« Il est temps de créer une nou­velle équipe égyp­tienne »

Al Ahram Hebdo - - Sports - Pro­pos re­cueillis par Amr Mo­heb

Bob Brad­ley : C’est sans doute un hon­neur pour moi d’être char­gé des af­faires tech­niques de la sé­lec­tion égyp­tienne de foot­ball qui n’est autre que le cham­pion d’Afrique en titre et un des grands du foot­ball conti­nen­tal. L’Egypte re­pré­sente le suc­cès. Elle vient de rem­por­ter suc­ces­si­ve­ment les trois der­nières CAN. C’est donc pour moi un dé­fi, mais sur­tout une grande res­pon­sa­bi­li­té. Il va fal­loir tra­vailler sé­rieu­se­ment pour être à la hau­teur de la confiance pla­cée en moi.

— Avez-vous une idée sur la balle ronde au pays des pha­raons ?

— Je connais la no­to­rié­té du foot­ball égyp­tien et son pres­tige. J’ai sui­vi ses suc­cès lors des trois der­nières coupes d’Afrique. En outre, et même avant de ga­gner contre l’Egypte en Coupe des confé­dé­ra­tions qui s’est jouée en Afrique du Sud en 2009, nous sa­vions qu’une équipe afri­caine se­rait dans notre groupe pour la Coupe du monde 2010. Nous avions alors col­lec­té le maxi­mum d’in­for­ma­tions sur les sé­lec­tions de Zambie, d’Al­gé­rie et d’Egypte. Des in­for­ma­tions qui ont gran­de­ment contri­bué à notre vic­toire par 3-0 contre l’Egypte en cette Coupe des confé­dé­ra­tions. Je vou­drais par ailleurs sou­li­gner que l’en­traî­neur des gar­diens de but de la sé­lec­tion amé­ri­caine, Za­ki Ab­del-Fat­tah, qui est d’ori­gine égyp­tienne, m’a beau­coup ai­dé à étu­dier les sé­lec­tions afri­caines.

— Et d’après vous, quels étaient les points forts et les points faibles de la sé­lec­tion égyp­tienne de foot­ball au cours des der­nières com­pé­ti­tions aux­quelles elle a par­ti­ci­pé ?

— Toutes les équipes du monde ont des points faibles et je pense que ce n’est pas le bon mo­ment d’en par­ler. Ce que je peux dire, c’est que Has­san Ché­ha­ta est un grand tech­ni­cien et ses ex­ploits avec les Pha­raons res­te­ront ins­crits à ja­mais dans l’his­toire du foot­ball égyp­tien. Il a réus­si à don­ner à la sé­lec­tion égyp­tienne un style de jeu et une per­son­na­li­té propre à elle. Je me rap­pelle en­core les bonnes per­for­mances des Pha­raons contre le Bré­sil et l’Italie en Coupe des confé­dé­ra­tions 2009.

— Que pou­vez-vous ap­por­ter aux Pha­raons ?

— Dès mon ar­ri­vée en Egypte, j’ai été éton­né par la grande pas­sion

AAHRAM HEB­DO : Etant le pre­mier jour­nal à vous avoir abor­dé tout juste après la si­gna­ture de votre contrat avec la Fé­dé­ra­tion Egyp­tienne de Foot­ball (FEF), nous vou­drions connaître, tout comme le large pu­blic spor­tif, quelles sont vos pre­mières im­pres­sions à chaud ? que vouent les Egyp­tiens au foot­ball. J’avais une pe­tite idée, mais ce que j’ai consta­té de vi­su va au-de­là. Et ce­la ne fait qu’alour­dir mes res­pon­sa­bi­li­tés, no­tam­ment dans la pers­pec­tive de la qua­li­fi­ca­tion pour la Coupe du monde 2014 qui se joue­ra au Bré­sil. C’est le rêve de tout Egyp­tien d’être pré­sent à cette fête. Pour ce­la, il va fal­loir mettre sur pied une équipe so­lide ca­pable dans un pre­mier temps d’ef­fa­cer la dé­cep­tion de l’éli­mi­na­tion de la der­nière CAN. — Le fait d’avoir réa­li­sé des ex­ploits avec la sé­lec­tion amé­ri­caine ne veut pas dire for­cé­ment que vous en fe­rez de même avec le foot­ball égyp­tien car, comme vous le sa­vez sans doute, il y a une grande dif­fé­rence entre le foot­ball afri­cain et le foot­ball pra­ti­qué aux Etats-Unis …

— Je sais bien que réus­sir avec la sé­lec­tion égyp­tienne ne se­ra pas fa­cile et ce se­ra mon nou­veau dé­fi. J’ai lon­gue­ment dis­cu­té avec les res­pon­sables de la FEF, no­tam­ment le di­rec­teur tech­nique M. Fa­thi Nos­seir. Nous al­lons tra­vailler en­semble et avec un peu de temps, je m’adap­te­rai à mon nou­vel en­vi­ron­ne­ment foot­bal­lis­tique.

— Vous aviez dit qu’il est temps de créer une nou­velle équipe égyp­tienne, sur quelle base al­lez­vous la construire ?

— Cette équipe se­ra sans doute un amal­game entre les jeunes es­poirs du pays et quelques joueurs ex­pé­ri­men­tés. J’ai sui­vi l’équipe égyp­tienne des ju­niors en Co­lom­bie et j’ai re­mar­qué beau­coup de bons élé­ments pou­vant consti­tuer la base d’une nou­velle équipe. L’heure du re­nou­veau a son­né. Une gé­né­ra­tion ex­cep­tion­nelle est par­tie, une autre de­vra

Je me rap­pelle en­core les bonnes per­for­mances des Pha­raons contre le Bré­sil et l’Italie en Coupe des confé­dé­ra­tions 2009.

prendre la re­lève.

— Est-ce que vous pou­vez nous don­ner le nom de quelques joueurs ?

— Il est en­core trop tôt pour don­ner des noms. Je ne veux pas faire les choses dans la pré­ci­pi­ta­tion et je pren­drai mon temps pour faire les meilleurs choix.

— Vous avez dit que vous sui­vez le foot égyp­tien, quels joueurs connais­sez-vous le plus ?

— Ceux que je connais le plus sont Hos­sam Has­san, un des meilleurs bu­teurs du foot­ball afri­cain, Ah­mad Has­san, le joueur le plus ca­pé, et Ha­ni Ram­zi, un des meilleurs élé­ments ayant évo­lué en Eu­rope. Ce der­nier vient de réus­sir une bonne per­for­mance au Mon­dial de la Co­lom­bie.

— Sa­vez-vous qu’Ah­mad Has­san avec ses 176 matchs in­ter­na­tio­naux est tou­jours le ca­pi­taine de la sé­lec­tion égyp­tienne et qu’il n’est qu’à trois matchs seule- Né le : 3 mars 1958 au New Jer­sey (Etats-Unis). Car­rière : Uni­ver­si­té d’Ohio (1981-1983), Uni­ver­si­té de Vir­gi­nie (as­sis­tant : 1983-1984), Uni­ver­si­té de Prin­ce­ton (1984-1995), sé­lec­tion olym­pique des Etats-Unis (as­sis­tant : 1996), DC Uni­ted (as­sis­tant : 1996-1997), Chi­ca­go fire (1998-2002), Me­tros­tars (20032005), Chi­vas (2006), sé­lec­tion olym­pique des Etats-Unis (2006-2007), sé­lec­tion des Etats-Unis (2006-2011), sé­lec­tion d’Egypte (2011-) Pal­ma­rès : Vain­queur de la Coupe de la CONCACAF 2007. Fi­na­liste de la Coupe des confé­dé­ra­tions 2009. Coupe de MLS en 1998 Coupe de l’US Open en 1998 et 2000. ment pour faire tom­ber le re­cord du monde du joueur le plus ca­pé dé­te­nu par le gar­dien saou­dien Mo­ha­mad Al-Daeï ?

— Comme je vous l’ai dé­jà dit, il est en­core tôt de par­ler de l’équipe. Il faut d’abord se mettre d’ac­cord sur le staff tech­nique avant de par­ler du choix des joueurs.

— Qu’en est-il au juste à ce pro­pos ? Est-il vrai que vous vou­lez avoir avec vous dans le staff Za­ki Ab­del-Fat­tah qui était l’en­traî­neur des gar­diens de but quand vous étiez à la tête de la sé­lec­tion amé­ri­caine ?

— La FEF m’a lais­sé la li­ber­té de choi­sir mon staff et m’a aus­si pro­po­sé plu­sieurs noms que je vais étu­dier. Pour ce qui est de Za­ki Ab­del-Fat­tah, c’est un bon en­traî­neur et ce se­rait bien de l’avoir dans le staff tech­nique d’au­tant plus qu’il maî­trise l’arabe et connaît l’Egypte et la men­ta­li­té des Egyp­tiens. Ce­la ne peut qu’être bé­né­fique pour la bonne marche du tra­vail. Il faut aus­si pen­ser à un bon pré­pa­ra­teur phy­sique et, à ce ni­veau aus­si, la dé­ci­sion n’est pas en­core prise. La consti­tu­tion du staff tech­nique est ac­tuel­le­ment ma prio­ri­té.

— La FEF est ac­tuel­le­ment en né­go­cia­tion pour or­ga­ni­ser un match ami­cal contre le Bré­sil. Se­rait-ce le bon choix de com­men­cer votre tra­vail avec un match ami­cal contre la Se­le­ção ?

— Un match ami­cal n’est pas un match of­fi­ciel et le ré­sul­tat est moins im­por­tant. Une telle ini­tia­tive lan­ce­rait bien la pré­pa­ra­tion de la sé­lec­tion égyp­tienne qui a une bonne image de marque et qui, à ma connais­sance, se re­trouve contre les grandes équipes. Ses pres­ta­tions lors de la der­nière Coupe des confé­dé­ra­tions contre le Bré­sil et l’Italie en sont la preuve. — Par­lons un peu de l’as­pect tech­ni­co-tac­tique. Les joueurs égyp­tiens ne maî­trisent pas bien la dé­fense à 4 sans li­bé­ro. Avec Has­san Ché­ha­ta, la sé­lec­tion évo­luait sou­vent en 3-5-2. Dans le cham­pion­nat égyp­tien, peu de clubs savent évo­luer en 4-4-2 ou en 4-3-3. Qu’en pen­sez-vous ? — Ce point a été abor­dé avec les res­pon­sables. Lors du der­nier Mon­dial U20 de Co­lom­bie, la sé­lec­tion égyp­tienne a su jouer en 4-3-3 qui se trans­for­mait en 4-4-2 se­lon le contexte du match. Tout est une ques­tion d’adap­ta­tion et les choses sont plus fa­ciles avec des jeunes joueurs qui sont beau­coup plus per­fec­tibles. Nous n’en sommes pas en­core là, mais une équipe qui se res­pecte doit sa­voir se fondre dans n’im­porte quel moule tac­tique. Après les pre­miers ras­sem­ble­ments, les choses se­ront plus claires et je pour­rai éven­tuel­le­ment avoir une idée sur la meilleure op­tion à adop­ter.

— Autre point, les joueurs égyp­tiens ne réus­sissent de bonnes per­for­mances qu’à la suite de longs stages blo­qués. Les ré­sul­tats ob­te­nus lors des trois der­nières CAN rem­por­tées en sont la preuve. Pour les éli­mi­na­toires de la CAN 2012, la sé­lec­tion s’était conten­tée de stage de courte du­rée …

— Tous les joueurs du monde pré­fèrent les stages de longue du­rée qui donnent de meilleurs ré­sul­tats en rai­son de la concen­tra­tion du groupe et de l’am­biance qui rap­proche toutes les com­po­santes d’une sé­lec­tion. Je vais voir le ca­len­drier du Cham­pion­nat égyp­tien et ce n’est qu’après que je pré­pa­re­rai le pro­gramme de la sé­lec­tion. Je fe­rai de mon mieux pour que les joueurs tirent le maxi­mum de chaque stage, qu’il soit court ou long.

— Les deux der­niers étran­gers qui ont pris la res­pon­sa­bi­li­té de la sé­lec­tion égyp­tienne, le Fran­çais Gé­rard Gi­li (1999-2000) et l’Ita­lien Mar­co Tar­del­li (2004), ont vé­cu des mo­ments dif­fi­ciles avec les mé­dias égyp­tiens les­quels les ont pous­sés vers la sor­tie. Ne crai­gnez-vous pas les mé­dias égyp­tiens ?

— Avant de ve­nir en Egypte, j’ai su que les mé­dias égyp­tiens sont plus en­thou­siastes qu’aux EtatsU­nis. De toute fa­çon, je n’ai pas d’autre choix que de m’adap­ter. Pour moi, le plus im­por­tant main­te­nant est de me concen­trer sur l’ob­jec­tif de créer une nou­velle équipe ca­pable de se qua­li­fier pour la Coupe du monde 2014. Je ne pense pas que si j’at­teins mon ob­jec­tif, les mé­dias me cri­ti­que­ront

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