Taux de crois­sance

Al Ahram Hebdo - - Economie - Kha­led El-as­maay

L’Afrique sub­sa­ha­rienne tire la crois­sance afri­caine vers le haut.

Se­lon les pré­vi­sions du Fonds Mo­né­taire In­ter­na­tio­nal (FMI), l’Afrique sub­sa­ha­rienne de­vrait af­fi­cher en 2011 l’un des plus forts taux de crois­sance de la pla­nète, su­pé­rieur à la moyenne mon­diale et très au-des­sus de ceux des éco­no­mies avan­cées.

Même lé­gè­re­ment re­vue à la baisse par rap­port aux pré­cé­dentes pré­vi­sions de la mi-juin, la crois­sance en Afrique sub­sa­ha­rienne dé­pas­se­ra les 5 % cette an­née. D’après les pré­vi­sions du FMI, cette ré­gion du conti­nent af­fiche des per­for­mances ma­croé­co­no­miques « so­lides » en dé­pit de la crise.

APRÈS son re­cours à l’Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions-Unies pour ob­te­nir la re­con­nais­sance d’un Etat, l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne af­fron­te­ra une réa­li­té éco­no­mique ja­lon­née de dé­fis ma­jeurs. C’est ce qu’a ré­vé­lé le Fonds Mo­né­taire In­ter­na­tio­nal (FMI) dans son der­nier rap­port. « L’éco­no­mie pa­les­ti­nienne est en­trée dans une phase très dif­fi­cile de­puis le lan­ce­ment du pro­gramme de ré­forme éco­no­mique en 2007 », note le rap­port. Il s’agit no­tam­ment d’une crise de manque de liquidités qui a obli­gé le gou­ver­ne­ment à ne pas ver­ser les sa­laires des em­ployés pour la pre­mière fois de­puis 4 ans. C’est le cas no­tam­ment de Ab­dal­lah Amar, un em­ployé à la bande de Ga­za, qui dé­clare : « Comme de nom­breux em­ployés, je m’at­ten­dais à ce que le gou­ver­ne­ment nous paye la moi­tié res­tant du sa­laire de juin en plus du sa­laire de juillet. Or, se­lon les dé­cla­ra­tions, il est pro­bable que nous n’ob­te­nions que la moi­tié du sa­laire de ce mois aus­si. Que peut faire une moi­tié de sa­laire alors que l’an­née sco­laire est sur le point de com­men­cer ? La si­tua­tion est en­core plus dé­sas­treuse pour ceux qui ont des prêts ban­caires à rem­bour­ser ». Ab­dal­lah est un exemple par­mi des mil­liers d’em­ployés à Ga­za et en Cis­jor­da­nie qui tra­versent de graves dif­fi­cul­tés fi­nan­cières. Ils sont in­ca­pables de rem­bour­ser leurs dettes et de sub­ve­nir aux be­soins fa­mi­liaux. Et ce­la car 70 % des em­ployés de l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne sont liés à des prêts ban­caires dont les cré­dits dé­passent par­fois la moi­tié de leur sa­laire. Cette si­tua­tion a en­traî­né aus­si le ra­len­tis­se­ment de l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale suite à la chute du pou­voir d’achat au sein des ter­ri­toires pa­les­ti­niens, comme l’a ré­vé­lé Fahd Ebeid, pro­prié­taire d’un ma­ga­sin de prêt-à-por­ter à Ra­mal­lah, qui cri­tique la si­tua­tion éco­no­mique du pays. « J’ai ache­té beau­coup de mar­chan­dises à l’oc­ca­sion de l’Aïd et de la ren­trée sco­laire. Mais je n’ai presque rien ven­du, les ventes ne dé­passent pas 20 % de celles de l’an­née pas­sée. Je vais être obli­gé de vendre les mar­chan­dises à des prix in­fé­rieurs aux prix d’achat pour évi­ter des pertes en­core plus grandes », se plaint-il.

Cette crise de liquidités est due tout d’abord au re­cul des aides et des dons pro­ve­nant des pays do­na­teurs. « L’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne a be­soin de 300 mil­lions de dol­lars d’ici la fin de cette an­née pour fi­nan­cer ses res­sources. C’est vrai que cer­tains pays arabes ont ver­sé leurs dons, mais d’autres se sont abs­te­nus », sou­ligne Os­sa­ma Ka­naan, di­rec­teur dans la bande de Ga­za du FMI. Il ajoute que le gou­ver­ne­ment pa­les­ti­nien est de­ve­nu in­ca­pable de fi­nan­cer ses dé­penses. De sa part, le mi­nistre pa­les­ti­nien de l’Economie, Has­san Abou-Li­da, pré­voit le pro­lon­ge­ment de cette crise de li­qui­di­té. Hu­meur de la droite

ex­tré­miste « Cette si­tua­tion se­ra plus grave au cas où les Etats-Unis dé­ci­de­raient de pu­nir le peuple pa­les­ti­nien qui les a af­fron­tés aux Na­tions-Unies. Par consé­quent, ils vont sus­pendre le fi­nan­ce­ment des pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment, ce qui au­ra de mau­vaises ré­per­cus­sions sur l’éco­no­mie », note-t-il. Les aides et les dons, re­pré­sen­tant plus de la moi­tié du PIB de l’éco­no­mie pa­les­ti­nienne, sont éga­le­ment liés à l’hu­meur de la droite ex­tré­miste en Is­raël et qui est évi­dem­ment sou­te­nue par le lob­by juif aux Etats-Unis. C’est ain­si que les dé­ci­sions amé­ri­caines sont liées à Is­raël, no­tam­ment aux dé­ci­sions de ses groupes de pres­sion. Il en est de même pour l’Union eu­ro­péenne qui n’oc­troie que le mi­ni­mum à l’Au­to­ri­té et tient à ce qu’il n’y ait pas de sur­plus dans sa tré­so­re­rie, pour ga­ran­tir qu’elle ne pren­dra au­cune dé­ci­sion po­li­tique sans prendre en consi­dé­ra­tion la pro­ba­bi­li­té de l’in­ter­rup­tion des dons.

Ain­si, le re­cul de ces dons va en­traî­ner la baisse du taux de crois­sance du PIB de l’éco­no­mie pa­les­ti­nienne. La Banque mon­diale a bais­sé ses es­ti­ma­tions de la crois­sance du PIB de 9 à 7 % cette an­née. Se­lon le rap­port de l’or­ga­ni­sa­tion pour le com­merce et le dé­ve­lop­pe­ment au­près de l’Onu (CNUCED), l’éco­no­mie pa­les­ti­nienne s’est dé­ve­lop­pée à un taux de 7,4 % en 2009 et 9,3 % en 2010. Ce­pen­dant, le taux de chô­mage reste très éle­vé. Il a at­teint 30 % pen­dant cette même pé­riode. « La crois­sance a eu lieu après une dé­cen­nie de re­cul éco­no­mique. Les craintes concer­nant sa conti­nui­té sont dues au re­cul tech­no­lo­gique et au fait que la crois­sance de 2010 est ba­sée sur les aides », sou­ligne le rap­port, no­tant que la crois­sance éco­no­mique en Pa­les­tine dé­pend des aides et non de la main-d’oeuvre. Vu que la crois­sance ne pro­gresse pas, elle ne mè­ne­ra pas à une aug­men­ta­tion des op­por­tu­ni­tés de tra­vail alors que le taux de crois­sance à Ga­za a at­teint 15 %, et 7,6 % en Cis­jor­da­nie.

Se­lon le rap­port, les dif­fi­cul­tés que tra­verse l’éco­no­mie pa­les­ti­nienne per­sistent avec, entre autres, la pour­suite de la perte des ter­ri­toires et des res­sources na­tu­relles, ain­si que l’iso­le­ment par rap­port aux mar­chés mon­diaux.

Se­lon le rap­port de la CNUCED, la cir­cu­la­tion des Pa­les­ti­niens et de leurs mar­chan­dises en Cis­jor­da­nie a été en­tra­vée par l’exis­tence de plus de 500 bar­rières et points de contrôle is­raé­liens. Ain­si, les ex­por­ta­tions pa­les­ti­niennes vers Is­raël, qui at­tei­gnaient 90 % du to­tal des ex­por­ta­tions, ont connu une baisse de 30 %. D’ailleurs, les re­ve­nus gou­ver­ne­men­taux pro­ve­nant des ac­ti­vi­tés com­mer­ciales se­ront me­na­cés à l’ave­nir.

« Is­raël va sus­pendre ses trans­ferts fi­nan­ciers men­suels des im­pôts et des douanes éva­lués à 100 mil­lions de dol­lars », sou­ligne aus­si le mi­nistre pa­les­ti­nien. L’im­passe éco­no­mique de l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne ré­side dans le fait qu’Is­raël, en tant que co­lo­ni­sa­teur, est res­pon­sable de l’en­trée des mar­chan­dises en Cis­jor­da­nie et à Ga­za, et dans la col­lecte des taxes im­po­sées et leur re­mise à l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne avec des taux dé­ter­mi­nés se­lon l’ac­cord d’Os­lo. Ceci consti­tue 25 % de l’éco­no­mie pa­les­ti­nienne. A n’im­porte quelle crise po­li­tique, Is­raël sus­pend les re­ve­nus des im­pôts, ce qui pro­voque une pa­ra­ly­sie pour l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne face à ces en­ga­ge­ments. C’est ce qui s’est pas­sé en 2005, quand le Ha­mas a rem­por­té les élec­tions lé­gis­la­tives, et au cours de 2011 lors de la si­gna­ture de la conci­lia­tion entre le Fa­tah et le Ha­mas. De même, 90 % des ex­por­ta­tions pa­les­ti­niennes, qui sont com­po­sées d’huile d’olives, de pro­duc­tions en cuir et en bois et cer­taines pe­tites in­dus­tries sont sus­pen­dues à chaque fois que sur­git un pro­blème po­li­tique ou un dif­fé­rend au cours des né­go­cia­tions, voire à la suite de dé­cla­ra­tions faites par des res­pon­sables pa­les­ti­niens et consi­dé­rées par Is­raël comme pro­vo­ca­trices. Quant aux 10 % res­tants, ils concernent les fleurs culti­vées dans la bande de Ga­za. Is­raël, qui en est res­pon­sable, peut sus­pendre leur ex­por­ta­tion vers l’étran­ger

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