40 Ré­so­lu­tions pour éle­ver le ni­veau de l’ou­ver­ture

China Today (French) - - SOMMAIRE - LI GANG*

Dans son dis­cours à la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture de la pre­mière Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine (CIIE) qui s’est dé­rou­lée le 5 no­vembre à Shan­ghai, le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping a in­di­qué qu’il s’agit d’une « ini­tia­tive pion­nière » dans l’his­toire du dé­ve­lop­pe­ment du com­merce in­ter­na­tio­nal et d’une dé­ci­sion ma­jeure liée au nou­veau cycle de me­sures d’ou­ver­ture qui illustre la vo­lon­té de la Chine d’ou­vrir son mar­ché au monde.

Le rôle du com­merce d’im­por­ta­tion

L’or­ga­ni­sa­tion de la CIIE montre que la Chine a com­pris le rôle pri­mor­dial du com­merce d’im­por­ta­tion dans le déve- lop­pe­ment so­cio-éco­no­mique. Du point de vue de la théo­rie tra­di­tion­nelle du com­merce in­ter­na­tio­nal, le com­merce d’ex­por­ta­tion consti­tue un mo­teur im­por­tant pour pro­mou­voir la crois­sance éco­no­mique d’un pays, en sti­mu­lant son mar­ché de l’em­ploi et en amé­lio­rant sa struc­ture in­dus­trielle. Au contraire, le com­merce d’im­por­ta­tion est consi­dé­ré comme une « fuite » du re­ve­nu na­tio­nal : les achats de pro­duits et ser­vices étran­gers en­traînent une ré­duc­tion du re­ve­nu na­tio­nal. En fait, ce biais cog­ni­tif conduit à des per­cep­tions très dif­fé­rentes du com­merce d’im­por­ta­tion d’un pays à l’autre.

Au­pa­ra­vant, la Chine es­ti­mait que le com­merce ex­té­rieur de­vait ré­pondre aux be­soins du pays. Pen­dant la pre­mière phase de la ré­forme et l’ou­ver­ture de la Chine, l’idée di­rec­trice était d’uti­li­ser ac­ti­ve­ment « les res­sources et les mar­chés à l’in­té­rieur et à l’ex­té­rieur du pays », en dé­fi­nis­sant comme suit le rôle prin­ci­pal du com­merce d’im­por­ta­tion : uti­li­ser les re­ve­nus gé­né­rés par les ex­por­ta­tions pour ache­ter des tech­no­lo­gies et des équi­pe­ments étran­gers de pointe, ain­si que des ma­té­riaux dont la crois­sance na­tio­nale a un be­soin urgent. Avec le dé­ve­lop­pe­ment d’une éco­no­mie plus ou­verte, on a consta­té que les ex­por­ta­tions et les im­por­ta­tions étaient bi­di­rec­tion­nelles et on a donc pro­po­sé d’ex­ploi­ter à fond « les res­sources et les mar­chés à l’in­té­rieur et à l’ex­té­rieur du pays », d’aug­men­ter les im­por­ta­tions en dé­ve­lop­pant conti­nuel­le­ment les ex­por­ta­tions, et d’at­ta­cher une grande im­por­tance à un dé­ve­lop­pe­ment plus équi­li­bré et du­rable du com­merce ex­té­rieur.

Avec l’ac­cé­lé­ra­tion de la construc­tion d’une nou­velle struc­ture éco­no­mique ou­verte dans la nou­velle ère et le ren­for­ce­ment de la puis­sance com­mer­ciale de la Chine, il est né­ces­saire d’être at­ten­tif à l’équi­libre du dé­ve­lop­pe­ment du com­merce ex­té­rieur, par exemple, le lien entre le com­merce de mar­chan­dises et le com­merce de ser­vices, ain­si qu’entre le com­merce d’ex­por­ta­tion et le com­merce d’im­por­ta­tion. Après quatre dé­cen­nies de ré­forme et d’ou­ver­ture, notre com­pré­hen­sion du rôle du com­merce d’im­por­ta­tion dans l’éco­no­mie na­tio­nale et le dé­ve­lop­pe­ment so­cial a évo­lué. Pre­miè­re­ment, la concur­rence gé­né­rée par l’aug­men­ta­tion des im­por­ta­tions sti­mu­le­ra la ré­forme struc­tu­relle du cô­té de l’offre. En ef­fet, cette concur­rence per­met­tra d’ex­clure une par­tie de l’offre non va­lide du mar­ché in­té­rieur, en in­ci­tant les en­tre­prises chi­noises à aug­men­ter leur ni­veau tech­no­lo­gique. Face aux pro­duits et ser­vices étran­gers de qua­li­té, les en­tre­prises chi­noises doivent re­le­ver le dé­fi de la com­pé­ti­ti­vi­té.

Deuxiè­me­ment, l’aug­men­ta­tion des im­por­ta­tions qui se­ra gé­né­rée par la ré­duc­tion des taxes à la­quelle la Chine s’est en­ga­gée dans le cadre de l’OMC per­met­tra de ré­duire les dis­tor­sions des si­gnaux-prix et de pro­mou­voir le dé­ve­lop­pe­ment sain des im­por­ta­tions de mar­chan­dises et de ser­vices. Pour le mo­ment, les droits d’im­por­ta­tion de la Chine sont pas­sés en moyenne de 9,8 % à 7,5 %, et de­vraient en­core di­mi­nuer à l’ave­nir. La di­mi­nu­tion des droits de douane est une ma­ni­fes­ta­tion concrète du rôle do­mi­nant du mar­ché dans la dis­tri­bu­tion des res­sources.

Troi­siè­me­ment, l’aug­men­ta­tion des im­por­ta­tions per­met­tra d’amé­lio­rer la qua­li­té de vie de la po­pu­la­tion chi­noise. Grâce à la baisse gé­né­rale des ta­rifs doua­niers et à la ré­duc­tion des me­sures non ta­ri­faires, les prix des mar­chan­dises et des ser­vices étran­gers de qua­li­té qui entrent sur le mar­ché chi­nois sont de

plus en plus bas.

Agir en pays res­pon­sable

Tout d’abord, l’aug­men­ta­tion des im­por­ta­tions, qui illustre la po­li­tique d’ou­ver­ture, d’in­clu­sion, de bé­né­fices pour tous et de ga­gnant-ga­gnant que la Chine pro­pose sur la scène in­ter­na­tio­nale, a ou­vert da­van­tage la porte du mar­ché chi­nois aux par­te­naires com­mer­ciaux étran­gers.

Deuxiè­me­ment, l’aug­men­ta­tion des im­por­ta­tions en pro­ve­nance de dif­fé­rents pays pour­ra non seule­ment pro­mou­voir la crois­sance et l’amé­lio­ra­tion de la struc­ture éco­no­mique des pays ex­por­ta­teurs, mais éga­le­ment sti­mu­ler le mar­ché de l’em­ploi et aug­men­ter le re­ve­nu par ha­bi­tant de ces pays. Grâce à leur co­opé­ra­tion com­mer­ciale avec la Chine, les pays ex­por­ta­teurs bé­né­fi­cie­ront du dé­ve­lop­pe­ment ra­pide de la Chine.

Troi­siè­me­ment, la ré­duc­tion des dis­tor­sions des si­gnaux-prix in­duite par la baisse des ta­rifs doua­niers pro­mou­vra la libre cir­cu­la­tion trans­na­tio­nale des fac­teurs de pro­duc­tion, ra­tio­na­li­se­ra la dis­tri­bu­tion des res­sources et amé­lio­re­ra l’ef­fi­ca­ci­té de la pro­duc­tion dans les pays ex­por­ta­teurs. Ce­la sti­mu­le­ra par ailleurs le ré­ajus­te­ment de la struc­ture in­dus­trielle et le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique des pays ex­por­ta­teurs à tra­vers la co­opé­ra­tion dans la di­vi­sion du tra­vail de la chaîne de va­leur mon­diale. L’aug­men­ta­tion conti­nuelle des im­por­ta­tions de la Chine, deuxième plus grand mar­ché d’im­por­ta­tion au monde, sti­mu­le­ra le dé­ve­lop­pe­ment du com­merce mon­dial. La Chine est de­ve­nue un contri­bu­teur ma­jeur de la crois­sance mon­diale.

Cinq me­sures im­por­tantes

Le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping a an­non­cé, dans son dis­cours lors de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture de la CIIE, cinq me­sures im­por­tantes liées à un nou­veau cycle d’ou­ver­ture de haut ni­veau. Il s’agit de la mise en oeuvre de la po­li­tique de li­bé­ra­li­sa­tion et de fa­ci­li­ta­tion du com­merce et de l’in­ves­tis­se­ment pro­po­sée dans le rap­port du XIXe Con­grès du PCC.

La pre­mière me­sure consiste à sti­mu­ler le po­ten­tiel d’im­por­ta­tion. L’abais­se­ment des obs­tacles ta­ri­faires et non ta­ri­faires fa­ci­li­te­ra le com­merce et per­met­tra de ré­duire le coût ins­ti­tu­tion­nel des chaî­nons d’im­por­ta­tion et d’aug­men­ter l’en­ver­gure du com­merce d’im­por­ta­tion, afin de créer un mar­ché plus vaste pour l’éco­no­mie ex­terne et d’of­frir plus d’es­pace à l’ac­cès des pro­duits et ser­vices étran­gers sur le mar­ché chi­nois. C’est éga­le­ment une ma­ni­fes­ta­tion de la mon­tée en gamme de la consom­ma­tion et de l’élé­va­tion du ni­veau de consom­ma­tion moyen et haut de gamme de la Chine après qu’elle a re­joint le rang des pays à re­ve­nu moyen et éle­vé.

La se­conde me­sure est l’as­sou­plis­se­ment des condi­tions d’ac­cès au mar­ché en ap­pli­quant par exemple des listes né­ga­tives plus ré­centes et plus courtes pour les in­ves­tis­se­ments étran­gers et en ou­vrant da­van­tage le sec­teur des ser­vices, en par­ti­cu­lier des ser­vices fi­nan­ciers, en élar­gis­sant l’ou­ver­ture dans le do­maine de l’agri­cul­ture, de l’ex­trac­tion du mi­ne­rai et de la fa­bri­ca­tion. Les me­sures liées à l’ou­ver­ture des ser­vices fi­nan­ciers ont com­men­cé à être ap­pli­quées après l’an­nonce du pré­sident Xi Jin­ping

lors du Fo­rum de Boao pour l’Asie or­ga­ni­sé au mois d’avril 2018, et dans le fu­tur, les condi­tions d’ac­cès au mar­ché dans les sec­teurs des té­lé­com­mu­ni­ca­tions, de l’édu­ca­tion, des soins mé­di­caux et de la culture se­ront aus­si as­sou­plies.

La troi­sième me­sure est de créer un en­vi­ron­ne­ment com­mer­cial de pre­mier ordre. La Chine trai­te­ra sur un pied d’éga­li­té les en­tre­prises chi­noises et étran­gères, pro­té­ge­ra les droits et les in­té­rêts lé­gi­times des in­ves­tis­seurs étran­gers, et ré­gle­ra équi­ta­ble­ment les pro­blèmes que les en­tre­prises à ca­pi­taux étran­gers ren­contrent dans leurs ac­ti­vi­tés com­mer­ciales. En outre, la lutte contre la vio­la­tion des droits de pro­prié­té in­tel­lec­tuelle se­ra ren­for­cée. Se­lon le Rap­port 2019 sur l’en­vi­ron­ne­ment com­mer­cial pu­blié par la Banque mon­diale, l’en­vi­ron­ne­ment com­mer­cial en Chine a dé­jà connu une amé­lio­ra­tion consi­dé­rable, pas­sant de la 78e à la 46e place.

La qua­trième me­sure consiste à élar­gir l’ou­ver­ture. La ré­forme et l’in­no­va­tion se­ront ap­pro­fon­dies dans les zones pi­lotes de libre-échange créées en 2013 pour qu’elles puissent jouer plei­ne­ment leur rôle de la­bo­ra­toire de l’ou­ver­ture et of­frir un mo­dèle gé­né­ra­li­sable à l’en­semble du pays. Dans le même temps, la Chine conti­nue­ra d’ex­pé­ri­men­ter ses ports de libre-échange. Le pro­jet glo­bal d’exé­cu­tion de la zone pi­lote de li­breé­change de Hai­nan pro­pose de cons­truire un port de libre-échange qui se­ra co­or­don­né avec la zone pi­lote de libre-échange de Hai­nan.

La cin­quième me­sure est la pro­mo­tion du dé­ve­lop­pe­ment de la co­opé­ra­tion mul­ti­la­té­rale et bi­la­té­rale. Il s’agit d’abord de mieux pro­té­ger le sys­tème com­mer­cial mul­ti­la­té­ral ba­sé sur le libre-échange, tout en pro­mou­vant les co­opé­ra­tions éco­no­miques ré­gio­nales et en sti­mu­lant le pro­ces­sus d’in­té­gra­tion éco­no­mique ré­gio­nale, avec no­tam­ment la pro­mo­tion du par­te­na­riat éco­no­mique glo­bal ré­gio­nal, l’ac­cé­lé­ra­tion de la mise en place d’un ac­cord de libre-échange Chine-Ja­pon-Co­rée, la mise à ni­veau de di­vers ac­cords de libre-échange si­gnés par la Chine, le dé­ve­lop­pe­ment des né­go­cia­tions sur l’ac­cord bi­la­té­ral d’in­ves­tis­se­ment avec l’UE, et l’exé­cu­tion des « huit ini­tia­tives ma­jeures » de la co­opé­ra­tion si­no-afri­caine. Au sein des or­ga­ni­sa­tions de co­opé­ra­tion éco­no­mique mon­diales et ré­gio­nales comme le G20, l’APEC, l’Or­ga­ni­sa­tion de co­opé­ra­tion de Shan­ghai et les BRICS, la Chine né­go­cie­ra avec les pays concer­nés pour pro­mou­voir le dé­ve­lop­pe­ment en pro­fon­deur de la gou­ver­nance éco­no­mique mon­diale. Bien en­ten­du, le dé­ve­lop­pe­ment ap­pro­fon­di de toutes ces co­opé­ra­tions mul­ti­la­té­rales et bi­la­té­rales de­vrait être gui­dé par l’ini­tia­tive « la Cein­ture et la Route », concept clé de l’ou­ver­ture et de la di­plo­ma­tie éco­no­mique de la Chine dans la nou­velle ère.

*LI GANG est di­rec­teur ad­joint de l’Ins­ti­tut du com­merce in­ter­na­tio­nal et de la co­opé­ra­tion éco­no­mique re­le­vant du mi­nis­tère chi­nois du Com­merce.

Le 6 no­vembre 2018, des vi­si­teurs se font pho­to­gra­phier de­vant l’en­trée sud de la CIIE.

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