« Il est plus dif­fi­cile de de­ve­nir cham­pion du monde que de res­ter à la tête du clas­se­ment mon­dial »

Al Ahram Hebdo - - Sports - Pro­pos re­cueillis par Chou­rouq Chi­my

AL-AH­RAM HEB­DO : Que re­pré­sente pour vous cette édi­tion des cham­pion­nats du monde in­di­vi­duels ? Ra­my Achour : Le titre de cham­pion du monde a tou­jours eu une va­leur par­ti­cu­lière pour moi. Ce titre que j’ai ob­te­nu en 2008, et même mes titres de cham­pion du monde ju­nior, ont bou­le­ver­sé ma vie et chan­gé ma car­rière spor­tive. Certes, le sen­ti­ment de réus­site est tou­jours agréable.

— Mais vous avez dé­jà rem­por­té ce titre en 2008, que re­pré­sente le titre pour vous cette fois-ci ?

— Lors­qu’on ac­cède aux dif­fé­rents stades de cette com­pé­ti­tion, ce­la nous offre énor­mé­ment de points, ce qui per­met d’amé­lio­rer notre clas­se­ment mon­dial PSA. Mais ce n’est pas mon but en dis­pu­tant ces cham­pion­nats du monde. Tous les joueurs peuvent être un jour nu­mé­ro 1 mon­dial, mais il est très dif­fi­cile de jouer un seul tour­noi sous une énorme pres­sion, battre tous ses ad­ver­saires et ga­gner un titre qui se­ra ins­crit pour tou­jours dans les an­nales du squash. Il est beau­coup plus dif­fi­cile d’être cham­pion du monde que de res­ter à la tête du clas­se­ment mon­dial. On peut jouer et perdre et res­ter mal­gré tout au som­met du clas­se­ment mon­dial. Mais cham­pion du monde est un titre ex­cep­tion­nel. Les cham­pion­nats du monde sont pour moi une vraie com­pé­ti­tion, la plus im­por­tante de l’an­née.

— Vous êtes-vous pré­pa­ré spé­cia­le­ment pour cet évé­ne­ment ?

— Je m’en­traîne beau­coup. Mais je ne fais pas d’ex­cès pour ne pas me bles­ser. Je suis tom­bé dans ce piège avant l’Open du Qa­tar qui vient de s’ache­ver et je me suis bles­sé à la jambe. C’est pour­quoi je fais des séances de ki­né quo­ti­dien­ne­ment pa­ral­lè­le­ment à mes en­traî­ne­ments. A part ce­la, je m’en­traîne de temps à autre avec Ka­rim Dar­wich, Amr Cha­ba­na et mon frère Hi­cham Achour.

— Comment trou­vez-vous votre ti­rage au sort ?

— Aux pre­mier et deuxième tours, je vais jouer res­pec­ti­ve­ment contre un joueur is­su des qua­li­fi­ca­tions et mon com­pa­triote Mo­ha­mad Ali Anouar, 27e joueur mon­dial. En quarts de fi­nale, je pour­rais ren­con­trer le Fran­çais Gré­go­ry Gaul­tier, 6e mon­dial. C’est un joueur fort. Il est tel­le­ment ra­pide qu’en jouant contre lui on a l’im­pres­sion que le court est ba­layé par des ra­fales de vent. Sa con­di­tion phy­sique est par­faite. Il est par­mi les meilleurs joueurs du monde. En de­mi­fi­nales, je pour­rais ren­con­trer mon com­pa­triote Amr Cha­ba­na. C’est vrai qu’il a été éli­mi­né au pre­mier tour de l’Open du Qa­tar. Mais je suis sûr et cer­tain qu’il re­trou­ve­ra un ni­veau ex­cep­tion­nel pour ces cham­pion­nats du monde. Si je vais jus­qu’en fi­nale, je de­vrais ren­con­trer Nick Ma­thew. C’est un joueur très in­tel­ligent et très fort. Ses mou­ve­ments sur le court sont très cal­cu­lés. Il est très tê­tu et il se bat sur chaque point. Il est le genre de joueur à tout faire pour ga­gner et il est ca­pable de par­ler sur le court pour per­tur­ber son ad­ver­saire. C’est un match qui né­ces­si­te­ra beau­coup de pré­pa­ra­tion.

— Se­lon vous, quels joueurs sont fa­vo­ris pour le titre ?

— A part moi, il y a Nick Ma­thew, Ka­rim Dar­wich et Amr Cha­ba­na.

— Et les autres joueurs du top 20 ?

— J’ai­me­rais bien re­tour­ner à la tête du clas­se­ment et y res­ter aus­si long­temps que pos­sible. Mais pour l’ins­tant, je cherche à bien jouer et bien m’en­traî­ner. Seule­ment, il faut évi­ter les bles­sures. Je souffre de pro­blèmes mus­cu­laires chro­niques au ni­veau du dos. J’ai par­fois des dou­leurs pen­dant que je joue. C’est pour­quoi je tra­vaille énor­mé­ment à l’en­traî­ne­ment pour for­ti­fier mon dos et mon ab­do­men. Je fais beau­coup d’ef­fort pour amé­lio­rer mon ni­veau et être à pied d’éga­li­té avec les « monstres » an­glais et fran­çais qui pos­sèdent des tech­niques d’en­traî­ne­ment très so­phis­ti­quées.

— Est-ce que vous vous don­nez com­plè­te­ment au squash ?

— Je suis un joueur pro­fes­sion­nel à 100 %. Je ne fais rien dans ma vie à part jouer au squash et m’en­traî­ner. C’est ma car­rière que j’aime bien. Ce n’est pas une chose fa­cile du tout au ni­veau phy­sique et men­tal. Mais je me suis ha­bi­tué à ce rythme. Ce se­rait im­pos­sible pour moi de pas­ser un jour sans jouer au squash. Je me sen­ti­rais per­du. J’ai fon­dé avec mon frère une aca­dé­mie pour l’ap­pren­tis­sage du squash qui vient d’ailleurs d’être inau­gu­rée. A mon avis, c’est une aca­dé­mie pas comme les autres. J’ai re­cours à des pré­pa­ra­teurs phy­siques et à des psy­chiatres pour mo­ti­ver les joueurs. C’est un rêve pour moi qui com­mence à voir le jour

— Tous les joueurs sont à craindre. A l’Open du Qa­tar, l’Egyp­tien Ta­req Moe­men, 22e joueur mon­dial, a bat­tu l’ac­tuel n° 1 l’An­glais Nick Ma­thew et l’a éli­mi­né des pre­miers tours de l’Open. Main­te­nant, les joueurs en de­hors du top 20 sont très forts et très dan­ge­reux.

— Comment comp­tez-vous re­trou­ver votre place au somment du clas­se­ment mon­dial PSA ?

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