra­lisme », a af­fir­mé M. Med­gyes­sy.

« Nous fa­bri­quons des voi­tures et les pièces qui les com­posent. La Chine est notre prin­ci­pal ache­teur », a li­vré M. Med­gyes­sy. Il es­père que, par le biais de cette ex­po­si­tion, le com­merce bi­la­té­ral entre la Chine et la Hon­grie réa­li­se­ra de nou­veaux pro­grès.

« Vous sa­vez, tous les pays craignent la guerre com­mer­ciale, dont l’im­pact se­ra res­sen­ti par­tout dans le monde. Les pays les plus faibles se­ront les plus tou­chés, tan­dis que les plus forts s’en re­met­tront ai­sé­ment », a sou­li­gné l’an­cien pre­mier mi­nistre hon­grois, avant d’ajou­ter : « La Hon­grie est un pays as­sez dé­ve­lop­pé, mais n’est tout de même pas au même ni­veau que les pays les plus développés. De fait, la Hon­grie pour­rait souf­frir de cette guerre com­mer­ciale. » M. Med­gyes­sy a ap­pe­lé les par­ties concer­nées à trou­ver au plus vite des moyens de ré­gler leurs li­tiges com­mer­ciaux, en mi­ni­mi­sant les ré­per­cus­sions mon­diales.

« Le com­merce consti­tue, par consé­quent, la clé don­nant ac­cès à la paix et à la co­opé­ra­tion, tan­dis que le re­pli sur soi est une voie sans is­sue. »

Les af­fiches de l’Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine de­vant l’Orien­tal Pearl Ra­dio & TV To­wer à Shan­ghai

Tho­mas S. Ax­wor­thy, se­cré­taire gé­né­ral du Con­seil In­ter­Ac­tion

Ber­tie Ahern, an­cien pre­mier mi­nistre ir­lan­dais

Ka­bi­né Ko­ma­ra, an­cien pre­mier mi­nistre gui­néen

Pé­ter Med­gyes­sy, an­cien pre­mier mi­nistre hon­grois

George V. Vas­si­liou, an­cien pré­sident chy­priote

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