Cha­peau au mi­nistre

Al Ahram Hebdo - - Le Fait De La Semaine - Di­na Ka­bil

La dé­mis­sion du mi­nistre de la Culture, Emad Abou-gha­zi, est louable à plu­sieurs ni­veaux. Pre­miè­re­ment, parce que c’est un acte de pro­tes­ta­tion contre la ré­pres­sion atroce me­née contre les ma­ni­fes­tants. En­suite, parce qu’il a réus­si à ef­fa­cer l’image né­faste, trans­mise à la té­lé, de sa par­ti­ci­pa­tion à la réunion du Conseil des mi­nistres. Un Conseil dont le com­mu­ni­qué, sor­ti suite à la vio­lence des évé­ne­ments, n’a pas pu dé­pas­ser le lan­gage of­fi­ciel « ar­chaïque » dé­cri­vant les ma­ni­fes­ta­tions pa­ci­fiques, vio­lem­ment ré­pri­mées (at­tei­gnant 1 700 bles­sés et 30 morts), comme une « ten­sion ar­ti­fi­cielle vi­sant uni­que­ment à re­mettre les élec­tions par­le­men­taires ».

Par cet acte de dé­mis­sion « hé­roïque », Abou-gha­zi a re­trou­vé la place qui lui était ré­ser­vée par les in­tel­lec­tuels avant son ac­cès au poste du mi­nistre, ce­lui de l’in­tel­lec­tuel « ve­nant des trot­toirs des ca­fés cultu­rels », pour dire qu’il était l’un des leurs. Et, si à Al-ah­ram Heb­do, nous lui avons re­pro­ché une po­li­tique cultu­relle di­plo­ma­tique qui ne rime pas avec la ré­vo­lu­tion, nous lui di­sons « cha­peau » au­jourd’hui. Parce qu’il est res­té ferme dans sa dé­ci­sion face à toutes les pres­sions. Et même, lorsque le porte-pa­role du gou­ver­ne­ment, l’am­bas­sa­deur Mo­ha­mad Hé­ga­zi, a nié la dé­mis­sion d’abou-gha­zi. Lui, il a in­sis­té et a dit que sa « dé­mis­sion est dé­fi­ni­tive ». Il a dit aus­si : « Si je n’avais pas fait cet acte, je n’au­rais pas été pa­trio­tique. Je ne m’at­tends à au­cun hom­mage »

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