Nan­chang, une ville hé­roïque à l’his­toire illustre

China Today (French) - - SOMMAIRE - Ar­ticle com­pi­lé par La Chine au pré­sent

Nan­chang est la ca­pi­tale de la pro­vince du Jiangxi. Il y a plus de 1 300 ans, la Pré­face du pa­villon Teng

wang, un poème écrit par Wang Bo de la dy­nas­tie des Tang (618-907) a ren­du la ville cé­lèbre dans tout le pays. Au XXe siècle, il y a main­te­nant 92 ans, l’In­sur­rec­tion de Nan­chang a don­né nais­sance à l’Ar­mée po­pu­laire de Li­bé­ra­tion (APL) de Chine.

Après la fon­da­tion de la Ré­pu­blique po­pu­laire de Chine en 1949, Nan­chang a été le pre­mier site de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique. Le pre­mier avion chi­nois, la pre­mière bat­te­rie de mis­sile de dé­fense cô­tière et les pre­mières mo­tos ont été cons­truits ici. Au XXIe siècle, l’in­dus­trie photovoltaïque conti­nue de se dé­ve­lop­per ra­pi­de­ment à Nan­chang et elle est de­ve­nue une base d’in­for­ma­tion in­dus­trielle très im­por­tante pour tout le pays.

Cé­lèbre ville his­to­rique et cultu­relle, Nan­chang pré­sente aus­si un pay­sage na­tu­rel splen­dide et de nom­breux sites cultu­rels. Elle est proche du Parc na­tio­nal des monts Lu­shan, cé­lèbre site clas­sé au pa­tri­moine mon­dial de l’hu­ma­ni­té, des monts Jing­gang, haut lieu de la ré­vo­lu­tion chi­noise et aus­si site tou­ris­tique na­tio­nal, et de la ville de la por­ce­laine mon­dia­le­ment connue Jing­dez­hen. Nan­chang est in­con­tour­nable pour les voya­geurs dans le Jiangxi.

Pros­pé­ri­té du taoïsme tra­di­tion­nel

On peut faire re­mon­ter l’his­toire de Nan­chang à 202 av. J.-C. Liu Bang, em­pe­reur Gao­zu de la dy­nas­tie des Han (206 av. J.-C. – 220), a en­voyé des troupes sur place pour construire une ville, à 4 km au sud-est de la gare ac­tuelle, qui a pris le nom de Nan­chang, lit­té­ra­le­ment : « Pros­pé­ri­té du sud ». Vers le IIIe siècle, avec l’ex­pan­sion de la culture de la Plaine cen­trale, Nan­chang s’est beau­coup dé­ve­lop­pée pour de­ve­nir peu à peu une ville im­por­tante de la Chine. À cette époque, la Chine était en pleine in­té­gra­tion des eth­nies et les cultures étaient très di­verses. La phi­lo­so­phie, la littérature et les arts ont tous connu des in­no­va­tions. Le taoïsme, dé­ve­lop­pé à par­tir d’idées lo­cales, est l’une d’elle.

Comme école de pen­sée, le taoïsme prône le na­tu­ra­lisme, contient des élé­ments dia­lec­tiques et ap­pelle à l’har­mo­nie avec la na­ture. Cou­rant de pen­sée très large et in­clu­sif, le taoïsme dé­fend l’in­ac­tion et s’op­pose au conflit. Les taoïstes pré­fèrent pra­ti­quer leur phi­lo­so­phie dans les mon­tagnes pour être proches de la na­ture. Les ri­vières et mon­tagnes cé­lèbres sont nom­breuses dans le Jiangxi, don­nant des condi­tions et un en­vi­ron­ne­ment pro­pices à l’exis­tence et au dé­ve­lop­pe­ment du taoïsme. Les monts Long­hu, pa­tri­moine na­tu­rel mon­dial à 170 km à l’est de Nan­chang, est le lieu de nais­sance du taoïsme chi­nois.

Né à Nan­chang, Xu Xun (239-374) est l’un des quatre maîtres taoïstes. Il a mon­tré un grand ta­lent dès son plus jeune âge, ca­pable d’abor­der des su­jets va­riés et pos­sé­dant une bonne mé­moire. Il ai­mait pra­ti­quer le taoïsme. Il es­pé­rait, à l’aide du taoïsme, évi­ter les mau­vaises pra­tiques en po­li­tique. Comme ma­gis­trat du dis­trict, il était d’ailleurs ré­pu­té in­cor­rup­tible et il a aus­si en­sei­gné aux ha­bi­tants lo­caux à plan­ter des arbres, à maî­tri­ser les sources d’eau et à se pro­té­ger des inon­da­tions, lui fai­sant ga­gner l’amour du peuple. La lé­gende pré­tend qu’il au­rait vé­cu jus­qu’à l’âge de 135 ans et au­rait connu l’as­cen­sion en em­por­tant

même ses vo­lailles et son bé­tail. Cette lé­gende fait que main­te­nant en Chine on dit : « Quand un homme monte au ciel, ses poules et ses chiens entrent avec lui au pa­ra­dis. »

Après sa mort, ses des­cen­dants ont éri­gé un temple à sa mé­moire dans sa vieille ré­si­dence. Du­rant la dy­nas­tie des Song (960-1279), l’em­pe­reur Hui­zong a gran­de­ment loué le taoïsme et a écrit per­son­nel­le­ment le nom du pa­lais de la lon­gé­vi­té Yu­long, qui com­mé­more Xu Xun. Le pa­lais se si­tue dans le bourg de Xi­shan, à 30 km au sud-ouest de Nan­chang. C’est d’ailleurs tou­jours un lieu pour l’en­traî­ne­ment mo­nas­tique. Chaque an­née, le 27e jour du pre­mier mois du ca­len­drier lu­naire, l’an­ni­ver­saire de Xu Xun et le 8e jour du ca­len­drier lu­naire, le jour de son as­cen­sion, les croyants lo­caux viennent prier. Le pa­lais couvre une zone de 31 000 m². Les sculp­tures sont de toute beau­té et ca­rac­té­ris­tiques de l’époque. Il y a aus­si un grand nombre de bâ­ti­ments an­nexes for­mant un en­semble ar­chi­tec­tu­ral an­cien re­mar­quable avec le pa­lais en son centre.

Le pa­lais de la lon­gé­vi­té est éga- le­ment la de­meure spi­ri­tuelle des lo­caux. Quand un mi­grant du Jiangxi at­teint une cer­taine ai­sance fi­nan­cière, on érige un pa­lais de la lon­gé­vi­té sur le même mo­dèle. Il com­mé­more Xu Xun, l’idole cultu­relle des an­ciens ha­bi­tants du Jiangxi, et il est aus­si le lieu de ren­contre pour les gens du Jiangxi vi­vant en-de­hors de leur ré­gion. Il est ain­si de­ve­nu l’« Hô­tel de la guilde du Jiangxi » pour les mar­chands de cette pro­vince. Il y au­rait plus de 1 400 pa­lais de la lon­gé­vi­té dans le monde, cou­vrant plus de 20 ré­gions chi­noises

Lieu de nais­sance de l’APL

Le 1er août de chaque an­née, on fête l’an­ni­ver­saire de la créa­tion de l’APL de Chine, is­sue de l’In­sur­rec­tion de Nan­chang le 1er août 1927.

Com­men­çant à 2 h du ma­tin, l’in­sur­rec­tion a été le pré­lude à la di­rec­tion in­dé­pen­dante du Par­ti com­mu­niste chi­nois de la lutte ar­mée et à la créa­tion de l’ar­mée ré­vo­lu­tion­naire. Bien que l’in­sur­rec­tion ait échoué et que l’ar­mée de 22 000 hommes qui en était is­sue s’était ré­duite à 800, ces 800 hommes ont for­mé la base de l’éta­blis­se­ment de l’APL. Le chef de cette équipe, Zhu De, était l’un des prin­ci­paux fon­da­teurs et chefs de l’ar­mée po­pu­laire. Il a été le com­man­dant en chef de l’Ar­mée rouge des ou­vriers et des pay­sans chi­nois, de la VIIIe Ar­mée de Route et de l’APL. En 1955, l’APL a nom­mé pour la pre­mière fois dix ma­ré­chaux, dont huit étaient di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment im­pli­qués dans l’In­sur­rec­tion de Nan­chang. Il existe beau­coup d’en­droits à Nan­chang qui ont été nom­més d’après l’évé­ne­ment du 1er août ( bayi en chi­nois) : école Bayi, pont Bayi, ave­nue Bayi, parc Bayi, place Bayi, etc. La tour com­mé­mo­ra­tive de l’In­sur­rec­tion de Nan­chang du 1er août at­tire de nom­breux tou­ristes chi­nois in­cluant Hong Kong, Ma­cao, Tai­wan et des pays d’Asie du Sud-Est comme Sin­ga­pour, la Malaisie et la Thaï­lande.

et étran­gers tous les jours.

Dans l’his­toire mo­derne de la Chine, le Jiangxi jouit d’un sta­tut spé­cial de bas­tion ré­vo­lu­tion­naire. Cette terre abrite le ber­ceau de la ré­vo­lu­tion chi­noise, les monts Jing­gang ; le ber­ceau de la RPC, Ru­jin ; le lieu où le dra­peau de l’ar­mée po­pu­laire a été le­vé, Nan­chang, etc. Plu­sieurs évé­ne­ments ré­vo­lu­tion­naires ma­jeurs se sont dé­rou­lés dans le Jiangxi, qui est comme un mu­sée de l’his­toire ré­vo­lu­tion­naire à ciel ou­vert. Les sites de la ré­vo­lu­tion, les an­ciennes ré­si­dences des ré­vo­lu­tion­naires et les édi­fices com­mé­mo­ra­tifs sont nom­breux et pré­sents par­tout.

En 2000, le Jiangxi a com­men­cé à construire une zone pour le tou­risme « rouge », qui est de­ve­nu un avan­tage spé­ci­fique pour le Jiangxi. Les ri­vières et les mon­tagnes cé­lèbres té­moignent de l’his­toire de la ré­vo­lu­tion chi­noise, ci­tons l’an­cien site de l’Aca­dé­mie mi­li­taire de Zhu De, le Camp de concen­tra­tion de Shan­grao, le Mé­mo­rial du Mou­ve­ment des mi­neurs de char­bon d’Anyuan, la Place de l’In­sur­rec­tion de la mois­son d’au­tomne, le site du dé­part de la Longue Marche de l’Ar­mée rouge, les an­ciens sites du gou­ver­ne­ment so­vié­tique du PCC et des ser­vices fonc­tion­nels du gou­ver­ne­ment, la Base ré­vo­lu­tion­naire des monts Jing­gang et l’an­cien site de la Confé­rence de Lu­shan.

Base de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique

Le 3 juillet 1954, le CJ-5, pre­mier avion construit par la RPC, a vo­lé dans le ciel bleu au-des­sus de Nan­chang. Le 5 mai 2017, le C919, pre­mier avion à ré­ac­tion pour pas­sa­gers de fa­bri­ca­tion chi­noise, a at­ter­ri sans en­combre à l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Pu­dong de Shan­ghai. Ses fu­se­lages avant, in­ter­mé­diaire et ar­rière ont tous été ma­nu­fac­tu­rés à Nan­chang.

Le Jiangxi est l’une des prin­ci­pales bases de re­cherche et de pro­duc­tion de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique de la Chine. En tant que ber­ceau de l’aé­ro­nau­tique de la RPC, la pro­vince est un centre pour le dé­ve­lop­pe­ment et la pro­duc­tion des hé­li­co­ptères et des avions d’en­traî­ne­ment chi­nois. Sur l’échelle de la construc­tion aé­ro­nau­tique, la pro­vince s’est tou­jours clas­sée par­mi les quatre pre­mières de Chine. Lors des ex­hi­bi­tions et des pa­rades mi­li­taires en Chine et à l’étran­ger, les avions dé­ve­lop­pés et pro­duits par le Jiangxi ap­pa­raissent fré­quem­ment. Le Jiangxi pos­sède un port­fo­lio de pro­duits re­la­ti­ve­ment com­plets comme l’avion d’en­traî­ne­ment, l’avion de chasse, l’hé­li­co­ptère, le drone et les grands com­po­sants pour avions, et elle s’est for­gé une forte ca­pa­ci­té pour le de­si­gn des pro­duits de l’avia­tion, les tests, la pro­duc­tion in­dus­trielle avan­cée et l’as­sem­blage.

Pour Nan­chang, le sec­teur de l’avia­tion est pen­sé dès le dé­part comme une in­dus­trie stra­té­gique émer­gente ca­pable de sou­te­nir la trans­for­ma­tion et la mon­tée en gamme éco­no­miques de la ville, et de réa­li­ser un bond dans le dé­ve­lop­pe­ment. En mai, pour l’avia­tion gé­né­rale, le GA20 mo­no­mo­teur qua­dri­place à voi­lure fixe dé­ve­lop­pé par une en­tre­prise pri­vée a été lan­cé dans la zone na­tio­nale de dé­ve­lop­pe­ment in­dus­triel de haute tech­no­lo­gie de Nan­chang. À peine dix jours plus tard, le cin­quième centre de cer­ti­fi­ca­tion de na­vi­ga­bi­li­té du pays était dé­voi­lé à Nan­chang. En juin, l’aé­ro­port Yao­hu de Nan­chang, re­pré­sen­tant un in­ves­tis­se­ment de plus de 1,65 mil­liard de yuans, a inau­gu­ré son pre­mier vol de test.

La ville de Nan­chang a pro­fi­té de la construc­tion d’une zone de dé­mons­tra­tion tout équi­pée et dé­diée à l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique gé­né­rale de ni­veau na­tio­nal pour de­ve­nir une grande plate-forme in­dus­trielle de ce sec­teur, en in­té­grant la fa­bri­ca­tion aé­ro­nau­tique, la lo­gis­tique, l’avia­tion gé­né­rale et l’éco­no­mie des aé­ro­ports. En même temps, la ville s’est en­ga­gée dans de grands pro­jets aé­ro­nau­tiques pour en at­ti­rer da­van­tage. Jus­qu’à au­jourd’hui, Nan­chang a ac­cueilli 18 en­tre­prises de l’aé­ro­nau­tique et construit une base pour cette in­dus­trie avec comme prin­ci­pal ob­jec­tif la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment dans la pro­duc­tion de grands avions. Cette base re­pose sur la fa­bri­ca­tion de com­po­sants de base comme le mo­teur mais aus­si d’ap­pa­reil en­tier, com­plé­tée par la re­cherche aé­ro­spa­tiale et les ser­vices pu­blics.

Le dé­ve­lop­pe­ment de l’avia­tion aide aus­si le tou­risme du Jiangxi. À par­tir de l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal Chang­bei de Nan­chang, le Jiangxi a créé six iti­né­raires tou­ris­tiques qui couvrent les monts Jing­gang, les monts Lu­shan et Jing­dez­hen, fa­ci­li­tant ain­si gran­de­ment les dé­pla­ce­ments des tou­ristes.

Le pa­villon Teng­wang

Les monts Lu­shan

Place des sculp­tures dé­diées à la créa­tion de l’Ar­mée po­pu­laire de Li­bé­ra­tion à Nan­chang

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