Dé­bal­lage de dé­cep­tions

Al Ahram Hebdo - - Egypte -

tente. Lui-même a re­nou­ve­lé sa carte grise sans su­bir le par­cours du com­bat­tant que les fonc­tion­naires lui in­fli­geaient au­pa­ra­vant, et les pay­sans de son vil­lage se ré­jouissent de la nou­velle at­ti­tude des fonc­tion­naires du mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture.

Le ta­bleau est-il si rose ? Pas si sûr que ce­la. Et à dé­faut d’être com­plè­te­ment noir, comme le dé­crivent les titres des jour­naux, il est plu­tôt en de­mi-teinte, même dans le jour­nal dans le­quel Fadl pu­blie son édito quo­ti­dien. Dans un autre édito d’Al-Tah­rir, Na­wa­ra Negm écrit : « L’hon­nête ci­toyen se plaint tout le temps de la ré­vo­lu­tion. Si vous lui dites alors : que faire ? Re­ve­nir à l’ère Mou­ba­rak ? Il vous ré­pond en se mo­quant : qui a dit ce­la ? Comment re­ve­nir à cette ère après avoir fait tout ce che­min ? Nous sommes condam­nés, dit-elle, à tra­vailler avec ce gro­gne­ment en fond so­nore. Ce même ci­toyen est content de la pro­ro­ga­tion de la loi d’ur­gence pour faire face aux bal­ta­guis. Pour­quoi ne veut-il pas af­fron­ter la vé­ri­té : c’est la po­lice qui gère les bal­ta­guis ? ».

Sur la même page, un fait divers sur l’agres­sion d’un ci­toyen avec un gros titre : « La vic­time de l’anar­chie et de la bal­ta­ga à Gui­za, aux soins in­ten­sifs ». Ce sont des titres de ce genre qui pro­page la peur dans la so­cié­té et dif­fuse l’idée que ces actes sont le fruit de la ré­vo­lu­tion et non de l’ab­sence de la po­lice. Une page qui montre bien que le ta­bleau est plus flou que noir.

Dans son billet sa­ti­rique, l’écri­vain Ga­lal Amer écrit :« J’ai­me­rais beau­coup voir une émis­sion de té­lé­vi­sion sur la lutte contre la faim sans cette conno­ta­tion de men­di­ci­té … La ré­vo­lu­tion n’a pas en­core at­teint les mé­dias … ».

Sur un autre re­gistre, mais dans la même ligne d’idées, un ar­ticle de l’heb­do­ma­daire Saout Al-Oum­ma, pu­blié la se­maine der­nière, a fait un ta­bac. Il a no­tam­ment été re­pris par plu­sieurs chaînes de té­lé­vi­sion. « Un trem­ble­ment de terre dans de grands ma­ga­sins qui vendent des slo­gans de la ré­vo­lu­tion sur des cu­lottes de femmes ». Tel était le titre. Une usine de sous-vê­te­ments fé­mi­nins a eu l’idée d’im­pri­mer des slo­gans de la ré­vo­lu­tion du 25 jan­vier sur de la lin­ge­rie. Se­lon le jour­nal, après la pa­ru­tion de l’ar­ticle et sa re­prise par les chaînes té­lé­vi­sion — qui ont qua­li­fié la dé­marche de ri­di­cule et de manque de po­li­tesse —, « la di­rec­tion de l’usine a dé­ci­dé de re­ti­rer le pro­duit du mar­ché et a de­man­dé aux ma­ga­sins de re­ti­rer ra­pi­de­ment toute la lin­ge­rie pour évi­ter que les té­lé­vi­sions et les jour­naux conti­nuent à crier au scan­dale ».

Pour re­ve­nir à l’idée de dé­cep­tion évo­quée plus haut, les ac­ti­vistes ont com­men­cé à ré­agir. Dans un blog pu­blié sur la page Fa­ce­book de la « deuxième ré­vo­lu­tion de la co­lè-

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