La ré­forme, l’ou­ver­ture et le dé­ve­lop­pe­ment : sources du pro­grès éco­no­mique et so­cial de la Chine

China Today (French) - - SOMMAIRE - HU JIANGYUN*

Après 40 ans de ré­forme et d’ou­ver­ture, l’éco­no­mie et la so­cié­té chi­noises ont connu des chan­ge­ments fon­da­men­taux. La Chine, pays en dé­ve­lop­pe­ment re­la­ti­ve­ment en re­tard, s’est trans­for­mée en un pays à re­ve­nus moyens. Les ac­com­plis­se­ments re­mar­quables de la Chine, liés à des op­por­tu­ni­tés his­to­riques, sont avant tout le ré­sul­tat de la po­li­tique de ré­forme, d’ou­ver­ture et de dé­ve­lop­pe­ment ap­pli­quée par le pays. Des études sur ces trois di­men­sions et sur le lien de cause à ef­fet entre eux nous ai­de­ront à re­pé­rer la source du pro­grès éco­no­mique et so­cial de la Chine et à re­tra­cer le par­cours de l’évo­lu­tion de la Chine pen­dant ces quatre der­nières dé­cen­nies.

La ré­forme : pre­mier fac­teur du pro­grès éco­no­mique et so­cial de la Chine

Au len­de­main de la fon­da­tion de la Ré­pu­blique po­pu­laire de Chine, les Chi­nois fai­saient face à de mul­tiples dif­fi­cul­tés : une pé­nu­rie ma­té­rielle et un ni­veau de vie très bas. Le jeune gou­ver­ne­ment chi­nois a en­ga­gé une ré­forme pro­fonde et a pris une sé­rie de me­sures pour mettre fin le plus ra­pi­de­ment pos­sible au re­tard et à la pau­vre­té. La ré­forme de la Chine a dé­bu­té dans les ré­gions ru­rales et a été cou­ron­née de suc­cès puis­qu’elle a non seule­ment per­mis de nour­rir la po­pu­la­tion, mais éga­le­ment de trou­ver les voies de la ré­forme.

1. La ré­forme ru­rale

Au len­de­main de la fon­da­tion de la Ré­pu­blique po­pu­laire de Chine, la ré­forme agraire a été mise en place dans le but de trans­for­mer la pe­tite éco­no­mie pay­sanne tra­di­tion­nelle et frag­men­tée et d’éta­blir pro­gres­si­ve­ment des groupes d’en­traide et des com­munes po­pu­laires. Les me­sures étaient adap­tées à la faible ca­pa­ci­té de pro­duc­tion de l’époque, mais n’ont pas réus­si à mo­bi­li­ser l’en­thou­siasme des pay­sans. Cette ré­forme n’a pas per­mis de réa­li­ser leur rêve d’en­ri­chis­se­ment.

Fin 1978, un évé­ne­ment his­to­rique a eu lieu en Chine. Dans le vil­lage de Xiao­gang du dis­trict de Fen­gyang (pro­vince de l’An­hui), 18 pay­sans, conduits par Yan Hong­chang, ont si­gné en se­cret, en dé­pit de gros risques, un contrat pour mettre en place le sys­tème de res­pon­sa­bi­li­té for­fai­taire pra­ti­qué au ni­veau du foyer : chaque foyer pay­san a un droit d’ex­ploi­ta­tion des terres et doit as­su­mer lui-même la res­pon­sa­bi­li­té de ses pro­fits et de ses pertes. Cet évé­ne­ment est consi­dé­ré comme le pré­lude de la ré­forme in­terne en Chine.

L’an­née qui a sui­vi la mise en place de ce sys­tème, le vil­lage de Xiao­gang a su­bi une grave sé­che­resse, mais la ré­colte s’est avé­rée quand même très bonne : la pro­duc­tion to­tale de cé­réales de l’équipe de pro­duc­tion a dé­pas­sé 65 000 kg, celle de plantes oléa­gi­neuses a at­teint 17 500 kg, ce qui équi­va­lait à la pro­duc­tion ac­cu­mu­lée des 20 an­nées pré­cé­dentes. Les vil­la­geois ont pu man­ger à leur faim, et ont en outre ga­gné un re­ve­nu net moyen de 400 yuans, 18 fois su­pé­rieur à ce­lui de l’an­née pré­cé­dente. À par­tir de ce mo­ment, la ré­forme ru­rale s’est dé­ve­lop­pée en pro­fon­deur. Le sys­tème des com­munes po­pu­laires a été abo­li et le sys­tème de res­pon­sa­bi­li­té for­fai­taire pra­ti­qué au ni­veau du foyer a été ins­tau­ré. La Chine a lar­ge­ment dé­ve­lop­pé les en­tre­prises ru­rales, ap­pro­fon­di la ré­forme sur la dis­tri­bu­tion des pro­duits agri­coles et in­ten­si­fié le trans­fert de la maind’oeuvre ru­rale vers d’autres sec­teurs.

2. La ré­forme du sys­tème éco­no­mique

Pen­dant les pre­mières an­nées de la ré­forme et l’ou­ver­ture, le ni­veau du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et so­cial de la Chine était li­mi­té et le ré­gime d’éco­no­mie pla­ni­fiée pra­ti­qué consis­tait à éla­bo­rer, se­lon les ob­jec­tifs glo­baux du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et so­cial, des po­li­tiques et des me­sures ap­pro­priées et à pla­ni­fier les ac­ti­vi­tés éco­no­miques im­por­tantes afin d’orien­ter et de ré­gu­la­ri­ser les ac­ti­vi­tés éco­no­miques.

La ré­forme du sys­tème éco­no­mique en Chine a en­suite été ap­pli­quée aux ré­gions ur­baines, puis à d’autres sec­teurs que le sec­teur éco­no­mique. La ré­forme ru­rale a per­mis d’amé­lio­rer consi­dé­ra­ble­ment le ni­veau de vie de la po­pu­la­tion et sti­mu­lé la ré­forme sur d’autres plans : la ré­forme des en­tre­prises na­tio­nales et la ré­forme ur­baine.

En 2008, mo­ment cru­cial de la trans­for­ma­tion et de la mon­tée en gamme de l’éco­no­mie chi­noise, la crise fi­nan­cière in­ter­na­tio­nale a pro­vo­qué des chocs sur l’éco­no­mie chi­noise. Le gou­ver­ne­ment chi­nois a pris des me­sures ac­tives pour ré­sis­ter aux consé­quences de la crise. Pa­ral­lè­le­ment, il a pris conscience de l’im­por­tance et de l’ur­gence de l’ap­pro­fon­dis­se­ment des ré­formes sur tous les plans.

En fé­vrier 2008, la deuxième ses­sion plé­nière du Co­mi­té cen­tral is­su du XVIIe Con­grès du Par­ti com­mu­niste chi­nois (PCC) a adop­té l’Avis sur l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la ré­forme du sys­tème de ges­tion ad­mi­nis­tra­tive dans l’ob­jec­tif d’éta­blir d’ici 2020 un sys­tème per­fec­tion­né de ges­tion ad­mi­nis­tra­tive so­cia­liste à la chi­noise. La re­con­ver­sion de la fonc­tion du gou­ver­ne­ment était au centre de la ré­forme du sys­tème de ges­tion ad­mi­nis­tra­tive et les au­to­ri­tés gou­ver­ne­men­tales aux dif­fé­rents éche­lons de­vaient mettre l’ac­cent sur la ges­tion et le ser­vice se­lon les be­soins réels. Confor­mé­ment au prin­cipe d’ad­mi­nis­tra­tion sim­pli­fiée, d’ac­tion uni­fiée et de haute ef­fi­ca­ci­té, et à la de­mande du ré­équi­li­brage et de la co­or­di­na­tion des pou­voirs de dé­ci­sion, d’ap­pli­ca­tion et de contrôle, la ré­forme des or­ganes gou­ver­ne­men­taux a été mise en place afin d’op­ti­mi­ser la struc­ture du gou­ver­ne­ment et de ra­tio­na­li­ser la di­vi­sion du tra­vail en fonc­tion des at­tri­bu­tions des dif­fé­rents ser­vices. Il fal­lait exer­cer le pou­voir en ver­tu de la loi, ac­cé­lé­rer la construc­tion de l’État de droit, per­fec­tion­ner le mé­ca­nisme de sur­veillance de l’au­to­ri­té ad­mi­nis­tra­tive en met­tant en place un sys­tème de ges­tion de la per­for­mance et de res­pon­sa­bi­li­té ad­mi­nis­tra­tive du gou­ver­ne­ment et amé­lio­rer le sys­tème de su­per­vi­sion du pou­voir ad­mi­nis­tra­tif.

De­puis 1978, la Chine n’a pas re­lâ­ché ses ef­forts dans la re­cherche ac­tive des ré­formes. La ré­forme du sys­tème éco­no­mique a pour­sui­vi le sché­ma de la ré­vo­lu­tion chi­noise, qui consiste à en­cer­cler les villes à par­tir des cam­pagnes. Elle est pas­sée des cam­pagnes aux villes, de l’agri­cul­ture à l’in­dus­trie, et de cer­taines zones à l’en­semble du pays, per­met­tant de li­bé­rer les es­prits et la vi­ta­li­té fon­da­men­tale du pro­grès éco­no­mique et so­cial de la Chine.

L’ou­ver­ture : sti­mu­ler la force mo­trice in­terne pour le pro­grès éco­no­mique et so­cial de la Chine

En 1972, le pré­sident amé­ri­cain Ri­chard Nixon a ef­fec­tué une vi­site en Chine. L’amé­lio­ra­tion des re­la­tions si­no-amé­ri­caines a je­té une base pour l’ou­ver­ture chi­noise. L’ou­ver­ture a per­mis à la Chine de sai­sir une op­por­tu­ni­té his­to­rique de dé­ve­lop­pe­ment et de réa­li­ser un pro­grès ra­pide sur les plans éco­no­mique et so­cial. L’éla­bo­ra­tion de la stra­té­gie d’ou­ver­ture sur l’ex­té­rieur et la dé­fi­ni­tion des phases de l’ou­ver­ture sont des étapes im­por­tantes dans la mise en place de la po­li­tique fon­da­men­tale de l’État, qui est la ré­forme et l’ou­ver­ture. L’ou­ver­ture chi­noise a com­men­cé par des es­sais dans des zones pi­lotes. Après un bi­lan des ex­pé­riences, elle a été pro­gres­si­ve­ment gé­né­ra­li­sée dans l’en­semble du pays. Les pro­vinces du Guang­dong et du Fu­jian, proches de Hong Kong et de Tai­wan, ont été les pre­mières zones pi­lotes de l’ou­ver­ture.

1. Les zones éco­no­miques spé­ciales chi­noises

Au mois d’avril 1979, Xi Zhongxun, alors pre­mier se­cré­taire du Co­mi­té de PCC pour la pro­vince du Guang­dong, a pro­po­sé à Deng Xiao­ping l’ou­ver­ture de la pro­vince du Guang­dong, es­pé­rant que le gou­ver­ne­ment cen­tral au­to­ri­se­rait la créa­tion des zones de trans­for­ma­tion des pro­duits des­ti­nés à l’ex­por­ta­tion à Shenz­hen et à Zhu­hai, villes ad­ja­centes à Hong Kong et Ma­cao, et à Shan­tou, cé­lèbre ré­gion d’ori­gine des Chi­nois d’outre-mer. Deng Xiao­ping a don­né son ac­cord à cette pro­po­si­tion : « C’est une bonne idée d’éta­blir des zones spé­ciales. Notre an­cienne base ré­vo­lu­tion­naire était une zone spé­ciale ! Le gou­ver­ne­ment cen­tral n’a pas d’ar­gent à vous don­ner, mais peut vous ac­cor­der des me­sures po­li­tiques. Vous pou­vez me­ner l’ou­ver­ture et trou­ver un moyen de dé­ve­lop­pe­ment ! » Le 5 mai 1979, le Co­mi­té du PCC pour la pro­vince du Guang­dong a for­mu­lé l’Avant- pro­jet d’éta­blis­se­ment des zones éco­no­miques spé­ciales à Shenz­hen, à Zhu­hai et à Shan­tou. Le rap­port a en­suite été sou­mis au Co­mi­té cen­tral du PCC le 6 juin 1979. C’était le pre­mier pro­jet chi­nois sur l’éta­blis­se­ment des zones spé­ciales et la pre­mière

fois que le mot « zone spé­ciale » ap­pa­rais­sait dans un do­cu­ment of­fi­ciel.

Le 26 août 1980, les zones éco­no­miques spé­ciales de Shenz­hen, de Zhu­hai et de Shan­tou dans la pro­vince du Guang­dong, et celle de Xia­men dans la pro­vince du Fu­jian ont été éta­blies. La créa­tion des zones éco­no­miques spé­ciales chi­noises était ain­si of­fi­ciel­le­ment pro­cla­mée.

En avril 1988, la pro­vince de Hai­nan a été éta­blie et est de­ve­nue la plus grande zone éco­no­mique spé­ciale de Chine.

2. L’ou­ver­ture de la Chine

Fin 2001, la Chine a adhé­ré à l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale du Com­merce (OMC), une étape his­to­rique dans le pro­ces­sus d’ou­ver­ture de la Chine. Fon­dée en 1995, l’OMC a rem­pla­cé l’Ac­cord gé­né­ral sur les ta­rifs doua­niers et le com­merce (GATT). Après une di­zaine d’an­nées de né­go­cia­tions avec le GATT et des an­nées de dis­cus­sions avec l’OMC, la Chine est en­fin de­ve­nue membre de cette or­ga­ni­sa­tion. Les ta­rifs doua­niers des mar­chan­dises ont ain­si pu être bais­sés, beau­coup de bar­rières com­mer­ciales ont été éli­mi­nées et le com­merce de ser­vices s’est ou­vert : la Chine a été in­té­grée à l’éco­no­mie mon­diale.

En outre, la Chine a si­gné jus­qu’à pré­sent 16 ac­cords de libre-échange, avec, entre autres, les Mal­dives, l’Aus­tra­lie, la Suisse, le Cos­ta Ri­ca, Sin­ga­pour, le Chi­li, l’ASEAN, la Géor­gie, la Co­rée du Sud, l’Is­lande, le Pé­rou, la Nou­velle-Zé­lande, le Pa­kis­tan. Des ac­cords des­ti­nés à res­ser­rer les liens éco­no­miques et com­mer­ciaux ont été si­gnés entre la par­tie conti­nen­tale de la Chine et Hong Kong et Ma­cao.

En 2013, la Chine a lan­cé l’ini­tia­tive « la Cein­ture et la Route ». En mars 2015, avec l’au­to­ri­sa­tion du Con­seil des af­faires d’État, la Com­mis­sion na­tio­nale du dé­ve­lop­pe­ment et de la ré­forme, le mi­nis­tère des Af­faires Étran­gères et le mi­nis­tère du Com­merce ont pu­blié conjoin­te­ment un do­cu­ment in­ti­tu­lé Cons­truire en­semble la Cein­ture éco­no­mique de la Route de la Soie et la Route de la Soie ma­ri­time du XXIe siècle - Pers­pec­tives et ac­tions, pro­po­sant de tra­vailler sur « cinq fac­teurs d’in­ter­con­nexions », à sa­voir la co­or­di­na­tion po­li­tique, l’in­ter­con­nexion des in­fra­struc­tures, la fa­ci­li­ta­tion du com­merce, l’in­té­gra­tion fi­nan­cière et la com­pré­hen­sion mu­tuelle des peuples. En mai 2017, la Chine a or­ga­ni­sé le pre­mier Fo­rum « la Cein­ture et la Route » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Des ac­com­plis­se­ments re­mar­quables ont été réa­li­sés sur le plan du com­merce, de l’in­ves­tis­se­ment, de la co­opé­ra­tion, des échanges cultu­rels et de l’inau­gu­ra­tion de l’ex­press Chine-Eu­rope.

Plu­sieurs types de plates-formes d’ou­ver­ture ont été mises en place en plus des zones éco­no­miques spé­ciales, à sa­voir des tech­no­poles, des zones de trans­for­ma­tion des pro­duits des­ti­nés à l’ex­por­ta­tion, des zones franches, des centres lo­gis­tiques sous douane, des zones de coo- pé­ra­tion fron­ta­lière, des zones pi­lotes de libre-échange, etc. En ce qui concerne les ré­gions, l’ou­ver­ture a été ap­pli­quée suc­ces­si­ve­ment dans des ré­gions lit­to­rales, des villes lit­to­rales, des ré­gions fron­ta­lières et en­fin dans l’en­semble du pays après l’adhé­sion de la Chine à l’OMC. Du point de vue de son conte­nu, l’ou­ver­ture concerne non seule­ment le com­merce de mar­chan­dises, mais aus­si le com­merce de ser­vices, l’in­ves­tis­se­ment et la co­opé­ra­tion. L’ou­ver­ture prend des formes di­ver­si­fiées : com­merce de mar­chan­dises, sous-trai­tance de ma­té­riaux four­nis par l’étran­ger, com­merce de com­pen­sa­tion, com­merce trans­fron­ta­lier, etc. Le com­merce de ser­vices en­globe la pré­sence com­mer­ciale, l’ap­pro­vi­sion­ne­ment trans­fron­ta­lier et la mo­bi­li­té trans­fron­ta­lière. Sur le plan de l’in­ves­tis­se­ment, il y a des joint-ven­tures, des so­cié­tés à ca­pi­taux ex­clu­si­ve­ment étran­gers et l’éco­no­mie d’ac­tion­na­riat. L’ou­ver­ture chi­noise est réa­li­sée à di­vers ni­veaux avec la struc­ture sui­vante : « les zones éco­no­miques spé­ciales – les villes lit­to­rales ou­vertes – les zones éco­no­miques lit­to­rales ou­vertes – la par­tie conti­nen­tale. »

Face à la nou­velle conjonc­ture na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale, la Chine a or­ga­ni­sé, en 2018, la pre­mière édi­tion de l’Ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale d’im­por­ta­tion de Chine (CIIE) dans le but d’ou­vrir da­van­tage son mar­ché. Le chef de l’État a pro­non­cé un dis­cours in­ti­tu­lé « Tra­vailler en­semble pour une éco­no­mie mon­diale ou­verte, in­no­vante et in­clu­sive », en s’en­ga­geant à bais­ser en­core les ta­rifs doua­niers, à fa­ci­li­ter le dé­doua­ne­ment, à bais­ser le coût ad­mi­nis­tra­tif de l’im­por­ta­tion, à as­sou­plir da­van­tage les condi­tions d’ac­cès au mar­ché et à amé­lio­rer l’en­vi­ron­ne­ment des af­faires. Se­lon les es­ti­ma­tions, dans les 15 pro­chaines an­nées, les im­por­ta­tions de pro­duits et de ser­vices de­vront res­pec­ti­ve­ment dé­pas­ser 30 000 mil­liards de dol­lars et 10 000 mil­liards de dol­lars. C’est une ré­ponse éner­gique à la mon­tée du pro­tec­tion­nisme et du mer­can­ti­lisme, per­met­tant de pré­ser­ver vi­gou­reu­se­ment les règles de l’OMC. Elle montre que la Chine s’en tient fer­me­ment à sa po­li­tique de l’ou­ver­ture sur l’ex­té­rieur et qu’elle oeuvre à la construc­tion d’une éco­no­mie mon­diale ou­verte.

La po­li­tique d’ou­ver­ture de la Chine per­met d’in­tro­duire la concur­rence sur son mar­ché, ce qui a ré­gu­la­ri­sé l’ordre du mar­ché, et dé­ve­lop­pé le ma­na­ge­ment avan­cé. À tra­vers la co­opé­ra­tion avec les en­tre­prises mul­ti­na­tio­nales, les so­cié­tés chi­noises ont été in­clues dans la chaîne in­dus­trielle mon­diale, ce qui a for­te­ment sti­mu­lé la force mo­trice in­terne de la Chine pour le pro­grès éco­no­mique et so­cial. La com­pé­ti­ti­vi­té in­ter­na­tio­nale des pro­duits et des en­tre­prises chi­nois est lar­ge­ment ren­for­cée. Se­lon les sta­tis­tiques de l’OMC, le com­merce ex­té­rieur de la Chine est pas­sé du 32e rang mon­dial en 1978 au pre­mier rang mon­dial en 2017. Le vo­lume du com­merce ex­té­rieur de la Chine est pas­sé de 20,186 mil­liards de dol­lars à 4 110 mil­liards de dol­lars, et sa part dans l’éco­no­mie mon­diale est pas­sée de 7,91‰ à

11,48%. D’après les sta­tis­tiques de la Confé­rence des Na­tions Unies sur le com­merce et le dé­ve­lop­pe­ment (CNUCED), entre 1980 et 2017, les in­ves­tis­se­ments di­rects étran­gers ab­sor­bés par la Chine sont pas­sés de 57 mil­lions de dol­lars à 136,32 mil­liards de dol­lars, re­pré­sen­tant 9,5% des in­ves­tis­se­ments mon­diaux contre 1,05‰ au­pa­ra­vant. Entre 1982 et 2017, les in­ves­tis­se­ments di­rects chi­nois à l’étran­ger sont pas­sés de 44 mil­lions de dol­lars à 1 246,63 mil­liards de dol­lars ; leur part mon­diale est pas­sée de 1,61‰ à 8,76%.

Le dé­ve­lop­pe­ment : ga­ran­tie du pro­grès so­cio-éco­no­mique de la Chine

Le dé­ve­lop­pe­ment de la Chine est non seule­ment la ga­ran­tie de son pro­grès so­cio-éco­no­mique, mais ap­porte éga­le­ment une contri­bu­tion im­por­tante au monde. La Chine a fait sor­tir des cen­taines de mil­lions de per­sonnes de la pau­vre­té et as­su­ré la sta­bi­li­té ré­gio­nale, ce qui a li­mi­té la mi­gra­tion des ré­fu­giés et des po­pu­la­tions pauvres. En Chine, le dé­ve­lop­pe­ment est étroi­te­ment lié à la ré­forme et l’ou­ver­ture, les trois as­pects sont in­ter­dé­pen­dants. La ré­forme gé­nère du dy­na­misme, tan­dis que l’ou­ver­ture sti­mule la force mo­trice, et le dé­ve­lop­pe­ment as­sure la base. Avec la ré­forme, nous avons pris l’ini­tia­tive d’aban­don­ner les fac­teurs qui em­pê­chaient le pro­grès de la pro­duc­ti­vi­té. Grâce à l’ou­ver­ture, avec une vi­sion in­ter­na­tio­nale et dans la com­pa­rai­son avec d’autres pays, nous avons pris conscience de notre re­tard et nous nous sommes dé­ve­lop­pés sous des pres­sions ex­té­rieures. Le dé­ve­lop­pe­ment est la source d’éner­gie in­épui­sable du pro­grès so­cial de la Chine, c’est dans le dé­ve­lop­pe­ment que nous ré­glons les pro­blèmes. Le pro­ces­sus de ré­forme et d’ou­ver­ture en­traîne le dé­ve­lop­pe­ment et le pro­grès de la Chine, ain­si que l’amé­lio­ra­tion des condi­tions de vie de la po­pu­la­tion

En met­tant en place une stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal, la Chine a créé les nou­velles zones de Pu­dong et de Bin­hai et construit celle de Xiong’an. Tout en s’ou­vrant sur l’ex­té­rieur, la Chine a ac­cé­lé­ré son dé­ve­lop­pe­ment et a mis en place des stra­té­gies de dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal telles que la mise en va­leur de l’Ouest, la stra­té­gie de re­dres­se­ment des an­ciens centres in­dus­triels du Nord-Est et l’émer­gence du Centre. En oc­tobre 2000, la cin­quième ses­sion plé­nière du Co­mi­té cen­tral is­su du XVe Con­grès du PCC a adop­té la Pro­po­si­tion du CC du PCC sur l’éla­bo­ra­tion du Xe plan quin­quen­nal de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et de pro­grès so­cial, dans la­quelle la mise en va­leur de l’Ouest et le dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal har­mo­ni­sé ont été dé­fi­nis comme une mis­sion stra­té­gique. En oc­tobre 2003, le Co­mi­té cen­tral du PCC et le Con­seil des af­faires d’État ont pu­blié les Avis sur la stra­té­gie de re­dres­se­ment des an­ciens centres in­dus­triels de la ré­gion du Nord-Est. Le 23 sep­tembre 2009, une réunion exé­cu­tive du Con­seil des af­faires d’État a adop­té, après dis­cus­sions, le Pro- gramme de la pro­mo­tion de l’émer­gence du Centre de la Chine.

Le 26 fé­vrier 2014, le pré­sident Xi Jin­ping a pré­si­dé à Bei­jing la confé­rence sur un dé­ve­lop­pe­ment co­or­don­né de la zone Bei­jing-Tian­jin-He­bei. Après avoir écou­té des comptes ren­dus sur ce tra­vail, il a sou­li­gné que le dé­ve­lop­pe­ment co­or­don­né de cette zone est une stra­té­gie na­tio­nale d’im­por­tance ma­jeure pour ré­pondre aux be­soins de cons­truire une zone éco­no­mique de la ca­pi­tale orien­tée vers l’ave­nir et de mettre en place un mé­ca­nisme de dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal in­no­vant, d’ex­plo­rer et d’amé­lio­rer la confi­gu­ra­tion et la forme des ag­glo­mé­ra­tions ur­baines et de four­nir des exemples et des mo­dèles pour op­ti­mi­ser le dé­ve­lop­pe­ment de la zone, d’ex­plo­rer une voie ef­fi­cace pour la construc­tion d’une ci­vi­li­sa­tion éco­lo­gique, de pro­mou­voir la co­or­di­na­tion des res­sources dé­mo­gra­phiques, éco­no­miques et en­vi­ron­ne­men­tales, de va­lo­ri­ser la com­plé­men­ta­ri­té mu­tuelle de Bei­jing-Tian­jin-He­bei, de pro­mou­voir le dé­ve­lop­pe­ment de la zone éco­no­mique de Bo­hai pour en­traî­ner le dé­ve­lop­pe­ment du Nord. Le 23 mars 2015, la 9e réunion du Groupe di­ri­geant cen­tral char­gé des af­faires fi­nan­cières et éco­no­miques a exa­mi­né le Pro­gramme du dé­ve­lop­pe­ment co­or­don­né de la zone Bei­jing-Tian­jin-

He­bei. Avec une su­per­fi­cie de 216 000 km2, les villes de Bei­jing, de Tian­jin et la pro­vince du He­bei comptent en tout plus de cent mil­lions d’ha­bi­tants et sont proches tant sur les plans géo­gra­phique que dé­mo­gra­phique. Les ha­bi­tants de cette ré­gion, qui ont tis­sé des liens pro­fonds au cours de l’his­toire, par­tagent des cultures proches, ce qui est fa­vo­rable à un dé­ve­lop­pe­ment co­or­don­né et à une in­ter­ac­tion mu­tuel­le­ment bé­né­fique.

En sep­tembre 2016, le Pro­gramme du dé­ve­lop­pe­ment de la cein­ture éco­no­mique du Chang­jiang a dé­fi­ni une nou­velle ar­chi­tec­ture du dé­ve­lop­pe­ment ca­rac­té­ri­sée par « un axe, deux ailes, trois pôles et de mul­tiples points ». Il s’agit, en s’ap­puyant sur la voie flu­viale d’or qu’est le Chang­jiang, de va­lo­ri­ser le rôle es­sen­tiel des grandes villes ri­ve­raines telles que Shan­ghai, Wu­han et Chong­qing. Les « deux ailes » sont les voies de trans­port Shan­ghai-Rui­li au sud et Shan­ghai-Cheng­du au nord. Les « trois pôles » sont les trois conur­ba­tions du del­ta du Chang­jiang, du cours moyen du Chang­jiang et de Cheng­du-Chong­qing tan­dis que les « mul­tiples points » sont les autres villes tra­ver­sées par le Chang­jiang. Avec une su­per­fi­cie de 2,05 mil­lions de km2, la cein­ture éco­no­mique du Chang­jiang couvre 11 pro­vinces et mu­ni­ci­pa­li­tés, y com­pris Shan­ghai, le Jiang­su, le Zhe­jiang, l’An­hui, le Jiangxi, le Hu­bei, le Hu­nan, Chong­qing, le Si­chuan, le Yun­nan et le Guiz­hou. La po­pu­la­tion et le PIB de la cein­ture re­pré­sentent plus de 40 % du to­tal de la Chine. Le dé­ve­lop­pe­ment de la cein­ture éco­no­mique du Chang­jiang est une dé­ci­sion d’im­por­tance ma­jeure prise par le Co­mi­té cen­tral du PCC et une stra­té­gie re­pré­sen­tant un en­jeu es­sen­tiel pour l’en­semble du dé­ve­lop­pe­ment na­tio­nal.

En oc­tobre 1992, le Con­seil des af­faires d’État a don­né une ré­ponse af­fir­ma­tive à la créa­tion de la nou­velle zone de Pu­dong à Shan­ghai. En juin 2005, il a don­né son ac­cord, lors d’une réunion exé­cu­tive, pour faire de la nou­velle zone de Pu­dong la pre­mière zone ex­pé­ri­men­tale de la ré­forme glo­bale d’ac­com­pa­gne­ment sur la par­tie conti­nen­tale de la Chine. En 2009, le quar­tier de Nan­hui a été in­té­gré à la nou­velle zone de Pu­dong, ce qui a dou­blé la su­per­fi­cie de celle-ci.

En mars 1994, la mu­ni­ci­pa­li­té de Tian­jin a dé­ci­dé de créer, sur la base de la zone de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et tech­nique de Tian­jin et de la zone franche du port de Tian­jin, la nou­velle zone de Bin­hai. En 2005, la nou­velle zone de Bin­hai a été ins­crite dans le « 11e Plan quin­quen­nal » et in­té­grée à la stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment na­tio­nal. La nou­velle zone de Bin­hai est ain­si de­ve­nue une nou­velle zone de ni­veau na­tio­nal fai­sant l’ob­jet d’un sou­tien prio­ri­taire de l’État. En juin 2006, elle est of­fi­ciel­le­ment de­ve­nue une zone ex­pé­ri­men­tale de la ré­forme glo­bale d’ac­com­pa­gne­ment au ni­veau na­tio­nal. Le 12 dé­cembre 2014, la nou­velle zone de Bin­hai a été ap­prou­vée en tant que pre­mière zone pi­lote de libre-échange du Nord de la Chine.

Le 1er avril 2017, le Co­mi­té cen­tral du PCC et le Con­seil des af­faires d’État ont dé­ci­dé de créer la nou­velle zone de Xiong’an, une nou­velle zone de ni­veau na­tio­nal dans la ville de Bao­ding, pro­vince du He­bei. Si­tuée au coeur des villes de Bei­jing, de Tian­jin et de Bao­ding, la nou­velle zone de Xiong’an est com­po­sée des trois dis­tricts de Xiongxian, de Rong­cheng et d’An­xin. Sa créa­tion re­vêt une haute si­gni­fi­ca­tion pour l’heure ac­tuelle et une pro­fonde por­tée his­to­rique pour al­lé­ger la ville de Bei­jing de ses fonc­tions non liées à son sta­tut de ca­pi­tale, ex­plo­rer un nou­veau mode d’op­ti­mi­sa­tion de Bei­jing-Tian­jin-He­bei, zone à forte den­si­té de po­pu­la­tion, et fa­vo­ri­ser la construc­tion d’un nou­veau mo­teur de dé­ve­lop­pe­ment ti­ré par l’in­no­va­tion.

Afin de réa­li­ser d’ici 2020 la so­cié­té de moyenne ai­sance sur tous les plans, le gou­ver­ne­ment chi­nois a adop­té des me­sures pour ac­cor­der une as­sis­tance ci­blée aux dé­mu­nis, telles que la construc­tion de routes de dif­fé­rentes classes et de che­mins de fer à grande vi­tesse, des tra­vaux pour réa­li­ser l’ac­cès à l’eau po­table, à la ra­dio­dif­fu­sion dans tous les vil­lages et la gé­né­ra­li­sa­tion de la for­ma­tion de la main-oeuvre.

Le pont Hong Kong-Zhu­hai-Ma­cao

Le 11 mai 2018, Huya, 1ère plate-forme chi­noise de jeux vi­déo en strea­ming, fait son en­trée en Bourse à New York.

Le 20 juillet 2017, le port franc de Yang­shan de la zone pi­lote de libre-échange de Shan­ghai

Newspapers in French

Newspapers from China

© PressReader. All rights reserved.