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Al Ahram Hebdo - - Egypte - Pro­pos re­cueillis par May At­ta

Al-Ah­ram Heb­do : Les uni­ver­si­taires de­mandent à élire leurs di­ri­geants, ac­tuel­le­ment nom­més sur pro­po­si­tion de l’ap­pa­reil sé­cu­ri­taire. Quel se­ra l’im­pact de la grève an­non­cée ?

Rad­wa Ashour : 5 000 pro­fes­seurs se sont mis d’ac­cord pour faire grève afin d’ex­pri­mer leur co­lère contre les dé­ci­sions prises par le mi­nis­tère de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur et le Conseil Su­prême des Forces Ar­mées ( CSFA). Ces deux ins­tances en­travent le pro­ces­sus d’élec­tion des nou­veaux rec­teurs des universités et des doyens des fa­cul­tés. Nous se­rons pré­sents dans les fa­cul­tés le 1er oc­tobre mais nous ne dis­pen­se­rons pas de cours. Nous ne se­rons pas seuls, les étu­diants nous ai­de­ront à faire abou­tir cette grève.

— Une réunion s’est te­nue la se­maine der­nière entre une dé­lé­ga­tion de pro­fes­seurs et le chef d’état-ma­jor des forces ar­mées, le nu­mé­ro 2 du CSFA, Sa­mi Anan. Quelles sont les avan­cées ?

— Pas grand-chose. Le CSFA a re­fu­sé l’idée de ren­voyer les rec­teurs et les doyens qui ne sont pas ar­ri­vés au terme de leur man­dat. Le man­dat de rec­teur est de 4 ans et ce­lui de doyen est de 3 ans. Le CSFA s’est mon­tré par contre fa­vo- rable à ac­cep­ter la dé­mis­sion de ceux qui ne sou­haitent pas conser­ver leur poste. — Etes-vous d’ac­cord avec ce prin­cipe ? — Bien sûr que non. Il existe 6 rec­teurs d’uni­ver­si­té qui n’ont pas l’in­ten­tion de pré­sen­ter leur dé­mis­sion. Cinq autres étaient prêts à dé­mis­sion­ner mais le CSFA n’a pas ac­cep­té leur dé­mis­sion. Il existe aus­si plus de 100 doyens qui ne veulent pas pré­sen­ter leur dé­mis­sion. Le mi­nis­tère et le CSFA doivent sa­voir que nous sommes en pleine ré­vo­lu­tion et qu’il faut écar­ter tous les membres qui fai­saient par­tie de l’an­cien ré­gime. L’en­semble des res­pon­sables uni­ver­si­taires étaient proches de l’an­cien ré­gime et nous re­fu­sons qu’ils conservent leurs postes. Après la chute de Hos­ni Mou­ba­rak, toutes les ins­ti­tu­tions de l’Etat ont été dé­mises comme le Par­le­ment ou le gou­ver­ne­ment. Il doit en être de même avec les universités : 83 % des pro­fes­seurs se sont pro­non­cés en fa­veur d’élec­tions gé­né­rales pour les rec­teurs et les doyens. Il faut res­pec­ter notre vo­lon­té de com­men­cer la nou­velle an­née aca­dé­mique avec des res­pon­sables que l’on res­pecte.

— Le CSFA est en fa­veur d’élec­tions par­tielles pour rem­pla­cer les res­pon­sables dé­mis­sion­naires ou ceux ar­ri­vés au terme de leur man­dat …

— Les pro­fes­seurs sont per­dus entre les dif­fé­rentes dé­ci­sions prises par le mi­nis­tère et celles prises par le CSFA. Ils sont mal in­for­més sur le scé­na­rio exact des élec­tions. Plu­sieurs ont dé­ci­dé de boy­cot­ter ces élec­tions parce qu’ils n’ont au­cune idée des pro­chaines étapes.

— N’y au­rait-il pas un risque que les élec­tions amènent des fi­gures de l’ex-par­ti au pou­voir (PND) ou de la confré­rie des Frères mu­sul­mans ?

— Tout d’abord, il y a une grande dif­fé­rence entre les membres du PND et les Frères mu­sul­mans. On doit res­pec­ter ces der­niers, car ils forment un vrai cou­rant po­li­tique. Mais de ma­nière gé­né­rale, on doit don­ner une chance à tous les par­ti­ci­pants et nous de­vons res­pec­ter le choix de la ma­jo­ri­té.

— Faut-il at­tri­buer la prise de po­si­tion du CSFA à un manque d’ex­pé­rience dans la ges­tion des af­faires pu­bliques ou à une mau­vaise vo­lon­té quant à l’in­dé­pen­dance des universités ?

— Je di­rais que ce sont les deux à la fois. Les ré­so­lu­tions du CSFA ne sont pas en phase avec les re­ven­di­ca­tions du peuple après la ré­vo­lu­tion. Mais au bout du compte, le CSFA doit res­pec­ter les as­pi­ra­tions du peuple et la ré­vo­lu­tion doit s’étendre à tous les do­maines

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