Aux urnes, etc.

PRESSE Le syn­di­cat des Jour­na­listes égyp­tiens s’ap­prête à vivre des élec­tions pour élire pré­sident et conseil. Un com­bat dé­mo­cra­tique pour ob­te­nir une réelle li­ber­té de la presse.

Al Ahram Hebdo - - Idées - Amr Zo­hei­ri

L

E14 oc­tobre pro­chain, les élec­tions du syn­di­cat des Jour­na­listes égyp­tiens, qui or­ga­nise les mé­tiers de la presse écrite, au­ront lieux. Après l’ef­fon­dre­ment mo­ral du ré­gime, l’ave­nir reste à écrire. Il y a 100 ans dé­jà qu’Ah­mad Hél­mi était à la tête du cor­tège de la pre­mière ma­ni­fes­ta­tion sous l’oc­cu­pa­tion an­glaise pour dé­fendre la li­ber­té de la presse ... et le com­bat est loin d’être fi­ni.

En cette an­née 2011, le syn­di­cat des Jour­na­listes fête ses 80 ans. Les jour­na­listes égyp­tiens sont dé­sor­mais 6 000, ré­par­tis en deux moi­tiés égales entre la presse na­tio­nale pu­blique — qui ap­par­tient théo­ri­que­ment au peuple via l’Etat à tra­vers le Conseil su­prême de la presse qui est su­bor­don­né au Conseil consul­ta­tif —

Les

La loi 100 jour­na­listes ont af­fron­té et la presse pri­vée ap­par­te­nant aux hommes d’af­faires égyp­tiens.

Le droit à la créa­tion de nou­veaux jour­naux est éga­le­ment un point sen­sible par­mi les su­jets qui op­posent les jour­na­listes et le pou­voir. Une li­cence au prix ex­trê­me­ment éle­vé a li­mi­té la créa­tion de nou­veaux titres. L’en­jeu exis­ten­tiel, pour le syn­di­cat, est de réus­sir à obli­ger le pou­voir à lais­ser la presse égyp­tienne exer­cer son rôle dans l’op­ti­mi­sa­tion des prin­cipes de sé­pa­ra­tion des pou­voirs, et de par­ti­ci­per à la créa­tion d’une réelle dé­mo­cra­tie. Pour le syn­di­cat des Jour­na­listes, le com­bat conti­nue.

avec vi­gueur toutes les lois qui ont ten­té de li­mi­ter la li­ber­té de la presse de­puis la créa­tion du syn­di­cat. Le der­nier conflit ma­jeur concer­nait la loi 96 en 1996. Elle au­to­ri­sait la mise des jour­na­listes en dé­ten­tion pro­vi­soire sur la base de leurs écrits, qu’ils soient si­gnés de leur nom ou pas.

Les lé­gis­la­teurs ont sou­vent fait du zèle, prin­ci­pa­le­ment pour pro­té­ger le pou­voir po­li­tique de toute re­mise en ques­tion. Au­jourd’hui, une loi pour ap­pli­quer des droits à l’in­for­ma­tion, à la pro­tec­tion des sources jour­na­lis­tiques, à l’obli­ga­tion des mi­nis­tères et des éta­blis­se­ments pu­blics à pu­blier et in­for­mer les jour­na­listes de leurs bi­lans et de leurs bud­gets ou toute in­for­ma­tion que le jour­na­liste juge utile est né­ces­saire.

Le rêve d’une réelle trans­pa­rence est ce­lui des an­nées qui viennent.

Les jour­na­listes ré­clament éga­le­ment l’abo­li­tion de la loi 100, qui a pla­cé l’or­ga­ni­sa­tion des élec­tions sous le contrôle des juges. Les jour­na­listes crient haut et fort qu’ils sont ca­pables, comme c’était le cas du­rant toute leur his­toire — hor­mis la pa­ren­thèse de la der­nière dé­cen­nie — d’or­ga­ni­ser seuls, par le biais de leur As­sem­blée gé­né­rale, leurs élec­tions. Les dé­fis ne manquent pas mais l’es­sen­tiel reste d’ob­te­nir une réelle li­ber­té de la presse contrô­lée par des or­ganes in­dé­pen­dants. C’est au­jourd’hui loin d’être le cas

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