En­core plus de pres­sion

Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - Ma­ha Sa­lem

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Aten­sion est mon­tée d’un cran dans le pays avec la ré­pres­sion san­glante qui conti­nue à faire chaque jour de nou­velles vic­times par­mi les ma­ni­fes­tants qui campent tou­jours sur leur po­si­tion. Es­sayant de trou­ver une is­sue à la crise, les pro­tes­ta­taires ont re­ven­di­qué cette se­maine l’uni­té de l’op­po­si­tion pour ob­te­nir la chute du ré­gime du pré­sident Ba­char Al-As­sad.

Dans l’op­po­si­tion, plu­sieurs groupes co­existent. Le Conseil na­tio­nal, qui a pris sa forme dé­fi­ni­tive le 15 sep­tembre à Is­tan­bul, est la prin­ci­pale coa­li­tion et a été mise sur pied à l’ini­tia­tive des is­la­mistes, même si elle compte des per­son­na­li­tés in­dé­pen­dantes. Autres en­ti­tés, les Co­mi­tés lo­caux de co­or­di­na­tion (LCC), qui animent la contes­ta­tion sur le ter­rain, ont an­non­cé leur adhé­sion au Conseil na­tio­nal. D’autres re­grou­pe­ments, comme le Conseil na­tio­nal de tran­si­tion sy­rien di­ri­gé par l’uni­ver­si­taire ré­si- dant à Pa­ris Bu­rhan Gha­lioune, ont as­sis­té à ces réunions, qui n’ont pas abou­ti à des dé­ci­sions concrètes.

La si­tua­tion a in­ci­té la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale à prendre cer­taines me­sures et sanc­tions contre le ré­gime sy­rien. Il s’agit dé­jà du sep­tième train de sanc­tions à l’en­contre du ré­gime de Ba­char Al-As­sad, ac­cu­sé par les Oc­ci­den­taux de ré­pri­mer dans le sang le mou­ve­ment de contes­ta­tion, qui a fait se­lon l’Onu plus de 2 700 morts de­puis le dé­but du mou­ve­ment à la mi-mars. « La pres­sion in­ter­na­tio­nale aug­men­te­ra jus­qu’à ce que le ré­gime ré­ponde aux ap­pels à une fin im­mé­diate de la vio­lence, à la li­bé­ra­tion des pri­son­niers po­li­tiques et à des chan­ge­ments au­then­tiques », a aver­ti de son cô­té le chef de la di­plo­ma­tie bri­tan­nique, William Hague.

Dé­jà, ces sanc­tions sont en­trées en vi­gueur après leur pu­bli­ca­tion au Jour­nal of­fi­ciel eu­ro­péen. Deux per­sonnes et six so­cié­tés se­ront ajou­tées à la liste des sanc­tions eu­ro­péennes in­cluant gel d’avoirs et in­ter­dic­tion de vi­sa. Au to­tal, 56 per­sonnes et 18 so­cié­tés sont dé­sor­mais ciblées. Ces deux per­sonnes vi­sées sont les mi­nistres sy­riens de la Jus­tice et de l’In­for­ma­tion. Le pre­mier, Tay­sir Qa­la Aw­wad, est sanc­tion­né pour avoir no­tam­ment « sou­te­nu les po­li­tiques et les pra­tiques d’ar­res­ta­tion et de dé­ten­tion ar­bi­traire », tan­dis que le se­cond, Ad­nan Has­san Mah­moud, est vi­sé pour avoir contri­bué à la « po­li­tique d’in­for­ma­tion » du ré­gime sy­rien.

Par­mi les six nou­velles so­cié­tés sanc­tion­nées, trois sont contrô­lées par Ra­mi Ma­kh­louf, cou­sin du pré­sident sy­rien, sanc­tion­né à titre per­son­nel de­puis juillet. Il s’agit de Cham Hol­ding, « pre­mière so­cié­té hol­ding de Sy­rie, qui pro­fite des po­li­tiques du ré­gime et les sou­tient », de Sou­ruh Com­pa­ny, qui fi­nance des in­ves­tis­se­ments dans l’in­dus­trie mi­li­taire sy­rienne, et de la so­cié­té de té­lé­com- mu­ni­ca­tion Sy­ria­tel, qui « verse 50 % de ses bé­né­fices au gou­ver­ne­ment par le biais de son contrat de li­cence », se­lon l’Union Eu­ro­péenne (UE). Les trois autres so­cié­tés sont la chaîne de té­lé­vi­sion Dou­nia TV, qui a « in­ci­té à la vio­lence contre la po­pu­la­tion », El-Tel Co, qui four­nit des ap­pa­reils de té­lé­com­mu­ni­ca­tion à l’ar­mée, et de Ra­mak Cons­truc­tion, qui construit no­tam­ment des ca­sernes. En plus, l’UE a dé­ci­dé ven­dre­di der­nier de ren­for­cer da­van­tage ses sanc­tions contre le ré­gime sy­rien, en in­ter­di­sant no­tam­ment tout nou­vel in­ves­tis­se­ment dans le sec­teur pé­tro­lier ain­si que la four­ni­ture au pays de pièces et billets de banques. « Pour as­su­rer l’ef­fi­ca­ci­té des me­sures pré­vues par le pré­sent rè­gle­ment, ce­lui-ci doit en­trer en vi­gueur im­mé­dia­te­ment après sa pu­bli­ca­tion », in­dique le texte de la dé­ci­sion pu­bliée par le Jour­nal of­fi­ciel de l’UE.

L’in­ter­dic­tion de nou­veaux in­ves­tis­se­ments dans le sec­teur pé­tro­lier vise les com­pa­gnies eu­ro­péennes, mais aus­si les so­cié­tés sy­riennes ac­tives à l’étran­ger. Elle consiste à in­ter­dire tous prêts, achats de par­ti­ci­pa­tions ou créa­tions de joint-ven­tures avec le sec­teur pé­tro­lier sy­rien. Ces sanc­tions viennent com­plé­ter une pré­cé­dente me­sure : Da­mas est dé­jà vi­sé par un em­bar­go eu­ro­péen sur les im­por­ta­tions et le né­goce de pé­trole sy­rien. La Suisse est ve­nue s’y as­so­cier en in­ter­di­sant elle aus­si l’im­por­ta­tion, l’achat et le trans­port de pé­trole et de pro­duits pé­tro­liers sy­riens. Quant aux Etats-Unis, Wa­shing­ton est al­lé plus loin en ge­lant tous les avoirs sy­riens aux Etats-Unis et en in­ter­di­sant aux Amé­ri­cains d’ef­fec­tuer de nou­veaux in­ves­tis­se­ments en Sy­rie.

Une fois ces sanc­tions an­non­cées, les au­to­ri­tés sy­riennes ont in­ter­dit la ma­jeure par­tie des im­por­ta­tions, à l’ex­cep­tion des ma­tières pre­mières et des cé­réales. Ces me­sures visent à pré­ser­ver les ré­serves de changes du pays, sur fond de sanc­tions oc­ci­den­tales et de sou­lè­ve­ment po­pu­laire. Le gou­ver­ne­ment a dé­cré­té que toutes les im­por­ta­tions frap­pées d’un droit de douane su­pé­rieur à 5 % étaient in­ter­dites. Cette in­ter­dic­tion laisse pen­ser que la Sy­rie res­sent les ef­fets des sanc­tions étran­gères

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